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Super 14 : les Crusaders croisent les doigts

Emmenés par Dan Carter, les Canterbury Crusaders sont les seuls représentants néo-zélandais en demi-finales du Super 14. Leurs adversaires ce soir : les Pretoria Bulls, tenants du titre.

Ils ont bien failli ne pas y être. Ils étaient dos au mur, alors que le rideau tombait déjà sur la saison régulière. Mais ils l’ont fait, avec brio.  La semaine dernière, les Crusaders se sont imposés dans leur antre de Christchurch face aux Brumbies de Canberra. La donne était simple : le vainqueur de la confrontation décrochait l’un des quatre tickets pour les demi-finales du Super 14 ; le perdant pouvait aller se rhabiller et regarder la suite de la compétition à la télé. Autant dire que l’enjeu était de taille, et que le public a su répondre présent (28 000 spectateurs, dont votre serviteur).

Après un début de match serré et deux pénalités manquées par Dan Carter, les Crusaders ont pris le large à la demi-heure de jeu, en inscrivant deux essais coup sur coup. Plus incisifs que leurs adversaires, les hommes de coach Todd Blackadder ont rejoint les vestiaires avec un matelas de 12 points (22-10) puis ont continué sur leur lancée en seconde mi-temps, pour finalement s’imposer 40 à 22, avec un total de cinq essais. Mission accomplie, et avec la manière : les observateurs s’accordent à dire que les Crusaders ont signé là leur meilleur match de la saison, et même le meilleur match par une équipe néo-zélandaise !

Crusaders = Croisés

Pour la neuvième fois d’affilée, la franchise de Christchurch participera cette année aux demi-finales du Super 14. Bénéficiant du quatrième strapontin pour les demi-finales, elle va rencontrer dès ce soir le champion de la saison régulière, à savoir les Bulls sud-africains. Dans ce choc des titans opposant les deux meilleures équipes de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud, les Crusaders peuvent se vanter d’être l’équipe la plus titrée de la compétition (7 victoires), tandis que les Bulls apparaissent comme l’équipe en forme de ces trois dernières années (sacres en 2007 et 2009). L’an passé, les Sud-Africains avaient éliminé les Kiwis au même stade de la compétition, sur le score de 36 à 23.

Cette année, la faveur des pronostics va encore aux Bulls. Déjà assurés de leur première place, ils ont aligné leur équipe B lors de la dernière journée, permettant à leurs titulaires d’économiser leurs forces en vue de la demi-finale. Même s’ils ne joueront pas dans leur stade de Pretoria en raison des préparatifs de la Coupe du monde de football, les Sud-Africains auront 40 000 spectateurs derrière eux à Soweto et n’auront pas à récupérer d’un long voyage comme leurs opposants. Et puis les statistiques sont avec les Bulls : aucune équipe n’a remporté de demi-finale à l’extérieur depuis huit ans…

Les Crusaders seront revanchards

Le match est toutefois loin d’être plié d’avance. La presse néo-zélandaise s’est même risqué cette semaine à un exposé des cinq raisons pour lesquelles les Crusaders vont battre les Bulls : la forme du moment, le facteur Soweto, l’expérience à ce niveau, la ligne d’arrières et Dan Carter. On pourrait y rajouter l’esprit de revanche qui va probablement animer Richie McCaw and co : il y a moins de trois semaines, les Crusaders s’étaient inclinés de justesse chez les Bulls (invaincus à domicile depuis deux ans) suite à un essai sud-africain très contesté dans les dernières secondes (40-35). La franchise de Christchurch aura en tout cas toute la Nouvelle-Zélande derrière elle, surtout au terme de cette saison cauchemard pour les équipes kiwies…

Composition des équipes :

Bulls: 15. Zane Kirchner, 14. Jaco van der Westhuyzen, 13. Jaco Pretorius, 12. Wynand Olivier, 11. Francois Hougaard, 10. Morné Steyn, 9. Fourie du Preez, 8. Pierre Spies, 7. Dewald Potgieter, 6. Deon Stegmann, 5. Victor Matfield (c), 4. Danie Rossouw, 3. Werner Kruger, 2. Gary Botha, 1. Gurthrö Steenkamp. Remplaçants : 16. Bandise Maku, 17. Bees Roux, 18. Flip van der Merwe, 19. Derick Kuün, 20. Jacques-Louis Potgieter, 21. Stephan Dippenaar, 22. Pedrie Wannenburg.

