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Sébastien, un touriste professionnel chez les Kiwis

C’est un métier qui fait rêver : enquêteur de guide de voyage. Pendant quatre mois, Sébastien Duval a endossé ce costume pour le guide des Frogs in NZ. Entretien avec un voyageur gâté.

C’est ce qui s’appelle joindre l’utile à l’agréable. De septembre à décembre 2009, Sébastien Duval a fait partie de la petite équipe des Frogs in NZ chargée de sillonner la Nouvelle-Zélande à la recherche des meilleures adresses du pays. Durant ces quatre mois, le jeune diplômé en journalisme s’est ainsi offert des vacances rémunérées dans le nord-est de l’Île du Nord (Northland, Rotorua, Bay of Plenty, East Cape, Gisborne, Hawkes Bay, Urewera National Park, Tongariro National Park, Taupo) et le nord de l’Île du Sud (Marlborough Sounds, Nelson, Abel Tasman, Golden Bay).

Des vacances, vraiment ?

Sébastien : « Le plus difficile dans ce boulot est justement de se mettre en tête qu’on ne fait pas du tourisme. On évolue dans un univers où tout le monde autour de soi est en vacances et ce n’est pas toujours évident de se mettre à l’écriture en soirée, alors que les autres clients de l’auberge de jeunesse vont boire un verre. Un de mes collègues a même abandonné au bout de quelques semaines, ce qui m’a permis d’aller bosser un peu sur l’Île du Sud. »

En quoi consistaient tes journées ?

« La priorité était de retourner voir tous les établissements et activités cités dans la première édition du guide pour savoir s’ils existaient toujours, changer les prix (dans 99% des cas), les menus… On devait également juger s’ils méritaient ou pas de rester dans le guide et bien sûr trouver des nouvelles adresses et bons plans. J’ai énormément marché au bouche à oreille, en parlant avec les locaux. Je demandais à chaque fois dans les logements quels étaient leurs bars et restos préférés et dans les restos et bars les logements qu’ils me recommandaient. En recoupant les témoignages, j’arrivais généralement à avoir de bons résultats avec les noms qui revenaient régulièrement. »

Tongariro Crossing

J’imagine que tu es tombé sur des adresses peu attrayantes…

« Oui, j’ai vu quelques logements bien « trash ». Tu rentres dedans, ça sent le renfermé à plein nez et tu te dis : c’est bon, pas besoin d’aller plus loin. Mais tu es obligé de faire bonne figure devant la patron qui te fait la visite… »

As-tu pu en profiter pour tester des activités ?

« Oui, car les opérateurs te proposent souvent d’essayer leur activité. J’ai accepté quelques offres (saut en parachute et à l’élastique notamment) mais aussi refusé beaucoup, souvent par manque de temps. De toute façon, la politique des Frogs en la matière était « on peut faire le descriptif d’une activité sans forcément la tester personnellement ». Je crois que c’était surtout pour éviter de recenser d’office tous les gars qui te proposent un truc, comme si la gratuité impliquait un contrat moral pour une notification dans le guide. J’ai d’ailleurs toujours payé mes repas dans les cafés et restaurants. »

Saut à l'élastique à Taupo

Quel est ton meilleur souvenir ?

« C’est sûrement cette soirée passée avec une famille maorie de Te Kaha, sur le East Cape. Je me baladais dans l’après-midi et j’ai vu beaucoup d’agitation autour du marae (lieu sacré maori, ndlr). Il y avait une compétition de haka que j’ai voulu aller voir. J’ai commencé à parler avec les gens qui y assistaient et l’un d’eux m’a invité à venir manger à la maison le soir. C’était génial : de la langouste fraîchement pêchée et de la bière à volonté jusqu’à 5 heures du matin en attendant le lever du soleil au large. Magique. Ca vaut vraiment tous les spectacles maoris de Rotorua, qui sont une abomination et qui donnent l’impression d’être au zoo. »

Et le pire ?

« Justement, le pire souvenir, c’est ma première semaine de mission à Rotorua. Je débarquais tout juste en NZ, encore un peu jet-lagged, dans une ville qui sent le souffre à plein nez. Il faisait gris et froid et je ne savais pas très bien où j’allais ni ce que je faisais là, dans une ville ultra touristique (donc beaucoup de travail pour le guide). Mais ça a eu le mérite de me mettre dans le bain d’entrée, rendant les choses beaucoup plus faciles derrière, une fois les automatismes de travail assimilés. »

Saut en parachute au dessus de Taupo

Ton spot préféré ?

