Archives mensuelles : avril 2009

Anzac Day : la Nouvelle-Zélande se souvient…

Le 25 avril est un jour férié en Nouvelle-Zélande. Fête nationale en mémoire des troupes tombées au champ d’honneur, « Anzac Day » est également célébré en Australie…

Cela est rarement évoqué dans nos manuels d’histoire : des troupes néo-zélandaises et australiennes ont participé à la Première Guerre mondiale, aux côtés des autres divisions de l’Empire britannique. Ces forces, connues pour leur acronyme ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps), ont fait leur entrée sur le front européen le 25 avril 1915 lors de la bataille des Dardanelles (Turquie) livrée face aux troupes de l’Empire ottoman. Engagées dans une opération visant à prendre le contrôle de la péninsule de Gallipoli, porte d’accès à la Mer Noire, les troupes alliées y ont rencontré une très forte opposition ottomane, conduisant à un embourbement de la bataille et à leur retrait huit mois plus tard. Sur les 8 556 Néo-Zélandais engagés dans cette campagne infructueuse, 2 721 ont finalement péri, s’ajoutant à un bilan humain très lourd des deux côtés : entre 40 000 et 45 000 victimes ont ainsi été recensées dans les rangs alliés, contre environ 87 000 pertes ottomanes.

Le 25 avril est depuis devenu une journée de commémoration en Australie et en Nouvelle-Zélande, à la fois en souvenir des 60 000 Wallabies et des 18 000 Kiwis tués lors de la Grande guerre et, plus largement, en l’honneur des serviteurs de ces deux pays. Anzac Day est aujourd’hui marqué par de nombreuses cérémonies à travers toute l’Océanie, mais aussi à Gallipoli et même en France, où les Anzacs ont participé à la Libération. Les commémorations commencent avec des rassemblements dès l’aube, suivis du traditionnel gunfire breakfast, pour lequel on ajoute du rhum au café, comme le faisaient certains soldats avant la bataille. Cette journée, parfois considérée comme une occasion de s’interroger sur les fondements de l’identité néo-zélandaise, est également marquée par deux pratiques traditionnelles : le port de poppies à la boutonnière et la dégustation d’Anzac biscuits

Poppy...

Le vendredi précédant Anzac Day est appelé Poppy Day en Nouvelle-Zélande. A cette occasion, la Returned Services’ Association (RSA), une association d’aide aux vétérans de guerre, vend des coquelicots en papier à des centaines de milliers de Néo-Zélandais, qui les portent alors pendant quelques jours, en signe de souvenir (les coquelicots des Flandres sont associés au sang des victimes sur les champs de bataille). En Australie, on préfère garnir sa boutonnière de brins de romarin, car les poppies sont portés à un autre moment de l’année, aux alentours du 11 novembre, pour fêter l’armistice – une pratique partagée par toutes les autres nations du Commonwealth. Pourquoi la Nouvelle-Zélande est-elle alors la seule à associer Poppy Day et Anzac Day ? La raison remonte à un petit « couac » survenu en 1921 dans l’organisation des célébrations de l’armistice : le navire censé approvisionner la Nouvelle-Zélande en coquelicots français étant arrivé trop tard pour les cérémonies, la RSA avait été obligée d’organiser son Poppy Day l’année suivante, quelques jours avant Anzac Day. Ou comment une tradition naît par la faute d’un navire français… :)

Anzac biscuits... (Crédits photo: Tristan Ferne, Creative Commons license)

Anzac biscuits

Quant à eux, les Anzac biscuits sont dégustés à la fois par les gourmands néo-zélandais et australiens, malgré une querelle opposant les deux pays sur la délicate question de la nationalité de l’inventeur de ces biscuits ! Nourrissants, résistants aux chocs et réputés pour leurs qualités de conservation, les Anzac biscuits faisaient partie de ces aliments que les femmes envoyaient aux soldats durant la Première Guerre mondiale et qui restaient comestibles au terme du long voyage en bateau. On parlait initialement des Soldiers’ Biscuits, avant que ceux-ci ne soient renommés Anzac Biscuits en 1915, année du débarquement à Gallipoli. Les soldats eux-mêmes en auraient confectionnés durant la guerre, à partir des ingrédients qu’ils avaient sous la main : de l’eau, du sucre, de l’avoine et de la farine… Maintenant, à vos fourneaux !

Pour plus d’infos sur Anzac Day (en anglais), c’est par ici… et par !

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Antoine de Maximy ira dormir chez les Kiwis !

C’est la bonne nouvelle du jour : à bientôt 50 ans, le célèbre globe-squatteur Antoine de Maximy s’apprête à faire son retour sur France 5, avec une nouvelle fournée d’épisodes pour la géniale série documentaire « J’irai dormir chez vous » ! Et c’est la très bonne nouvelle du jour : parmi les pays à découvrir au cours de cette dernière saison figure… la Nouvelle-Zélande !!! (Youhouuuuu !)