Crusaders: 15. Colin Slade, 14. Sean Maitland, 13. Robbie Fruean, 12. Daniel Bowden, 11. Zac Guildford, 10. Daniel Carter, 9. Andy Ellis, 8. Kieran Read, 7. Richie McCaw (c), 6. George Whitelock, 5. Sam Whitelock, 4. Brad Thorn, 3. Ben Franks, 2. Ti’i Paulo, 1. Owen Franks. Remplaçants : 16. Daniel Perrin, 17. Wyatt Crockett, 18. Chris Jack, 19. Thomas Waldrom, 20. Kahn Fotuali’i, 21. Tim Bateman, 22. Jared Payne.

De la Tui, des essais et le come-back de Dan Carter

AMI Stadium

Canterbury 46 – Waikato 13 : retour gagnant pour Dan Carter ! La star des All Blacks retrouvait la pelouse de Christchurch ce soir, pendant que j’assistais à mon premier match en NZ…

Le jour de mon arrivée en Nouvelle-Zélande, sur le chemin entre l’aéroport et mon auberge de jeunesse, j’avais parlé divorce avec mon chauffeur de taxi. Divorce entre les Néo-Zélandais et leurs rugbymen, divorce entre un peuple et son sport national… Quelques jours plus tôt, à Christchurch, les All Blacks avaient battu l’Italie devant « seulement » 19 000 spectateurs. En reconstruction en perspective de la Coupe du Monde 2011, l’AMI Stadium aurait pourtant pu en accueillir 7 000 de plusDes All Blacks qui ne font plus le plein, symbole d’un désamour que reconnaissait mon chauffeur de taxi : « Depuis l’entrée dans l’ère du professionalisme, les gens ne s’identifient plus à leurs joueurs. Le rugby n’est plus le sport fédérateur qu’il était, les jeunes jouent de plus en plus à des sports comme le football maintenant… Et puis il faut dire que le coach actuel des All Blacks (Graham Henry) n’est pas très populaire ici ! »

Mais rassurez-vous, un sport ne meurt pas du jour au lendemain ; pour les Kiwis, la Terre reste bel et bien ovale. Et même si les Blacks sont à la peine dans les Tri-Nations (1v-2d), il en faut peu pour que l’espoir renaisse. En l’occurence, le Messie s’appelle Daniel Carter. Le demi d’ouverture néo-zélandais, rentré de sa saison à Perpignan avec une blessure au tendon d’Achille, a récemment fait son retour sur les terrains. D’abord avec l’équipe de Southbridge pour se rappeler ses années junior, puis avec l’équipe de Canterbury pour la Air New Zealand Cup (anciennement National Provincial Championship). Ce vendredi, émotion émotion, c’était l’heure du grand retour à Christchurch en match officiel. En attendant de retrouver le maillot All Black la semaine prochaine…

Et 19 points pour Daniel Carter...

Et 19 points pour Daniel Carter...

Inscrivant 19 des 46 points de son équipe, la star locale a tenu son rang hier soir, confirmant par là même que son talent était intact. Un talent qu’il n’a pourtant guère été besoin de forcer pour assurer la victoire de Canterbury face à la pâle équipe de Waikato (Hamilton, Île du Nord). Après l’ouverture du score par Carter dès la seconde minute de jeu, les Rouges et Noirs prenaient rapidement le large, pour mener 29 à 6 à la mi-temps. Malgré une défense plus resserrée de Waikato au retour des vestiaires, les champions 2008 continuaient à creuser l’écart en seconde période, inscrivant un 4e puis 5e essai, pour finalement s’imposer 46 à 13. La messe étant dite depuis un moment, Dan Carter était même sorti à la 70e minute de jeu, l’occasion pour le public de lui offrir une belle ovation…

En travaux...

