Archives mensuelles : septembre 2009

Shopping in NZ: le Top 10 des bizarreries culinaires

Welcome to Woolworth's!

Today, let’s go to the supermarket! Les rayons néo-zélandais ont beau ressembler à leurs homologues français, il est possible d’y dénicher quelques curiosités – plus ou moins savoureuses…

1 | Kiwi, what else?

Golden kiwis

Golden kiwis

Les clichés sont faits pour être déconstruits… ou pas ! En Nouvelle-Zélande, le kiwifruit est bien le roi ; on le retrouve donc sans surprise aux quatre coins du supermarché. Au rayon fruits et légumes bien sûr, dans sa déclinaison verte traditionelle, mais aussi en mode kiwifruit gold : une chair jaune, un goût plus doux rappelant les fruits de la passion, et surtout une peau lisse tout à fait comestible qui vous évitera la corvée épluchage et vous offrira un peu de croustillance au dessert. Du kiwi au rayon alcool également, sous la forme bien mystérieuse – et qu’il ne me reste plus qu’à découvrir – de kiwifruit wine ! Du kiwi dans les petits pots pour bébés, du kiwi en sauce, du kiwi en jus, du kiwi dans les biscuits, du kiwi dans les eaux aromatisées, et même du kiwi dans les gels douche – ça, j’ai tenté, et c’est assez sympa, avec en bonus l’action exfoliante des graines de kiwi !

2 | Kumara

Red and orange Kumara

Orange and red Kumaras

Pour faire exotique, on peut présenter le kumara comme l’un des légumes traditionnels maoris ; sa présence en Nouvelle-Zélande remonte à l’arrivée des premiers Maoris, il y a plus de mille ans, en provenance des îles du Pacifique. Mais pour être honnête, on peut aussi préciser que kumara est le nom maori pour « patate douce » – apparemment, on en trouve jusqu’en France. Il en existe des rouges, des oranges et des jaunes ; j’ai goûté les deux premiers, c’est en effet très doux, légèrement sucré, un genre de pomme de terre de luxe ! Autre légume assez similaire, le New Zealand Yam – connu sous le nom d' »Oca » dans les Andes.

3 | TimTam

TimTam tsoin tsoin

Tsoin Tsoin

J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler dans mon article sur la rue Servandoni, à Paris. La recette : une crème au chocolat prise en étau entre deux biscuits au chocolat, le tout recouvert de chocolat, pour un résultat très sucré, croustillant au croquer et fondant en bouche. Fabriqués en Australie par Arnott’s Biscuits, ils sont incontestablement les biscuits phare en Nouvelle-Zélande. En plus de l’Original, on trouve une variété de déclinaisons : Double Coat, Classic Dark, Chewy Caramel, Chewy Choc Fudge, Sweet Surrender Choc Hazelnut Flavoured Mousse, Sweet Surrender Black Forest Delight et Sweet Surrender Crème Caramel. Mais plus que le TimTam, il y a le TimTam Slam ! Egalement connu sous les noms de TimTam Explosion, TimTam Suck et même TimTam Orgasm, cette pratique est la garantie d’un grand moment de bonheur en bouche. Je vous laisse découvrir cela en compagnie de l’Australienne Natalie Imbruglia :

4 | Marmite

A consommer avec modération

A consommer avec modération

Âmes sensibles, s’abstenir. La Marmite néo-zélandaise, tout comme la Vegemite australienne et la Marmite anglaise, n’est pas exactement le genre de pâte à tartiner vous mettant de bonne humeur le matin : élaborée à base de levures, de couleur noire, relativement liquide et collante, elle sent mauvais et n’a pas meilleur goût, malgré le pain et le beurre avec lesquels on essaye désespérément d’alléger la sentence. Enfin, c’est ce que j’en pense – et je suis loin d’être le seul. Les 237 000 fans de Marmite sur Facebook ne partagent sans doute pas mon avis et n’hésiteraient pas à avancer, à juste titre, les vertus nutritionnelles de ce spread et cet amusant spot publicitaire. Le produit divise donc, et la marque en a même fait son slogan : « Marmite. Love it or hate it » ! Lecteur, tu es donc prévenu ; si jamais tu t’aventures dans un rayon confitures/miel/Nutella en Nouvelle-Zélande, méfie toi de la Marmite. Et, tant que j’y suis, évite également l’écoeurant peanut butter, vendu à outrance ici…