Ainsi, après s’être invité chez l’habitant dans plus de vingt pays du monde, Antoine de Maximy s’est enfin décidé à amener ses trois petites caméras (désormais en HD) du côté de la Nouvelle-Zélande, avec toujours le même leitmotiv : filmer ses rencontres avec la population locale et, tant qu’à faire, passer la nuit chez les gens !

L’épisode consacré à la Nouvelle-Zélande, d’une durée de 52 minutes, sera diffusé sur France 5 le samedi 9 mai à partir de 15h58. D’ici là, vous pourrez vous échauffer en allant à Cuba le 25 avril et au Mexique le 2 mai…

Allez, J-18, tenez bon, ça s’annonce grandiose !

En guise de mise en bouche, je vous propose de regarder cette brêve interview réalisée avec Antoine de Maximy le 21 janvier dernier, alors que celui-ci se trouvait justement en Nouvelle-Zélande…

Top of the Kiwi Pops: Bic Runga

Bic Runga (Creative Commons license: Richard Thomas)

Le meilleur pour la fin ! Après avoir braqué les projecteurs sur Ladyhawke et The Veils, je couronne aujourd’hui Bic Runga, mon coup de coeur musical « made in NZ »… Don’t miss it!

Depuis le début du mois, je vous bassine avec mes musiciens kiwis. Souvenez-vous, ça a commencé en mode électro avec la jeune Ladyhawke, puis ça a continué tout en mélancolie avec The Veils… Certains ont écouté, d’autres pas : vous avez tous des emplois du temps chargés et vous n’avez peut-être pas pris le temps de laisser ces airs néo-zélandais chatouiller vos oreilles. Allez, ce n’est pas grave, vous trouverez bien quelques minutes pour vous rattraper… Ce qui serait grave, en revanche, c’est de passer à côté du vainqueur de mon Top 3, que je vous présente aujourd’hui : Bic Runga. Donc, sans plus attendre, clique ici (j’y tiens tellement que j’en viens à te tutoyer !) pour découvrir Birds, le troisième opus de la plus grande chanteuse néo-zélandaise de tous les temps

Bic Runga (prononcez Bec Runga), c’est sans doute LA star de la chanson en Nouvelle-Zélande. Née en 1976 d’une mère malaisienne et d’un père maori, Briolette Kah Bic Runga a sorti son premier album solo en 1997, sous le titre Drive. Le succès est immédiat, Drive entrant directement à la première place des charts NZ ! Elle passe la seconde en 2002 avec Beautiful Collision, qui la propulse à nouveau en haut de l’affiche ! Jamais deux sans trois, la jeune chanteuse retrouve cette position de numéro 1 en 2005, pour la sortie de… Birds (c’est bien, y en a qui suivent :p). En 2006, elle profite de sa tournée mondiale pour ajouter Elton John et Jimmy Page (de Led Zeppelin) à sa liste de fans, ainsi que la Reine d’Angleterre qui lui attribue le « New Zealand Order of Merit ». Enfin, après avoir vécu quelques années aux États-Unis, puis à Paris et à Londres, Bic Runga retourne vivre dans sa ville natale : Christchurch

Auréolé de quatre Victoires de la musique en 2006 en Nouvelle-Zélande (dont Meilleur Album et Meilleure Artiste féminine), l’album Birds est considéré comme le chef-d’œuvre de Bic Runga. On y découvre un style assez jazzy, très pur, avec une instru soignée et souvent réduite à l’essentiel ; une rythmique particulière, relativement saccadée et surtout très leeeeeeente, zeeen, à l’image de la Nouvelle-Zélande, ce pays où il paraît qu’on prend le temps de vivre ; et une voix, mon Dieu, UNE VOIX exceptionnelle, fascinante, envoûtante, pénétrante, douce, cristalline… ahhh… :)

Bic Runga nous régale d’une musique ô combien relaxante, qui démarre par un chuchotement et s’étire au ralenti, comme sur le somptueux Birds, morceau d’ailleurs lancé par ces mots : « Take your time »… Il y a des guitares, du piano, des violons, parfois des cuivres, de la harpe, de l’harmonica… On aime la justesse des choeurs, les petites touches de sirtaki sur Birds, de blues sur No Crying No More et Ruby Nights, et même de chanson française sur Blue Blue Heart. Et surtout on adore cette voix aérienne, suspendue à un fil et mise en beauté sur des morceaux quasi a capela comme Say After Me et Captured

Allez, prenez un peu de temps pour savourer ce bijou… Et n’hésitez pas, venez laisser votre réaction à la suite de cet article, en commentaire !