« East Cape, sans hésiter, le long de la SH35 entre Opotiki et Gisborne. C’est une région qui est encore à l’écart du circuit touristique traditionnel, avec une forte communauté maorie. Le paysage côtier y est splendide, mais il y a surtout une atmosphère quasi mystique qui se dégage de l’endroit, avec beaucoup de maraes, de légendes et ces terrains de rugby de campagne où on met les chèvres en été pour entretenir la pelouse. Mais globalement j’en ai pris plein les mirettes pendant quatre mois. Randonner dans le parc du Tongariro m’a bien plu, les plages d’Abel Tasman, les communautés hippies de Golden Bay, les vignobles d’Hawkes Bay, le surf à Gisborne le jour de mon anniversaire en octobre… »

Selon toi, que doit-on savoir en lisant un guide de voyage ?

« Il y a une grosse limite à ces guides : il est physiquement impossible pour les enquêteurs de tester l’ensemble des entrées du bouquin. Ca prendrait plusieurs années et coûterait beaucoup d’argent de dormir dans chacun des motels ou backpackers mentionnés, de manger un repas complet dans chaque restaurant ou café ou d’essayer chaque sortie en quad ou rafting. C’est donc parfois très superficiel : tu cognes à la porte, on te fait faire le tour du propriétaire et tu dois prendre ta décision en une poignée de minutes, sans vraiment rentrer dans les détails. »

Wwoofing sous le soleil de Gisborne

Quel bilan tires-tu de cette aventure ?

« C’est une expérience extrêmement positive, j’ai eu la chance d’être payé pour faire ce pour quoi beaucoup payent une fortune. J’ai fait des choses que je ne referais sans doute jamais et rencontré un nombre incroyable de personnes pendant mon voyage. Mais ce n’est pas un métier dont je ferais un temps plein, le journalisme est plus épanouissant. »

Depuis la fin de son aventure chez les Frogs in NZ, Sébastien s’est essayé à la vie nomade néo-zélandaise. Quelques semaines dans une ferme près de Gisborne, à découvrir les joies du wwoofing et de la chasse nocturne à l’oppossum, puis trois mois à Wellington, le temps de signer quelques piges pour Le 10 Sport – dont une interview de Dan Carter parue ce vendredi. Une installation définitive en Nouvelle-Zélande n’est pas à l’ordre du jour, mais le jeune homme n’exclut pas d’y vivre encore quelques aventures. Et pourquoi pas pour un guide de voyage sur l’Île du Sud…

Merci à Sébastien Duval pour sa disponibilité (et son flair en matière de pubs :p).

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News Zealand: revue de presse de la semaine

Sur quoi les médias néo-zélandais ont-ils fait leurs gros titres cette semaine ? Plongez dans le monde de l’info kiwi et découvrez les forces et faiblesses de ce quatrième pouvoir boiteux…

L’affaire n’a été révélée qu’en fin de semaine mais les médias en ont vite fait leurs choux gras : la Nouvelle-Zélande tient son « Bernard Madoff ». Stephen Versalko, 51 ans, vient d’être condamné à six ans de prison pour avoir détourné 17,8 millions de dollars pendant neuf ans au détriment de ses clients de la banque ASB. Soit la plus grande escroquerie jamais réalisée par un employé en Nouvelle-Zélande. Ce n’est pas tout. Parmi les différents plaisirs que Stephen Versalko s’est offert avec ce butin, 3,4 millions de dollars ont été consacrés aux services de deux prostituées. Et c’est là que les médias se sont visiblement régalés… Le principal quotidien du pays, The New Zealand Herald, a ainsi consacré l’essentiel de sa une de vendredi à l’affaire, titrant : « Du vin, des femmes et… la prison ».

Encore plus croustillant, TV3 a lancé son journal d’hier soir (18h) avec cette question : « Qu’a donc bien pu obtenir Stephen Versalko pour 3,4 millions de dollars de la part de ses prostituées ? » Pour y répondre, les journalistes du deuxième JT de Nouvelle-Zélande sont allés à la rencontre du Prostitutes’ Collective, qui a expliqué qu’il arrive que certains clients tombent amoureux de leur escort girl et se mettent à lui acheter une maison ou à lui offrir des voyages. En l’occurence, le « Madoff » néo-zélandais est parti en voyage d’affaires à Dubaï avec une de ses deux onéreuses amantes, dans l’un des hôtels les plus luxueux du monde, le Burj Al Arab.