5 | Weet-Bix

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"New Zealand's no.1 breakfast cereal"

Si vous connaissez les Weetabix, voilà grosso modo à quoi ressemblent aussi les Weet-Bix en Nouvelle-Zélande – ces derniers étant juste un peu plus petits et de forme rectangulaire. On peut les manger avec du lait bien sûr, mais aussi en tartines, avec du beurre, de la confiture – et de la Marmite, qui sait ! Lancés en 1928 et conçus par Sanitarium (« the health food company »), les Weet-Bix sont depuis des dizaines d’années le petit-déjeuner le plus populaire en Nouvelle-Zélande et font partie intégrante de l’identité kiwie.

6 | Baked BeaNZ

Du kiwi dans les haricots

Du kiwi dans les haricots

Au rayon « plats étudiants », j’aurais pu vous parler des très comestibles 2-minute noodles, à 0,35€ la boîte. Je vais plutôt consacrer quelques lignes aux baked beans néo-zélandais, signés Wattie’s. Niveau goût, rien de bien différent comparé aux traditionnels baked beans de Heinz. Niveau présentation, en revanche, c’est plus intéressant : les beans deviennent des beanz – tout un symbole. En mettant les pieds en Nouvelle-Zélande, on remarque vite que les Kiwis ne manquent pas une occasion de montrer leur fibre patriotique. Un petit tour à la fac et vous serez surpris du nombre d’étudiants portant des sweat-shirts représentant Aotearoa – rien à voir avec la France donc, où ce genre de vêtements n’est vendu que dans les magasins pour touristes. Un petit tour au supermarché ensuite, et vous ne pourrez pas échapper aux produits floqués de la mention « Proudly made in NZ » ou du sigle « Buy New Zealand Made ». Et donc même les haricots s’y mettent !

7. Beer

Rayon frais

Rayon frais

Niveau alcool, les supermarchés néo-zélandais diffèrent de leurs homologues français sur au moins quatre points. 1. Il est impossible d’y trouver autre chose que de la bière ou du vin – les alcools forts étant vendus dans des magasins spécialisés répondant souvent au nom de Liquorland. 2. Il existe deux rayons alcool : le premier avec des packs à température ambiante, le second avec des packs réfrigérés ! 3. Si vous voulez jouer aux petits débrouillards, vous pouvez acheter des kits pour « bière maison » – il paraît que ça peut même être bon ! 4. A la caisse, don’t forget your ID ; les contrôles d’identité sont quasi-systématiques pour s’assurer que vous êtes bien majeur. Pour une analyse un peu plus détaillée de la bière néo-zélandaise, cliquez ici.

8. Meat

Meat lover's

Meat lover's

La Nouvelle-Zélande est à juste titre réputée pour la qualité de sa viande, notamment l’agneau. Le choix n’y est pas forcément très large (boeuf, poulet, porc et agneau/mouton) mais le goût est là – même pour les barquettes d’entrée de gamme ! Surtout, les prix sont bien plus intéressants qu’en France, particulièrement si l’on arrive à repérer les produits en promotion ou les fameuses étiquettes « reduced », indiquant un produit arrivé à quasi-péremption et donc bradé parfois à 50%.

9. Gluten-Free Food

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Coeliaquie : intolérance au gluten.

Que ce soit dans les supermarchés, les cafés ou les restaurants, il n’est pas rare de trouver des aliments sans gluten. Ces produits sont essentiellement destinés aux personnes souffrant de la maladie coeliaque, c’est-à-dire allergiques au gluten et à certaines protéines céréalières. De premiers magasins spécialisés commencent à apparaître en France mais la Nouvelle-Zélande a certainement une longueur d’avance en la matière.