En travaux...

Côté tribunes, les conditions ne prêtaient pas à un spectacle exceptionnel : vendredi soir, temps humide et frisquet, dans un stade à moitié en reconstruction et aux deux-tiers vide… L’ambiance n’était effectivement pas au rendez-vous, malgré les efforts de la sono et surtout d’une sympathique fanfare. Heureusement, Tui était là pour sauver la mise ! Tui ? Yeah right, je vous explique… A l’origine, le Tui est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, connu pour son intelligence et sa capacité à imiter la voix humaine. Mais aujourd’hui, la Tui est avant tout une bière – sinon LA bière – néo-zélandaise. Peu chère et tout à fait buvable, elle coule à flots dans le pub de ma fac, où elle est servie dans des pichets d’un litre. Mais sa réputation dépasse visiblement le monde estudiantin, comme j’ai pu le constater au stade hier…

  1. Achat des billets à l’entrée du stade ; nous demandons les places les moins chères. Evidemment, nous nous retrouvons dans la tribune… Tui !
  2. Nous prenons place dans les gradins. Près des bancs de touche, nous voyons une mascotte déguisée en… cannette Tui !
  3. L’heure du coup d’envoi approche. Dernière animation d’avant-match : deux hommes passent en bas des tribunes, armés d’un fusil à pompe leur permettant de propulser des… tee-shirts Tui dans le public !
  4. Début du match. L’un des sponsors maillot de Canterbury est… Tui !
  5. Dans les tribunes, la fanfare est reconnaissable à ses sombreros orange signés… Tui !
  6. A la mi-temps, une bière pour fêter la future victoire. Ce sera Tui ou… Tui !
Tui, what else?

Tui, what else?

Mise à jour (23 août 2009) : Pour son retour en sélection, Carter délivre les Blacks !

Le Kiwi Corner, un restaurant « cool man »

Le Kiwi Corner, un mardi en début de soirée

Chose promise, chose due. Après avoir visité les cuisines du Kiwi Corner cet hiver (souvenez-vous), j’y suis retourné mardi, avec deux amis, pour jouer au critique gastronomique

Savez-vous quelle est la devise nationale de la Nouvelle-Zélande ? Non ? Eh bien moi non plus. Et mon ami Wikipedia non plus. Car, apparemment, il n’y en a pas ! Hum… Et la devise du Kiwi Corner, vous la connaissez ? Non plus ? Allez, indice : elle se trouve dans le titre de cet article… Quoi, « cool man » ? Ouiiii ! (Enfin, ça devrait l’être, si les restaurants prenaient la peine de se choisir des devises…)

Ahh, « cool man »… Cette expression, vous n’y manquerez pas si vous venez au Kiwi Corner. C’est la spécialité maison de Lucas, le chef de salle canadien. Vous entrez dans le restaurant, il vous propose de choisir votre table, vous en choisissez une, et paf, vous y avez droit : « cool man »! Vous faites votre choix dans le menu, il vient vers vous, vous lui donnez votre commande et… re-paf, « cool man »! Avant de partir, vous allez lui dire combien vous avez apprécié votre soirée : badaboum, « thanks man, cool »… J’avais déjà remarqué cette habitude de langage lorsque j’avais été l’interviewer en mars ; j’ai été content de retrouver ça intact cette semaine. :)

Il est des expressions, comme ça, qui vous mettent à l’aise. Pas que des expressions d’ailleurs : des accents, des musiques, des lumières, des ambiances aussi. Et sur ce point, on peut dire que le Kiwi Corner se défend plus qu’honorablement. Surtout le soir, avec ces éclairages un peu tamisés… Conditions are perfect, it’s dinner time!

