Bangkok day 3 : Histoire d’un rendez-vous manqué

Après deux jours de repos, il était temps pour moi de plonger dans l’effervescence de Bangkok. Une séance initiatique riche en émotions, où rien ne s’est vraiment passé comme prévu…

C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Deux protagonistes : moi, fraîchement débarqué à Bangkok, et une amie, également de passage dans la capitale thaïlandaise. Le monde est petit, nous comptions donc en profiter pour nous revoir autour d’un verre. Aucun de nous ne connaissant Bangkok, nous avions convenu d’un lieu de rendez-vous situé à égale distance de nos points de chute respectifs : ce serait le Nang Nual Riverside Pub, un restaurant en bord de rivière, recommandé par le guide Lonely Planet.

Heure du rendez-vous : 15h. Fidèle à mes habitudes, je tente l’aventure à pied. Je me concocte un itinéraire détaillé à l’aide de Google Maps, combinant plan de Bangkok, vue satellite et photos de bâtiments. Selon les estimations de Google, le trajet doit durer cinquante minutes. Je décide d’assurer le coup en quittant ma résidence à 13h. Top chrono : 13h05, je commence à me demander où je suis ; 13h10, je suis officiellement perdu.

Perdu quelque part là-dedans

La résidence où je loge, hébergé par une amie, se trouve au milieu d’un soi. Les soi sont des quartiers numérotés en fonction de leur situation le long des grandes rues de Bangkok. Il s’avère que je n’ai même pas été capable de sortir du bon côté de mon soi. Google m’avait indiqué les noms de rues en thaï et en anglais ; la dure réalité du terrain s’est contentée de me proposer l’illisible alphabet thaï. Quant à mes indications de secours (2nde gauche, 1ère droite), elles se sont elles aussi avérées inutiles, tant les ruelles et les voies privées se confondent. Bref, retour à la case départ, pour appeler un taxi et être sûr d’arriver à l’heure à mon rendez-vous.

Le problème avec les taxis à Bangkok, c’est qu’ils sont rarement conduits par des chauffeurs locaux. Au volant, on retrouve bien plus souvent d’anciens paysans, contraints de quitter leur campagne après une mauvaise récolte. Loin d’être des GPS humains, ces derniers ne connaissent pas bien la ville où ils exercent ; même avec une adresse indiquée en thaï, en anglais et sur un plan, ils ne trouveront pas forcément la destination où vous souhaitez vous rendre. J’en ai fait les frais ce jour-là, attendant pendant vingt minutes à l’arrière d’un premier taxi, pour finalement me faire expliquer qu’il vaut mieux que j’aille tenter ma chance ailleurs.

Taxi driver

C’est finalement à bord d’un moto-taxi que je quitte mon soi. Les moto-taxis sont apparemment de plus fins connaisseurs du labyrinthe bangkokais et leur agilité leur permet de se faufiler au milieu des embouteillages. Mon héros du moment file à toute allure, empruntant une route qui jusque-là correspond à mes repérages sur Google. C’est un voyage grisant, vitesse et slaloms s’enchaînent gaiement, nous frôlons les autres véhicules, je suis plongé en plein cœur de Bangkok et de son ébullition.

Les choses se compliquent à nouveau lorsque nous arrivons dans le quartier du restaurant. Mon chauffeur, qui assurait pourtant connaître le chemin, s’arrête au bord d’un trottoir pour demander à des collègues la direction du Nang Nual Riverside Pub. Ceux-ci lui donnent leur version. Nous faisons demi-tour et empruntons une petite rue, où le chauffeur s’arrête au niveau d’un groupe d’habitants. Une dame, semblant connaître le restaurant comme si c’était le sien, lui explique la direction à prendre et me gratifie même de quelques mots en anglais : « it’s a very famous restaurant, very good ». Nous arrivons au bord du fleuve, où mon chauffeur s’arrête à nouveau pour demander son chemin à un commerçant. Un autre vendeur tend l’oreille et s’invite dans la discussion, nous invitant à revenir sur nos pas. Demi-tour. Mon chauffeur, avec qui nous en venons à rigoler sur toutes ces indications contradictoires, tente une dernière halte, auprès d’un autre vendeur de rue. Le tout pour me déposer définitivement quelques mètres plus loin, devant un restaurant au bord du fleuve. Pas le bon évidemment, mais le temps que j’en ai le cœur net, la moto est déjà partie.

Paumé mais sympathique, mon chauffeur

Après une longue déambulation dans le quartier – qui s’avère être le Chinatown de Bangkok -, je finis par me résoudre à rentrer à la maison, bredouille. Petite revanche personnelle, je réussis à faire le chemin retour à pied. Et j’apprends, une fois rentré, que mon amie n’a pas trouvé le Nang Nual Riverside Pub non plus ! Ce restaurant existe-t-il vraiment ? En tout cas, je positive en me disant que c’est par de telles mésaventures que l’on comprend ce qu’est Bangkok. Vous avez dit bizutage ?

2 réponses à “Bangkok day 3 : Histoire d’un rendez-vous manqué

  1. J’adoore ton article!! :-)
    il m’est d’ailleurs arrivé une histoire semblable à Bangkok, à cause d’une histoire de prononciation de « Iok Iok »… Vous avez dit bizutage?

  2. Salut le Kiwi breton ! Que de souvenirs resurgissent en lisant ces lignes. Je suis allée trois fois en Thaïlande et j’ai vécu à peu près les mêmes expériences : visite de l’ancienne capitale, rencontre avec un moine disant améliorer son anglais qui m’a fait visiter tout Bangkok, sans compter le rendez-vous manqué avec… mon avion ! A cause d’un méga embouteillage. Toujours très intéressant de te lire. Bonne continuation sur ta route. Marianne (qui t’écrit depuis le bureau que tu connais bien !)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s