10. Ice Cream

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100% NZ

Ce fut un de mes premiers chocs en arrivant en Nouvelle-Zélande : en plein mois de juillet, alors que l’hiver battait son plein, des Kiwis se baladant dans la rue une glace à la main ! Visiblement, le froid n’est pas une explication suffisante pour refuser une bonne crème glacée, dans un pays où la musique des ice cream vans résonne donc toute l’année. Selon la New Zealand Ice Cream Manufacturers’ Association, les Kiwis partagent avec l’Australie la seconde marche du podium en matière de consommation annuelle de glace par personne (23 litres), derrière les Etats-Unis. Personnellement, j’attends que les températures remontent un peu avant de me lancer, mais j’ai déjà hâte de goûter LA glace néo-zélandaise : la « Hockey Pokey » de Tip Top. Mmmmm…

Assez écrit, j’attends maintenant vos commentaires avec gourmandise ! :)

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Photos : Tout schuss (ou presque) à Mount Hutt

Mount Hutt

Dans ma liste des « must do » pour cette année en Nouvelle-Zélande, il y avait me mettre (enfin!) au ski. Depuis hier, c’est chose faite. Compte-rendu d’un novice ravi et même pas plâtré.

Qu’on se le dise, cette année sera l’année des baptêmes ! Après mon baptême de l’air effectué en juillet entre Paris et Christchurch, voilà que je viens de faire mon baptême de ski ! Pour faire simple, mon expérience de la montagne se résumait jusque là à quelques randos dans les Monts d’Arrée (384m d’altitude, attention !) et à une journée de luge à Winterberg, en Allemagne, lors d’un échange scolaire en classe de 5e. Me trouvant désormais en Nouvelle-Zélande, avec des pistes à à peine plus de 100 km de Christchurch, il était difficile de ne pas sauter sur l’occasion…

Pour être franc, je n’étais pas particulièrement enthousiaste en m’inscrivant à ce ski trip organisé par mon campus. J’avais certes des amis qui y allaient aussi, mais la perspective de passer une journée à tomber, déchausser, rentrer dans les gens, retomber, ne m’excitait guère. C’est le problème d’être un débutant : on ne maîtrise pas ce qu’on fait, et on est frustré de ne pouvoir accomplir ce qu’on souhaiterait. Mais il faut bien commencer, se lancer, tant bien que mal – ne serait-ce que pour l’avoir « fait ». Finalement, mis en confiance par près de 3h de leçons de ski, j’ai passé une très bonne journée sur les pistes néo-zélandaises, et j’espère bien y retourner avant mon départ !

Prosternation

Prosternation

Samedi matin, départ à 7h, arrivée sur les pistes peu après 9h30. Temps couvert tout du long du trajet, gros brouillard dans la montée menant à la station et, comme par miracle, ciel bleu sur les pistes à dominer les nuages, dans un petit paradis blanc coupé du monde. Ma première leçon a lieu à 10h20, dans un groupe d’une petite dizaine de beginners et sous la houlette du sympathique Jon, venu de l’Essex (Angleterre). Quelques petits exercices pour se familiariser avec le matériel puis direction la piste réservée aux novices pour y enchaîner les descentes : d’abord tenir debout, ensuite maîtriser sa vitesse, enfin s’essayer à de petits virages.

Deuxième leçon à 12h40, même groupe, même mono, même endroit. La confiance commence à arriver, les virages prennent forme, les chutes se font rares, on s’essaye même à un parcours à bosses – bon, sans succès… Jon nous fait alors ses adieux, et je fais les miens à la piste des débutants, quittant donc le magic carpet pour partir découvrir le téléski et le niveau supérieur. J’y vais avec Julia, l’une des rares frenchies de UC, qui a elle bien plus d’expérience sur les pistes. Elle compatie (et rigole) à mes nombreuses chutes en haut du parcours, vraiment plus challenging que mon regretté terrain d’entraînement. Mais je m’habitue petit à petit à cette nouvelle configuration, retrouvant confiance sur le final, malgré la fatigue. Un dernier tour sur le tapis roulant et une dernière descente pour le plaisir, avant de partir.