That’s alright
That’s alright just
Take your time to find
What it is you’re looking for

Pour les amateurs de lives, voici le morceau Say After Me, chanté à Londres…

Voilà, c’est fini pour ce Top of the Kiwi Pops ; j’espère qu’il vous a permis de faire d’intéressantes découvertes musicales ! Évidemment, la scène néo-zélandaise ne se limite pas à ces trois artistes, et le meilleur reste peut-être encore à découvrir ! Donc n’hésitez pas non plus à aller tendre l’oreille du côté de…

Cut Off Your Hands (Pop)

Evermore (Indie Rock)

Hollie Smith (Soul et Celtique)

Liam Finn (Pop expérimentale)

The Black Seeds (Reggae)

… et tant d’autres, à découvrir petit à petit sur Le Pari Kiwi !

Top of the Kiwi Pops: The Veils

The Veils (Creative Commons license: Maryanne Ventrice)Après avoir décerné une médaille de bronze la semaine dernière à Ladyhawke, je continue mon classement des découvertes néo-zélandaises en levant le voile sur… The Veils !

« Waw, un article consacré aux Veils cette semaine, quel bon timing ! », pourront penser certains. C’est vrai, Sun Gangs, le troisième album de la bande à Finn Andrews, est sorti mardi 7 avril, il y a quatre jours donc. Quatre jours au cours desquels j’aurais pu écouter, ré-écouter et – soyons fous – ré-ré-écouter ce nouvel opus des Veils… Eh bien non, je n’en ai pas eu le temps. A vrai dire, je n’en ai pas eu l’envie non plus, puisque je tenais de toute façon à vous présenter The Runaway Found, le premier album du groupe, qui remonte à 2004.

Ce premier album « était douloureusement autobiographique et très préoccupé par la perte », se souvenait Finn Andrews lors d’une interview donnée en 2007, à l’occasion de la sortie de Nux Vomica, leur deuxième CD. Vous voilà prévenus, The Runaway Found n’est pas une partie de rigolade. La voix fragile et déchirante du chanteur y est en harmonie avec des paroles qui elles aussi évoquent le chagrin, la solitude, la mort, la guerre et l’amour… forcément déçu. Pour autant, un certain bonheur se dégage de ces dix morceaux : un « bonheur d’être triste », pour reprendre les mots de Victor Hugo dans sa superbe définition de la mélancolie. Du bonheur, voilà tout ce que je vous souhaite à l’écoute de cet album !

Pochette "The Runaway Found", The Veils

Parmi ses influences, Finn Andrews cite Tom Waits, Patti Smith, David Bowie, Leonard Cohen, Jeff Buckley ou encore Bob Dylan. Personnellement, si j’avais eu à deviner les ingrédients de The Runaway Found, j’aurais plutôt mentionné du Coldplay, du Radiohead, du Oasis, du Muse et des pincées de Strokes, de U2 et même de Babyshambles !

  • Du Coldplay, pour cette ambiance quasi-spatiale et ce rythme planant dans Talk Down The Girl, et pour ces guitares si particulières que l’on retrouve aussi dans le magnifique The Leavers Dance
  • Du Radiohead, pour ce même The Leavers Dance avec ses airs de No Surprises, mais avant tout pour l’éblouissant Guiding Light
  • Du Oasis, pour More Heat Than Light, dont les frères Gallagher – surtout Liam – semblent s’être très fortement inspirés pour écrire et chanter The Shock of the Lightning… (Écoutez, la ressemblance est vraiment impressionnante !) Noel Gallagher, lui, est plutôt à retrouver en train de nous chuchoter un Don’t Look Back in Anger dans Talk Down The Girl
  • Du Muse, forcément, pour ce côté mélancolique tout au long de l’album…
  • Mais aussi du Strokes (The Wild Son des Néo-Zélandais rappelle par moment le refrain de The End Has No End des New-Yorkais), du U2 (sur l’intro de Guiding Light) et du Babyshambles (The Tide That Left And Never Came Back évoquera aux amateurs de Pete Doherty le célèbre You Talk) !

Lancez-vous, laissez-vous séduire par ces mélodies, reposez-vous sur ces rythmiques coulantes, dansez un slow sur le quasi-symphonique Lavinia et, vous aussi, succombez à la mélancolie de The Runaway Found ! Et comme d’habitude, laissez moi des commentaires pour partager vos impressions et lancer des discussions enflamées ! Merci ! :)

Avis aux amateurs, les Veils seront de passage à La Maroquinerie, à Paris, le mercredi 29 avril prochain. Leur seule date en France, à ne pas manquer donc !

En attendant, voici le clip de Calliope, extrait du deuxième album des Veils. Enjoy!