Coopers, Steinlager, Coopers

Coopers, Steinlager, Coopers

Après une dégustation de bières océaniennes – au cours de laquelle j’ai malheureusement pu constater la supériorité de la Coopers australienne sur la Steinlager néo-zélandaise, snif – nous avons opté pour une formule entrée + plat + dessert à 29€ (ou 31€, selon le plat choisi). Ce n’est pas donné, effectivement, mais la qualité est vraiment au rendez-vous, digne de mes quelques expériences de « grandes tables »…

"Gâteaux au Crabe"

"Gâteaux au Crabe avec une mayonnaise au wasabi"

Dès l’entrée, nous nous sommes concertés pour choisir des starters différents, histoire de goûter un peu à tout (rentabilisons, rentabilisons !). Sont donc arrivés sur notre table des « moules de Nouvelle-Zélande farcies aux noix de Macadamia, sur un lit de salade avec coulis de poivron rouge », des « gâteaux au crabe avec une mayonnaise au wasabi » et des « brochettes de kangourou avec une sauce teryiaki & sésame ». Après avoir testé les trois entrées, le jury a été unanime pour reconnaître un sans-faute : nourriture légère, agréable, fraîche et dépaysante, idéal pour commencer un repas. Personnellement, je donnerais cependant une mention spéciale aux brochettes de kangourou, pour leur qualité de goût et de texture, un régal. Quant aux moules de Nouvelle-Zélande, ici camouflées sous une bonne farce (mouarf), elles présentent la double particularité d’être nettement plus grosses que les moules françaises, et surtout d’avoir une coquille… verte ! Amusant.

"Côtelettes d'agneau NZ"

"Côtelettes d'agneau NZ avec une sauce aux kiwis"

Cette mise en bouche passée, nous avons alors pu souhaiter la bienvenue parmi nous à une assiette de « côtelettes d’agneau néo-zélandais avec une sauce aux kiwis » et à deux assiettes de « Mahi Mahi (poisson de Tahiti) avec une sauce aux fruits exotiques, une touche de vanille et du riz coco ». Cette fois-ci, sans hésiter, je décerne la palme aux quatre côtelettes ; je n’avais jamais mangé d’agneau aussi tendre, c’était succulent – et ce malgré la sauce aux kiwis, un peu forte pour se marier avec de l’agneau à mon goût… Quant au Mahi Mahi, contrairement à mes deux camarades, je ne lui ai rien trouvé de spécial hormis son nom, mais il faut dire que je l’ai goûté après la viande (erreur caractéristique d’un critique gastronomique débutant ça !). Le riz coco était génial, pour sa part.

"La fameuse Pavlova meringuée de NZ"

"La fameuse Pavlova meringuée de NZ"

Et enfin, le clou du spectacle : le dessert !!! A peine chauvin, j’ai opté pour le dessert national de mon futur pays d’accueil, à savoir « la fameuse Pavlova meringuée aux kiwis », tandis que mes deux collègues gastronomes choisissaient un « Po’e Mai’a – banane, tapicoa, vanille » et une « tarte aux fruits de la passion et sa boule de glace ».  Comme pour la bière, je dois une nouvelle fois reconnaître la défaite de la Nouvelle-Zélande, au profit de Tahiti et de son étonnant Po’e Mai’a, sorte de tarte gélatineuse au fort goût de banane, très agréable en bouche.  La Pavlova, meringue de luxe, avait pourtant une belle carte à jouer, elle est juste tombée sur plus forte qu’elle… Jusqu’au bout, le Kiwi Corner a donc été à la hauteur, jouant la carte de la légerté et de l’originalité.

La rue Servandoni a beau être une charmante rue parisienne, le Kiwi Corner a les moyens de vous faire oublier où vous êtes et  de mettre entre parenthèses votre routine métro-boulot-dodo le temps d’un repas. Tout cela grâce à un staff jeune et sympa, grâce à une cuisine inventive et même grâce à un mobilier maori assez surprenant !