Toujours debout :)

Toujours debout :)

Je la redoutais cette journée, je l’ai adorée. Il faisait beau, chaud, les nuages s’en allant progressivement pour dévoiler les immenses plaines du Canterbury. Les leçons ont démontré leur utilité, idéales pour débuter et s’amuser avec d’autres novices. Et je suis sorti de cette initation sans le moindre bobo – enfin, si l’on considère que le plus gros coup de soleil de mon existence n’est pas un bobo ! ;) Le retour s’est fait avec le son des Beach Boys et des Beatles dans le bus, et la soirée a été la cerise sur le gâteau : combo Chinese sausage burger + frites + Sarsaparilla (nom d’un Schtroumpf!) chez Captain Bens, et magnifique victoire des All Blacks face à l’Australie pour le dernier match des Tri Nations (33-6). Sweet as…

→ Les photos : Vous l’imaginez bien, mon niveau ne me permet pas encore de prendre des photos en skiant – il faudra donc repasser pour les photos d’action ! De plus, ma batterie m’a lâché dans l’après-midi, au moment où je commençais à sortir mon appareil. Je vous invite quand même à découvrir quelques uns de mes clichés, couplés avec ceux de Julia, en cliquant ici !

→ En savoir plus sur Mount Hutt : le site officiel, la page Wikipedia, l’avis de 0800snow.co.nz.

Photos : C’est le printemps, let’s go to Sumner!

Sumner beach

Ce dimanche, direction Sumner, le quartier chic de Christchurch. Déambulations printanières au milieu des villas, des fleurs, des promeneurs, des coquillages. Et finalement sous les étoiles…

Comme Florence me le signalait dans un récent mail, le printemps en Nouvelle-Zélande ne commence pas le 22 septembre, pourtant date de l’équinoxe et du début de l’automne dans l’hémisphère Nord. Non, selon une convention météorologique, c’est tous les 1er septembre que le printemps débarque chez les Kiwis. A juste titre cette année car, à en juger les arbres en fleurs sur le campus, ce cher printemps a été ponctuel.

Sumner avait même des airs de summer hier. Les places assises étaient chères dans le bus y allant ; les tenues étaient légères, certains ayant même opté pour l’option pieds nus. La plupart des passagers est descendue au niveau de la plage, j’ai préféré attendre le terminus, un peu plus dans les terres, pour me balader au milieu des maisons. Quartier riche ou pas, toujours ces fameux murs en bois sur la plupart des bâtiments. Quartier riche oblige, un certain nombre de villas futuristes, nichées dans les collines, histoire de contempler le rivage  – et accessoirement de dominer la plèbe ?

Sumner Esplanade

Sumner Esplanade

Après avoir pris de la hauteur pour admirer la vue et découvert une boîte aux lettres insolite, je suis descendu sur la plage. Sumner est davantage à ranger dans la catégorie « paisible quartier de bord de mer » que dans « station balnéaire avec restaurants et casino » ; s’y promener est donc très agréable. J’y ai trouvé cette ambiance des balades du dimanche, où familles, couples, amis et marcheurs solitaires se croisent avec de discrets sourires, où les chiens se défoulent enfin après une semaine à la maison, où les enfants s’arrêtent ramasser des coquillages ou construire un château-fort en zone plus ou moins inondable.

Le soleil a rapidement décidé d’enfiler son bonnet de nuit, me défiant, photographe du dimanche, dans un contre-la-montre à la recherche du beau cliché de fin de journée. Un père prenait des photos de son bébé, les mouettes piochaient allègrement leur dîner livré par les vagues, un groupe d’Indiens jouait au cricket, une étrange dame sciait du bois sur la plage. Et, au loin, on devinait les sommets enneigés des Alpes du Sud, teintés de rose pour l’occasion…

Chacun vaque à ses occupations...

Late walk, early dinner...

A la nuit tombée, plutôt que de remonter directement dans le bus pour près d’une heure de trajet, j’ai fait une partie du chemin à pieds, découvrant ainsi les quartiers de Redcliffs, Mt Pleasant, Ferrymead et Woolston. Les pieds commençant à fatiguer, mon objectif final est devenu de m’arrêter au fish’n’chips le plus proche, pour y dîner avant de remontant dans le bus. Toutefois, trouver un fish’n’chips ouvert un dimanche soir dans cette partie de Christchurch s’est révélé être une mission assez ambitieuse, et j’ai ainsi dû parcourir une dizaine de kilomètres depuis la plage pour trouver mon bonheur ! :) Heureusement, celui-ci était bon, copieux et presque gratuit ($4).

Et j’ai pu profiter des vingt minutes d’attente du bus pour lancer la discussion avec un Kiwi assis à côté de moi, environ 50 ans, sortant d’une soirée d’anniversaire avec huit bières dans le pif ! Plutôt que de parler de météo, j’ai trouvé la bonne technique pour entamer le dialogue : « Did you watch the All Blacks’ game yesterday? »

→ Pour regarder mon album photo en diaporama, cliquez ici.