Du côté de la (maigre) blogosphère néo-zélandaise, on a plutôt répondu à la question en sortant la calculette. Même le très bon David Farrar, auteur du blog le plus influent de Nouvelle-Zélande et proche du National Party (droite), n’a pas résisté à la tentation. Après avoir noté que « Madoff a enfin fait quelque chose de bien » (l’affaire a été découverte après qu’une des victimes ait vu un reportage sur l’escroc américain), il s’est amusé à calculer le nombre de passes possibles avec une telle somme. Il est arrivé à un total de 17 700, soit cinq passes par jour pendant dix ans – ou « deux plans à trois par jour et vous gardez la monnaie ».

Dans son édition de ce dimanche, le Herald rencontre la femme de Stephen Versalko. Vous avez dit tabloïd ?

En début de semaine, la star des médias ne s’appelait pas Stephen, mais Tomas – du nom du cyclone qui a dévasté une partie des îles Fidji lundi et mardi. D’ordinaire, l’actualité régionale et internationale est reléguée à la fin des journaux néo-zélandais. Or ici les trois plus grands quotidiens du pays, The New Zealand Herald (Auckland), The Dominion Post (Wellington) et The Press (Christchurch) ont traité de cette tempête en une, tandis que TV One (chaîne publique commerciale) et TV3 (chaîne privée) ouvraient aussi leurs JTs du soir avec des images du cyclone. Tout en sachant très bien que la NZ n’était pas menacée. Plusieurs explications à ce traitement de faveur…

La Nouvelle-Zélande entretient des liens très proches avec les pays du Pacifique, particulièrement dans la zone polynésienne – ce qui explique que le cyclone Ului, qui a touché les îles Salomon (zone mélanésienne), ait été nettement moins couvert que Tomas. Il existe en Nouvelle-Zélande une communauté fidjienne en forte croissance, forcément concernée par les événements sur place, et les Fidji sont une des destinations touristiques préférées des Néo-Zélandais – près de 500 d’entre eux s’y trouvaient au moment du cyclone. Enfin, le fait qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle, synonyme d’images impressionnantes et s’inscrivant dans une succession récente de tempêtes, de tsunamis et de séismes, a sans doute contribué à hisser cet événement à la une des médias.

J’en profite au passage pour vous signaler une des faiblesses des journaux néo-zélandais : la domination des groupes australiens Fairfax et ANM, qui possèdent les trois principaux quotidiens du pays (entre autres) et réalisent 91% des ventes de journaux. Les implications sont nombreuses et parfois très visibles. Ainsi, mardi, le papier de une du Dominion Post consacré aux cyclones faisait aussi la une de… The Press, avec en guise de signature « Fairfax agencies ». Idem lundi, en sens inverse, où le papier de une de The Press s’affichait à la une du Dom Post. Pas terrible en matière de pluralité des médias, surtout que la télé et la radio ne font guère mieux…

La concentration des médias en NZ, par Bill Rosenberg

La concentration des médias en NZ, par Bill Rosenberg

Une histoire d’escroquerie et de prostituées, une autre de catastrophe naturelle… les médias néo-zélandais aiment verser dans le sensationnel. D’autres exemples sont venus le confirmer à la une cette semaine, notamment en matière de crime et de fait divers. Lundi, on apprenait que le plus jeune délinquant sexuel de 2009 en NZ était âgé de 5 ans. Mardi, les témoins d’un accident de la circulation, présentés comme des « héros ayant sauvé des enfants du crash », expliquaient ce qu’ils avaient vu sur les lieux du drame. Jeudi, c’est un père poignardé lors d’un cambriolage qui racontait comment il a senti « le sang couler le long de son dos ». Bref, des histoires et surtout des titres vendeurs.

Heureusement, tout n’est pas noir, et quelques sujets plus profonds ont eu les honneurs de la une cette semaine. Je pourrais vous parler des suppressions de postes dans le secteur public, du dossier de l’Internet haut-débit dans les campagnes, du problème de la pollution des rivières, des plans gouvernementaux en matière d’exploitation minière ou encore du remplacement du Foreshore and Seabed Act. Je vais plutôt me concentrer sur « la » polémique de la semaine : l’affaire judiciaire de la base d’espionnage de Waihopai.