En bonus, découvrez un extrait audio inédit de mon interview de mars avec Lucas, que j’avais coupé au montage. Soyez attentifs jusqu’au bout, un « cool man » vous attend ! :)

Et merci Taline pour la pochette !!! batchigs !

A Paris, les Kiwis ont leur « Pub Night »

Le Sous-Bock, rue Saint-Honoré (75001 Paris)

Tous les premiers vendredis du mois, la communauté néo-zélandaise de Paris se retrouve pour une « Pub Night ». En ce 1er mai, ils étaient une quarantaine de Kiwis au Sous-Bock…

L’Association France-Nouvelle Zélande existe, selon son site Internet, depuis 1981. Près de trente ans donc, au cours desquels elle s’est attachée à développer les échanges culturels entre les deux pays, en organisant différents événements à Paris et en province, ou tout simplement en servant de point de rencontre aux Kiwis expatriés… et aux Froggies amoureux d’Aotearoa (nom maori de la NZ) ! Si elle a connu quelques trous d’air au moment des événements du Rainbow Warrior, l’association est aujourd’hui en pleine forme, à l’image de son incontournable rendez-vous mensuel : la Pub Night !

Traditionnellement donné à l’Eden Park, dans un pub du nom du mythique stade d’Auckland situé dans le VIe arrondissement, le rendez-vous avait lieu pour la première fois en ce 1er mai au Sous-Bock, de l’autre côté de la Seine, rue Saint-Honoré. La pinte de Guinness y est à un prix très… parisien (8€), mais l’endroit est spacieux et relativement calme, de quoi passer une bonne soirée, placée sous le signe du kiwi !

Kiwis & friends à la Pub Night

Kiwis & friends à la Pub Night

J’arrive sur place vers 19h, alors qu’une dizaine de PubNighteurs a déjà pris ses aises à l’entrée du bar, avec le comptoir à portée de bras, au cas où… Mais comment savoir s’il s’agit vraiment de Pubnighteurs, me direz-vous ? Facile, Claire Waddington a pensé à tout : à votre arrivée, la responsable des animations de l’association vous accueille en vous remettant un autocollant (kiwi, mouton ou pingouin néo-zélandais, selon les goûts), destiné à vous servir de passeport pendant toute la soirée. Mais, sticker ou pas, vous avez sans doute plus vite fait de reconnaître la tribu kiwie à ses discussions tantôt en français, tantôt en anglais, et à sa grande convivialité

« Les Néo-Zélandais sont des gens très accueillants, me confie en anglais une jeune Kiwie, native d’Hamilton et actuellement en vacances à Paris. Nous adorons faire de nouvelles rencontres avec des gens venant d’autres régions du monde ! » Des propos que j’entendrai plusieurs fois au cours de la soirée, émanant à la fois de Néo-Z et de Français, à l’image de Marie-Jeanne… Marie-Jeanne, retraitée, est l’une des cadres de l’association, tombée dans le chaudron kiwi il y a plus de quarante ans. C’est elle qui me présente toutes les activités organisées par l’association, des commémorations d’Anzac Day jusqu’à la visite des carrières Wellington à Arras, en passant par l’édition d’un livre bilingue consacré à un « Poilu des antipodes »… A ses côtés, Lorraine (« comme la région, d’accord ? »), originaire de New Plymouth, regarde les photos de vacances qu’une autre Kiwie, née elle à Wellington, vient de ramener de l’autre bout du monde…

Cheers !

Cheers !

21h, les couche-tôts commencent à quitter les lieux. De mon côté, je continue la visite… et m’incruste dans une conversation in French, où l’on discute du pays des Kiwis en savourant des bouchées au jambon cru. Je fais ainsi la connaissance de deux futurs trentenaires : la première, passionnée d’astronomie, a découvert la NZ sur Internet il y a deux ans, s’est mise au rugby depuis et va enfin réaliser son rêve en y allant en janvier ; le second, d’origine irlandaise, espère s’y rendre à la fin de l’année, après une tentative avortée l’an passé.