Radios pirates : Good Morning New Zealand!

C’est l’histoire d’une radio pirate qui narguait le gouvernement néo-zélandais à la fin des 60s depuis les eaux internationales. C’est l’histoire de « Good Morning England« … version kiwi !

« Moi-même, ainsi que tous ceux qui se sont impliqués dans Hauraki, étions mus par notre dégoût de la radio d’Etat, notre amour du rock’n’roll et notre ardent désir d’aventure. Notre but était d’amener la musique sur les ondes, 24 heures sur 24. » Plus de quarante ans après, David Gapes s’en souvient encore. Il faut dire que Radio Hauraki, c’était lui. C’était son idée, née entre deux bières, en 1965, dans un pub de Wellington. En plein dans les sixties, à l’époque où la radio néo-zélandaise, tout comme la BBC britannique, restait un monopole d’Etat. Selon Gapes, on n’y entendait « que des accents British et snobs, des pubs horribles et pas de musique ».

Le Danemark avait eu Radio Mercur dès 1958. Le nord de l’Europe avait suivi, notamment le Royaume-Uni avec Radio Caroline. C’était maintenant au tour de la Nouvelle-Zélande. Puisque le gouvernement refusait de leur accorder une licence privée pour émettre depuis les terres, David Gapes, Denis « Doc » O’Callahan, Derek Lowe et Chris Parkinson allaient prendre la mer et diffuser depuis les eaux internationales, dans le golfe d’Hauraki, à l’Est d’Auckland. Plus facile à dire qu’à faire, toutefois. Malgré la ferveur populaire, le soutien de la communauté maritime et les encouragements de la presse, le gouvernement était bien décidé à empêcher le Tiri de rejoindre le large.

The Boat That Rocked

The Boat That Rocked

Deux mois durant, le Département de la Marine avait repoussé l’échéance, multipliant les inspections de navigabilité et les avis négatifs afin de maintenir le rafiot à quai, « pour raisons de sécurité ». Lassé par ce petit jeu, l’équipage du Tiri avait finalement décidé d’ignorer ces injonctions et de prendre le large. Le dimanche 23 octobre 1966, devant une foule de 200 supporters, les pirates levaient donc l’ancre, effectuaient leurs premières manoeuvres… avant d’être stoppés net par la police, qui lançait l’abordage et arrêtait l’équipage.

La deuxième tentative fut la bonne : le 10 novembre, à 10h du soir, le Tiri parvenait à parcourir discrètement les 3 miles le séparant des eaux internationales. Le temps de monter l’antenne et, le dimanche 4 décembre 1966, à 10h du matin, le rêve devenait réalité : Radio Hauraki lançait sa première émission, consacrée à la déjà tumultueuse histoire de la station ! Et parce que la musique était leur raison d’être, les pirates ne tardaient pas à diffuser un premier morceau fort en symboles : « Born Free », de Matt Munro.

Gentils pirates

En se calant sur 1480kHz pour écouter le « Good Guy » Paddy O’Donnell animer sa première matinale en ce même mois de décembre 1966 (extrait 1, extrait 2, extrait 3), on pouvait apprendre que la moyenne d’âge des 25 propriétaires et opérateurs de la station était de 24 ans, d’où le slogan fièrement proclamé « Radio Hauraki, la radio la plus jeune au monde » !

Pour autant, la vie à bord n’était pas forcément aussi glamour que ce que laisse imaginer Good Morning England. Dans un entretien récemment accordé au New Zealand Herald, David Gapes soulignait ainsi l’écart entre la fiction de « Radio Rock » et la réalité de Radio Hauraki : « Nos gars n’étaient pas des saints. Mais l’environnement n’incitait pas aux fêtes. L’alcool n’était bien sûr pas interdit mais ne figurait pas non plus sur notre liste de course. Il était rare de voir des femmes à bord. Quant aux quartiers de l’équipage à l’arrière, ils étaient minuscules, exigus et vraiment pas glamour. » Bref, oubliez le fameux « sex, drugs and rock’n’roll »…