Les faits : en 2008, trois militants pacifistes se sont introduits sur la base néo-zélandaise de Waihopai et ont percé un dôme gonflable dissimulant un récepteur satellite. Leur action a temporairement empêché le fonctionnement de la base. La polémique : les trois militants, qui reconnaissaient les faits mais plaidaient non coupables, ont été acquittés cette semaine par le jury de la Wellington District Court. Leur stratégie de défense, déjà utilisée dans d’autres pays et connue sous le nom de « greater good defense », s’est révélée payante. En quoi consistait-elle ? Il s’agissait d’expliquer que les faits avaient été commis de bonne foi et sans avoir conscience de leur illégalité. Ainsi, les trois militants pensaient-ils bien faire, en  vertu des principes de nécessité et d’assistance à personnes en danger (en l’occurence, les populations civiles victimes des opérations militaires liées au satellite). Ou pour reprendre la métaphore de l’un des prévenus : « vous pouvez entrer dans une maison en feu pour sauver des enfants, c’est-à-dire endommager une propriété pour sauver des vies – c’est ce que nous avons fait ». Je vous laisse imaginer la polémique qui s’en est suivie, surtout qu’en Nouvelle-Zélande aussi, nul n’est censé ignorer la loi…

"Ils ont fait ça mais ils ne sont pas coupables"

Voilà pour ce tour d’horizon de l’actualité de la semaine et du monde des médias en Nouvelle-Zélande. Désolé si c’était un peu brouillon, à mi-chemin entre revue de presse et essai polémique. Au moins j’aurai tenté… J’attends vos impressions.

Radios pirates : Good Morning New Zealand!

C’est l’histoire d’une radio pirate qui narguait le gouvernement néo-zélandais à la fin des 60s depuis les eaux internationales. C’est l’histoire de « Good Morning England« … version kiwi !

« Moi-même, ainsi que tous ceux qui se sont impliqués dans Hauraki, étions mus par notre dégoût de la radio d’Etat, notre amour du rock’n’roll et notre ardent désir d’aventure. Notre but était d’amener la musique sur les ondes, 24 heures sur 24. » Plus de quarante ans après, David Gapes s’en souvient encore. Il faut dire que Radio Hauraki, c’était lui. C’était son idée, née entre deux bières, en 1965, dans un pub de Wellington. En plein dans les sixties, à l’époque où la radio néo-zélandaise, tout comme la BBC britannique, restait un monopole d’Etat. Selon Gapes, on n’y entendait « que des accents British et snobs, des pubs horribles et pas de musique ».

Le Danemark avait eu Radio Mercur dès 1958. Le nord de l’Europe avait suivi, notamment le Royaume-Uni avec Radio Caroline. C’était maintenant au tour de la Nouvelle-Zélande. Puisque le gouvernement refusait de leur accorder une licence privée pour émettre depuis les terres, David Gapes, Denis « Doc » O’Callahan, Derek Lowe et Chris Parkinson allaient prendre la mer et diffuser depuis les eaux internationales, dans le golfe d’Hauraki, à l’Est d’Auckland. Plus facile à dire qu’à faire, toutefois. Malgré la ferveur populaire, le soutien de la communauté maritime et les encouragements de la presse, le gouvernement était bien décidé à empêcher le Tiri de rejoindre le large.

The Boat That Rocked

The Boat That Rocked

Deux mois durant, le Département de la Marine avait repoussé l’échéance, multipliant les inspections de navigabilité et les avis négatifs afin de maintenir le rafiot à quai, « pour raisons de sécurité ». Lassé par ce petit jeu, l’équipage du Tiri avait finalement décidé d’ignorer ces injonctions et de prendre le large. Le dimanche 23 octobre 1966, devant une foule de 200 supporters, les pirates levaient donc l’ancre, effectuaient leurs premières manoeuvres… avant d’être stoppés net par la police, qui lançait l’abordage et arrêtait l’équipage.

La deuxième tentative fut la bonne : le 10 novembre, à 10h du soir, le Tiri parvenait à parcourir discrètement les 3 miles le séparant des eaux internationales. Le temps de monter l’antenne et, le dimanche 4 décembre 1966, à 10h du matin, le rêve devenait réalité : Radio Hauraki lançait sa première émission, consacrée à la déjà tumultueuse histoire de la station ! Et parce que la musique était leur raison d’être, les pirates ne tardaient pas à diffuser un premier morceau fort en symboles : « Born Free », de Matt Munro.