Enfin, petit message personnel pour souhaiter un bon anniversaire à Blandine, future expatriée en Nouvelle-Zélande elle aussi… Happy birthday! ;)

Top of the Kiwi Pops: Ladyhawke

Ce mois-ci, je vous présente trois artistes néo-zélandais que j’ai découverts sur Internet. En troisième position, merci d’applaudir une des révélations électro de l’automne dernier… Ladyhawke !

Du trio que je m’apprête à mettre en avant, Ladyhawke est sans doute la plus connue. Ce n’est pas une star, non ; vous ne l’entendez pas sur les ondes à longueur de journée et son nom ne vous dit peut-être même rien du tout ! Mais il faut savoir que cette jeune Kiwi (26 ans) commence à se faire un petit nom chez nous autres Froggies, grâce au double buzz dont a bénéficié son premier album, Ladyhawke, sorti dans les bacs français en septembre 2008…

C’est Karl Lagerfeld d’abord, l’homme aux 70 iPods, qui a braqué le premier projecteur sur elle, en reprenant son titre Paris is Burning à l’occasion du défilé Chanel Printemps-Été 2009. C’est Le Grand Journal de Canal+, ensuite, qui l’a fait sortir des milieux hype de la mode pour lui offrir une audience nationale, utilisant durant deux semaines d’octobre ce même Paris is Burning pour les « coming-nexts » de l’émission. Un démarrage tonitruant donc, même si le soufflé est retombé depuis…

Qui est donc cette Ladyhawke ? De son vrai nom Phillipa Brown, elle vient de la petite ville néo-zélandaise de Masterton, située dans le sud de l’Île du Nord, près de la capitale Wellington. Après s’être forgée une solide réputation dans son pays ainsi qu’en Australie au sein de différentes formations, elle a  récemment choisi de s’installer à Londres, lassée par les longs voyages en avion qu’elle devait faire pour rejoindre le reste de son équipe en Angleterre ! Une petite infidélité à son pays d’origine dont je ne lui tiendrai pas rigueur, au moment de vous présenter son album, joyeux mélange d’électro, de pop et de sonorités made in the 1980s… Pour l’écouter en même temps, cliquez ici et lancez le premier morceau !

Ladyhawke (Creative Commons license: Lewis Chaplin)

Ladyhawke s’ouvre sur le très prometteur Magic, tout en rythme, avec des « claps claps » ultra-efficaces, des beats obsessionnels et une voix impeccable, pour un morceau qui reste l’un de mes préférés sur le CD. C’est d’ailleurs, souvenez-vous, la bande-son que j’avais choisie pour accompagner ma vidéo de lancement, dans mon premier billet !

Suivent ensuite Manipulating Woman, au rythme plus saccadé, et My Delirium, tube entièrement construit autour d’un refrain efficace, dont les accords ne sont pas sans rappeler le Can’t Stop des Red Hot Chili Peppers. Les petits sons de clochette et la touche Texas sur Better Than Sunday puis Another Runaway font alors la transition avant trois titres très réussis, chacun dans leur genre…

Ça commence avec  Love Don’t Live Here, astucieuse juxtaposition de grosse guitare rock et d’envolées planantes, aériennes, tout en douceur. Ça continue avec Back of the Van, énorme clin d’oeil aux Girls Want to Have Fun de Cyndi Lauper, agrémenté d’un refrain qui ne peut que vous rentrer dans la tête (« you set me on, you set me on, you set me on fire » répété douze fois, forcément, on s’en souvient !). Ça se termine avec le fameux Paris is Burning, l’un des morceaux les plus électro de l’album, où alternent rythmique d’automate et refrain libérateur… avec le succès que l’on sait ! Un morceau écrit au lendemain de la première visite de « Pip » Brown à Paris : « tu sais, quand tu viens d’un pays aussi nouveau que la Nouvelle-Zélande, voir une ville comme Paris, qui est si chargée d’histoire et  si magnifique, ça m’a bouleversé », se souvient l’artiste…

L’électro continue à l’emporter sur Professional Suicide et sur le bijou Dusk Till Dawn, morceau très bref mais très abouti, à savourer sans modération, avant de passer à Oh My et Crazy World, plus convenus à mon goût. Le feu d’artifice final a pour nom Morning Dreams, où la rythmique se taille à nouveau la part du lion, tout en laissant l’appaisante voix de Ladyhawke nous ramener sur terre… Fin d’un beau voyage, assurément.

Amis musiciens ou simples musicophiles, j’attends vos impressions ! A vous de jouer !

En attendant, et à défaut d’interview – je l’ai ratée de peu lors de son passage à Paris en février -, voici Paris is Burning… en version française ! So sweet !