Je me rapproche de l’écran géant situé dans le bar, pour regarder – comme par hasard – un match de rugby, opposant les Wellington Hurricanes aux Auckland Blues. Évidemment, je ne suis pas seul, quelques Kiwis représentants de la gent masculine sont agglutinés devant l’écran ! Parmi eux, David, originaire d’Auckland. Il est marié à une Française et m’affirme avoir rencontré ses meilleurs amis grâce aux Pub Nights de l’association France-Nouvelle Zélande. Il se plaît en France mais ne se fait toujours pas à ce qu’on l’appelle « Daviiid », au lieu de « Dayvid » ! J’enchaîne ensuite avec un autre Néo-Zélandais, qui a fait ses études dans ma future université, à Christchurch, et qui est aujourd’hui consultant en France, puis avec un sympathique Australien, Tim, arrivé à Paris il y a deux ans avec sa femme brésilienne. On discute, il m’assure que je vais adorer mon année en NZ, on discute, il m’invite à un barbecue australo-kiwi le 16 mai aux Invalides, on discute, il me paye une nouvelle pinte… Accueillants, je vous dis ! :)

Je quitte finalement les lieux aux alentours de minuit. Entre temps, j’aurai fait de nouvelles connaissances, parmi lesquelles un juriste kiwi converti au droit français, une Française de retour d’Aotearoa où elle était assistante de français dans une école – elle me conseille les films suivants: The Piano, An Angel at My Table et Once Were Warriors -, un ancien rugbyman de Rotorua et la femme de David (oups, « Dayvid » !), Solange, qui nous aura offert une tournée de… vodka bubble-gum !

Merci à tous les PubNighteurs pour ce délicieux avant-goût de NZ… on remet ça le vendredi 5 juin ! :)

Interview avec Finn Andrews, leader des Veils

The Veils étaient en concert mercredi à Paris. J’en ai profité pour rencontrer le chanteur du groupe, Finn Andrews, personnage aussi disponible en coulisses que captivant sur scène…

C’est en préparant l’article que j’ai consacré aux Veils début avril que j’ai découvert qu’ils feraient escale à Paris le 29 avril, à La Maroquinerie. Désireux de découvrir la bande de Finn Andrews sur scène, je n’ai donc pas attendu pour réserver ma place, surtout qu’il s’agissait là de la seule date française du groupe anglo-kiwi (en pleine tournée de promotion de son nouvel album Sun Gangs). Et puis, l’échéance approchant, je me suis dit qu’il serait bête de ne pas en profiter pour faire un petit quelque chose pour Le Pari Kiwi…

Samedi dernier, j’ai donc lancé les hostilités, dans l’espoir d’obtenir une interview avec le leader du groupe : pilonnage de mails, au manager des Veils, à leur distributeur en Europe, à La Maroquinerie, et envoi d’un message via Facebook à Finn Andrews lui-même (profil qui s’avèrera ne pas être le sien, oups!)… Au bout du suspense, c’est finalement La Maroquinerie qui me répond, mardi, estimant que « c’est jouable ». Les tractations vont bon train et, après consultation du manager, la bonne nouvelle tombe mercredi peu avant midi : rendez-vous est donné à 20h avec Finn Andrews, soit quelques minutes avant le début du concert…

Finn Andrews (photo Seb, www.le-hiboo.com)

Finn Andrews (photo: http://www.le-hiboo.com)

La tâche ne s’annonçait pas facile : première interview à la fois en anglais, en vidéo et avec un chanteur souvent présenté comme taiseux et interview-phobe, c’est dire si je ne faisais pas le malin en me présentant, le soir-même, au bureau de La Maroquinerie… Sans pitié quant à mon pauvre sort, une des responsables de la salle me demande alors de la suivre, ce que je fais en descendant les escaliers menant à l’arène. Là, le manager du groupe prend le relais et nous nous engouffrons derrière un rideau noir, dans les dédales d’un mini-labyrinthe underground, destination l’enfer… ou pas !