Gentils pirates

En se calant sur 1480kHz pour écouter le « Good Guy » Paddy O’Donnell animer sa première matinale en ce même mois de décembre 1966 (extrait 1, extrait 2, extrait 3), on pouvait apprendre que la moyenne d’âge des 25 propriétaires et opérateurs de la station était de 24 ans, d’où le slogan fièrement proclamé « Radio Hauraki, la radio la plus jeune au monde » !

Pour autant, la vie à bord n’était pas forcément aussi glamour que ce que laisse imaginer Good Morning England. Dans un entretien récemment accordé au New Zealand Herald, David Gapes soulignait ainsi l’écart entre la fiction de « Radio Rock » et la réalité de Radio Hauraki : « Nos gars n’étaient pas des saints. Mais l’environnement n’incitait pas aux fêtes. L’alcool n’était bien sûr pas interdit mais ne figurait pas non plus sur notre liste de course. Il était rare de voir des femmes à bord. Quant aux quartiers de l’équipage à l’arrière, ils étaient minuscules, exigus et vraiment pas glamour. » Bref, oubliez le fameux « sex, drugs and rock’n’roll »…

La vie des pirates n’était pas toujours rose. Elle a même plusieurs fois eu tendance à virer au cauchemar. Le 28 janvier 1968, pris dans une tempête, le Tiri s’échouait contre les rochers, pendant que Derek King commentait cette mésaventure en direct sur les ondes de Radio Hauraki. Ce grand moment de radio, conclu par « L’équipage d’Hauraki abandonne le navire. Ici Paul Lineham à bord du Tiri. Bonsoir« , est disponible sur YouTube. Le naufrage ne fit heureusement pas de victime et, un mois jour pour jour après l’accident, les pirates étaient de retour dans les eaux internationales, à bord du Kapuni, rebaptisé Tiri II ! Trois autres échouements suivront, le 10 avril, le 15 mai et le 13 juin 1968, avec à chaque fois un retour sur les ondes au bout de quelques jours, toujours à bord du Tiri II.

Tiri II échoué sur Uretiti Beach (juin 1968)

Tiri II échoué sur Uretiti Beach (juin 1968)

Tous ces efforts allaient finir par être récompensés : le 24 mars 1970, la Broadcasting Authority prenait le contre-pied de la New Zealand Broadcasting Company et délivrait enfin deux premières licenses privées de radio-diffusion, dont une pour Radio Hauraki ! Après une dernière journée d’émission en mer conclue le 1er juin 1970 à 10h du soir, les pirates regagnaient la terre ferme et leur studio à Auckland. Un voyage retour marqué par la tragique disparition par-dessus bord du « Good Guy » Rick Grant (Lloyd Jones de son vrai nom). L’aventure off-shore de Radio Hauraki avait duré précisément 1 111 jours.

Radio Hauraki existe toujours en 2009. Si son logo et le nom de certaines émissions rappellent le glorieux passé de la station, elle semble aujourd’hui être rentrée dans le rang, ciblant essentiellement un public d’hommes de 25 à 50 ans amateurs de « classic rock ». Mais les souvenirs restent tenaces dans le coeur de nombreux Néo-Zélandais, comme en témoignent les messages laissés sur ces pages Internet, ouvertes en 2006 à l’occasion des 40 ans de la station. Celui-ci par exemple :

« Tout semblait tellement plus fun avec Radio Hauraki. Beaucoup de musique, surtout les week-ends. Mon père avait ses chevaux et le rugby, et moi j’avais 1480 (fréquence kHz de Radio Hauraki, ndlr). C’était génial. »

→ A regarder. Un extrait de l’émission Close Up du 10 novembre 2006, consacré à Radio Hauraki (8’29) : cliquez ici.

→ A lire. The Shoestring Pirates : Radio Hauraki, par Adrian Blackburn (Auckland, Hauraki Entreprises, 1988). 172 p.

Air New Zealand voyage léger, très léger…

Attention, peinture fraîche ! Habituée des coups marketing, la compagnie aérienne kiwie fait encore parler d’elle, dans quatre vidéos garanties 0% vêtements… et 100% body-painting !