La vie des pirates n’était pas toujours rose. Elle a même plusieurs fois eu tendance à virer au cauchemar. Le 28 janvier 1968, pris dans une tempête, le Tiri s’échouait contre les rochers, pendant que Derek King commentait cette mésaventure en direct sur les ondes de Radio Hauraki. Ce grand moment de radio, conclu par « L’équipage d’Hauraki abandonne le navire. Ici Paul Lineham à bord du Tiri. Bonsoir« , est disponible sur YouTube. Le naufrage ne fit heureusement pas de victime et, un mois jour pour jour après l’accident, les pirates étaient de retour dans les eaux internationales, à bord du Kapuni, rebaptisé Tiri II ! Trois autres échouements suivront, le 10 avril, le 15 mai et le 13 juin 1968, avec à chaque fois un retour sur les ondes au bout de quelques jours, toujours à bord du Tiri II.

Tiri II échoué sur Uretiti Beach (juin 1968)

Tiri II échoué sur Uretiti Beach (juin 1968)

Tous ces efforts allaient finir par être récompensés : le 24 mars 1970, la Broadcasting Authority prenait le contre-pied de la New Zealand Broadcasting Company et délivrait enfin deux premières licenses privées de radio-diffusion, dont une pour Radio Hauraki ! Après une dernière journée d’émission en mer conclue le 1er juin 1970 à 10h du soir, les pirates regagnaient la terre ferme et leur studio à Auckland. Un voyage retour marqué par la tragique disparition par-dessus bord du « Good Guy » Rick Grant (Lloyd Jones de son vrai nom). L’aventure off-shore de Radio Hauraki avait duré précisément 1 111 jours.

Radio Hauraki existe toujours en 2009. Si son logo et le nom de certaines émissions rappellent le glorieux passé de la station, elle semble aujourd’hui être rentrée dans le rang, ciblant essentiellement un public d’hommes de 25 à 50 ans amateurs de « classic rock ». Mais les souvenirs restent tenaces dans le coeur de nombreux Néo-Zélandais, comme en témoignent les messages laissés sur ces pages Internet, ouvertes en 2006 à l’occasion des 40 ans de la station. Celui-ci par exemple :

« Tout semblait tellement plus fun avec Radio Hauraki. Beaucoup de musique, surtout les week-ends. Mon père avait ses chevaux et le rugby, et moi j’avais 1480 (fréquence kHz de Radio Hauraki, ndlr). C’était génial. »

→ A regarder. Un extrait de l’émission Close Up du 10 novembre 2006, consacré à Radio Hauraki (8’29) : cliquez ici.

→ A lire. The Shoestring Pirates : Radio Hauraki, par Adrian Blackburn (Auckland, Hauraki Entreprises, 1988). 172 p.

Le Pari Kiwi vous envoie une carte postale de Rue89

Capture d'écran Rue89

C’est avec une fierté non déguisée que je vous invite aujourd’hui à aller vous balader du côté de Rue89, pour y lire mon tout dernier article… Ce lundi, pleins feux sur le « road switch » aux Samoa !

Cela fait presque un mois que je suis cette affaire : ce lundi 7 septembre, pour la première fois depuis plus de trente ans, un pays va changer son sens de circulation routière ! Ce pays, c’est les Samoa, petit archipel du Pacifique, dont vous avez peut-être appris l’existence un jour dans les pages rugby de L’Equipe… De l’inédit, de l’exotique, du politique aussi : cette réforme agite les Samoa depuis son annonce en octobre 2007 et a entraîné le plus grand mouvement d’agitation sociale de l’histoire du pays (manifestations, création d’un parti politique, etc.).

Au fur et à mesure de mes découvertes sur ce sujet, j’ai pris conscience du potentiel intérêt « grand public » pour ce fameux road switch. J’ai donc accumulé une trentaine de pages d’informations et d’articles sur la question, et profité de mes derniers jours de vacances pour m’appliquer à rédiger mon papier. Hier soir, une fois l’article terminé, je l’ai envoyé à Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89, avec l’espoir de le voir publié sur le site. C’est désormais chose faite, à l’adresse suivante : http://www.rue89.com/2009/09/06/samoa-des-aujourdhui-je-conduis-a-contresens. Comme d’habitude, vos commentaires sont les bienvenus !

Petite séance de rattrapage pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Rue89 : cliquez ici.