Au bout du tunnel, ce n’est pas le diable qui m’accueille ; c’est Finn Andrews, le sourire humble et timide, entouré de sa bande, qui se lève pour me saluer. C’est ici que va avoir lieu l’interview, dans les loges (comprendre salle un peu bordélique, d’une petite dizaine de mètres carrés, avec des banquettes diposées le long de trois côtés et une table garnie de victuailles le long du mur restant). Les présentations faites, Finn me fait une petite place à ses côtés et demande le silence à ses camarades. Le moment de vérité peut commencer…

L’interview étant en anglais, je l’ai sous-titrée en français. Pour activer cette option avant de commencer la lecture, cliquez sur « Menu » puis « Sous-titres fr » en bas à droite de la vidéo… Et n’hésitez pas à passer en plein écran, les sous-titres seront moins encombrants !

Comme vous avez pu le constater à la lecture de cette vidéo, le taiseux ne l’était pas tant que ça, commençant à être vraiment à l’aise sur les deux dernières questions de l’interview, et ensuite en off, où j’ai pu prolonger le plaisir quelques minutes avec le reste de la bande… Les bonnes choses ayant une fin, je me suis éclipsé pour les laisser se préparer. Le concert a commencé… et les bonnes choses ont continué !

Ce concert fut un très, très grand moment. La magie de leurs albums a pris sur scène une dimension extraordinaire, excitée d’emblée par Finn Andrews, totalement possédé, transpirant, pleurant, perdant ses chaussures… et retrouvant sa timidité entre chaque morceau. Le chanteur des Veils nous a offert des moments d’une rare intensité, entre émotion au ralenti et transe délirante, captivant son public en quelques chuchotements. Le reste de la bande, composée de Dan Raishbrook à la guitare, Henning Dietz à la batterie et Sophia Burn à la basse, n’était pas en reste, dégageant une vraie solidarité et une grande complémentarité, entre deux gorgées de pastis ! :)

Quant à la cerise sur le gâteau, je ne connais que son prénom : Louisa. Petite nouvelle dans le groupe, cette fée au charme ravageur semble tout droit sortie de l’univers du Seigneur des Anneaux, comme si Tolkien avait décidé d’ajouter un personnage malicieux au pays des elfes. Sa voix, sa tenue, les regards et les sourires qu’elle vous lance finissent, s’il en était besoin, de vous emporter sur la planète Veils

Pêle-mêle :

The Veils étaient dans les studios de Canal+ ce mardi, pour y enregistrer « L’album de la semaine ».  L’émission sera diffusée au cours de la semaine du 18 mai, avec une chanson par jour et la totale à la fin de la semaine.

En attendant, vous pouvez retrouver le live de leur concert donné au Bowery Ballroom de New-York en 2007, en visionnage libre sur le site de Baeble Music.

Je vous conseille de jeter un coup d’oeil au blog tenu par Sophia, la bassiste des Veils. Elle y raconte avec humour les coulisses de leur tournée, ça vaut le détour !

Quand y en a plus, y en a encore ! Les groupes néo-zélandais squattent La Maroquinerie ce mois-ci, à commencer par les Shapeshifter le samedi 16 mai, avant de laisser la place à Liam Finn le dimanche 31 mai.

Enfin, voici le nom des différents morceaux joués dans ma vidéo, avec un lien Deezer pour en écouter la version studio : Three Sisters, The Letter, Calliope, It Hits Deep, Jesus For The Jugular, Scarecrow, Nux Vomica et Lavinia.

A bientôt sur Le Pari Kiwi, j’attends vos commentaires !