Vous n’avez peut-être jamais pris Air New Zealand, mais vous en avez probablement déjà entendu parler – en tout cas, la compagnie semble tout faire pour ! Le 30 décembre dernier, avec un Boeing 474-400, elle est devenue la première compagnie aérienne au monde à voler avec du biocarburant dans ses réservoirs. Quelques mois plus tôt, elle avait frappé fort avec ses « cranial billboards », rasant le crâne de trente volontaires en Californie pour y tatouer l’inscription suivante : « Need a change? Head down to New Zealand » – Besoin de changement ? Partez en Nouvelle-Zélande !

Besoin d'(h)air ? (photo Air New Zealand)

Besoin d'(h)air ?

En février 2008, Air New Zealand organisait une compétition entre quatre des principaux maires de Nouvelle-Zélande, sur le modèle de l’émission Nouvelle Star, permettant au vainqueur d’offrir à ses concitoyens 1 000 billets d’avion à 1 dollar. Après s’être déhanché contre la barre d’une caserne de pompiers et s’être partiellement déshabillé devant les caméras de TV3 (!), c’est le maire d’Invercargill qui avait reçu le plus de votes du public et ainsi remporté Mayor Idol, devenant officiellement « le maire le plus hot du pays » ! En décembre 2007, c’est à la recherche de « Wikipedias humains » que l’entreprise partait, désireuse de renforcer son personnel de bord avec des stewarts capables de répondre aux moindres questions des voyageurs…

Et maintenant, voilà que les Kiwis volants se mettent au… body-painting ! Tout a commencé le 10 mai dernier, avec l’apparition sur les petits écrans néo-zélandais d’une campagne de publicité mettant en scène près de cent employés de la compagnie, dont huit ayant troqué leur uniforme contre la tenue d’Adam assortie de quelques coups de pinceau !

Intitulée Nothing to Hide, cette campagne vise selon la compagnie à « différencier Air New Zealand de concurrents low-cost qui facturent des taxes supplémentaires si un passager veut enregistrer un sac ou avoir une boisson. Air New Zealand n’a rien à cacher, avec des billets d’avion comprenant les franchises de bagage et des rafraîchissements. » Ne s’en tenant pas aux simples paroles, le PDG de l’entreprise lui-même s’est prêté au jeu : deux jours après avoir été élu « homme d’affaires le plus hot » de Nouvelle-Zélande, Rob Fyfe s’est laissé peinturlurer, trois heures durant, avant d’apparaître dans la vidéo en train de charger la soute de l’avion. Un making-of a été publié dans la foulée…

Il devait rester quelques pots de peinture à écouler, alors Air New Zealand a remis ça fin juin, pour une vidéo diffusée à bord de ses vols intérieurs. Et pas n’importe quelle vidéo : les instructions de sécurité ! Constatant que les voyageurs ont tendance à s’endormir ou à bouquiner au lieu de suivre la projection de ces instructions avant le décollage, la compagnie a ressorti ses pinceaux, histoire d’inviter désormais ses passagers à ouvrir grand les yeux…

Tant qu’à faire, un bêtisier a aussi été monté… Et le prochain coup marketing de la firme est déjà connu : opération Cupidon dans l’avion !

Coups de génie ou a bit too much ? Qu’en pensez-vous ?

Revue de presse : trois mois de NZ dans le rétro

La Nouvelle-Zélande vue de France

A une semaine de mon arrivée « down under », je vous propose de (re)découvrir quelques uns des rares articles consacrés à Aotearoa dans la presse francophone depuis le mois de mars…

Ça y est, le compte à rebours peut commencer : J-6. Dans moins d’une semaine, je serai à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, à Christchurch. Encore quelques verres d’adieu à descendre et il va être temps de préparer mes valises, en veillant bien à ne pas oublier mes vêtements d’hiver ! J’essaierai de vous proposer un article détaillant ces ultimes préparatifs dans le cours de la semaine prochaine. Mais pour l’heure, flashback, plongée dans les médias de ces trois derniers mois, à la recherche de la perle rare : le mot-clé Nouvelle-Zélande

Si vous aimez le sport et si vous avez été vigilant au cours de ces derniers jours, vous n’êtes pas sans savoir que l’équipe de France de rugby est sortie victorieuse d’une série de deux test-matchs contre les All Blacks. La première confrontation a eu lieu à Dunedin et a offert aux Frenchies une victoire en « coup de tonnerre » selon Le Télégramme. Sous le déluge de Wellington, la seconde opposition a ensuite permis aux Kiwis de prendre leur revanche face aux Bleus, avec quatre petits points d’avance, et ce malgré l’éclair d’Heymans. Mais l’histoire retiendra sans doute l’affaire Bastareaud, du nom de ce joueur français dont l’agression fictive et surtout mensongère a choqué tout un pays, frisant l’incident diplomatique. Et le tonnerre de gronder à nouveau en Nouvelle-Zélande, dixit Rugbyrama. De mon côté, je retiendrai aussi cette charmante tradition à Dunedin : les matchs All Blacks vs. France disputés par des étudiants… en tenue d’Adam !

Le haka à poil (crédits photo : Valmito)

Le haka à poil (crédits photo : Valmito)

La Nouvelle-Zélande a ses champions, elle a aussi sa Campion, Jane Campion. Seize ans après sa Palme d’Or (et 3 Oscars) pour La leçon de piano, la réalisatrice néo-zélandaise était de retour au Festival de Cannes le mois dernier pour y présenter Bright Star, « une histoire d’amour plus forte que Roméo et Juliette ». Repartie de la Croisette sans récompense cette année, Jane Campion n’en reste pas moins la seule femme à avoir déjà remporté la fameuse palme – ce qu’elle déplore d’ailleurs…

Les femmes et la Nouvelle-Zélande, une longue histoire, notamment politique. Entre 1999 et 2008, la Nouvelle-Zélande, premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1883, fut gouvernée par une femme, Helen Clark. Lourdement battue aux dernières élections par le National Party, l’ancienne Premier Ministre travailliste a réussi à rebondir en mars dernier, en se voyant confier le poste d’administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud). « Une très bonne nouvelle pour la Nouvelle-Zélande et pour le Pnud », a affirmé à l’AFP Phil Goff, le successeur d’Helen Clark à la tête du Parti travailliste.

Crédits photo: AFP.

Crédits photo: AFP.

Vue de France, la Nouvelle-Zélande a parfois eu des airs d’animalerie. En effet, ces trois derniers mois, moutons,  porcs et pingouins ont été à l’honneur dans les médias… Cela a commencé avec cette effroyable nouvelle : « les moutons britanniques menacés par une pénurie de tondeurs« . En effet, de nouvelles procédures d’immigration ont récemment été mises en place au Royaume-Uni, faisant naître la crainte que les stars de la tonte – à savoir les Néo-Z et les Australiens – soient moins nombreux que d’habitude à venir aider les tondeurs de Sa Majesté cet été. Du coup, c’est toute la communauté ovine britannique qui est menacée d’étouffer sous sa toison…

Les uns étouffent, les autres attrapent la grippe. Souvenez-vous, la Nouvelle-Zélande a été l’un des tous premiers pays à être touchés par la pandémie de grippe porcine (euh, grippe mexicaine… euh, non, zut, grippe A), en avril, lors du retour d’un groupe de lycéens d’un voyage au Mexique… Alors que l’hiver vient d’arriver dans l’hémisphère sud, de nouveaux cas ne cessent de se déclarer (+ 67 entre mercredi et vendredi), le niveau d’alerte a été relevé le 21 juin et le Ministère français des Affaires Étrangères a publié des recommandations pour les voyageurs se rendant dans le pays.

Et pendant ce temps, les pingouins néo-zélandais travaillent leur sociabilité en jouant au foot

Voir la vidéo sur guardian.co.uk

Si la Nouvelle-Zélande a des airs d’animalerie, elle a aussi des airs de Monopoly. Tirant la carte « Erreur de la banque en votre faveur », un couple de Kiwis a ainsi quitté le pays avec l’équivalent de 4 millions d’euros en poche. Europe 1 s’en est fait l’écho.

Le mot « Nouvelle-Zélande » est également revenu à plusieurs reprises dans les débats en France sur la loi Hadopi. En effet, une loi de ce genre était sur le point d’être adoptée en NZ à la fin mars. Finalement, au grand désespoir de l’équipe  de la Ministre française de la Culture Christine Albanel, le passage polémique a été retiré. Google y est peut-être pour quelque chose

Enfin, pour finir sur une bonne note à quelques jours de mon arrivée en terre kiwie, retenons cet article du Courrier International qui présente la Nouvelle-Zélande comme « la nation la plus pacifique du monde« , en s’appuyant sur le dernier Indice mondial de la paix. On y apprend notamment que « le risque de manifestations violentes est au plus bas ». Et là on se dit que, vraiment, Mathieu Bastereaud aurait dû y réfléchir par deux fois avant de simuler une aggression en Nouvelle-Zélande…