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The End: Le Pari Kiwi tire sa révérence

Je suis rentré en France ce mardi. Mon aventure néo-zélandaise étant terminée, l’heure est venue de mettre un point final à ce blog… Soyez indulgents, ceci est ma première nécrologie.

Un maillot des All Blacks, un t-shirt « Sweet As », des tessons de bière Tui, un petit drapeau néo-zélandais, des tikis maoris, un dessous de verre du Sullivans Pub… Mais aussi des colliers de coquillages polynésiens, une serviette de plage Hinano Tahiti, des gravures mélanésiennes, une statuette thaïlandaise, un petit boomerang australien…  Dis-moi quels souvenirs tu as rapportés, et je te dirai quelle fut ton année à l’étranger ? Il y a sans doute un peu de cela. Certains de ces objets-souvenirs ont été achetés en tant que tels, pour garder une trace d’un passage dans tel ou tel endroit. D’autres ont une saveur plus particulière, parce qu’ils ont été offerts ou simplement parce qu’ils sortent de l’ordinaire des gift shops, avec une anecdote derrière eux. Dans quelques temps, la contemplation de ces objets permettra de se rafraîchir la mémoire et se replonger dans cette année néo-zélandaise. Mais bon, le matérialisme a ses limites. L’objet-souvenir est avant tout l’avatar du touriste. Le voyageur, lui, ramène des histoires.

Si elle a eu quelques parenthèses touristiques, mon année à l’autre bout du monde a surtout été un voyage – mon premier hors d’Europe. J’y ai vécu des moments forts, certains racontés sur ce blog, d’autres pas. Une après-midi à discuter avec des jeunes moines thaïlandais, une soirée en plein hiver au cœur de la Nouvelle-Zélande dans des sources d’eau chaude, un week-end de reportage dans une tribu kanak, deux jours à préparer un repas traditionnel maori… Cette année aura aussi été l’année des baptêmes : de ski, de canyoning, d’équitation et même de l’air !

Nouméa-Auckland, un de mes 19 vols de l'année

J’étais à l’étranger pour deux semestres d’échange à la University of Canterbury. Sans surprise, c’est à Christchurch que j’ai passé le plus de temps cette année. 12h de cours par semaine, à apprendre quelques mots de maoris, à me plonger dans la vie politique de la Nouvelle-Zélande et des pays du Pacifique, à remonter les couloirs de l’histoire locale… Une immersion avec les étudiants néo-zélandais, ces représentants de la no worries attitude, jamais frileux quand il s’agit de venir à la fac en skate, en shorts et en tongs (voire pieds nus !). Un rapport différent avec les professeurs, qui se font appeler par leur prénom. Et puis de nombreuses journées à s’offrir du bon temps, dans les résidences du campus, dans les bars de la ville, sur les routes du pays. Le tout avec des amis de toutes origines : kiwis, américains, britanniques, français, allemands, saoudiens, malaisiens…

Trois belles cerises sont venues s’ajouter sur ce gâteau, entre novembre et février. D’abord, un mois à Tahiti, pour un stage dans un journal local. Une expérience journalistique passionnante, à couvrir une nouvelle crise politique polynésienne, mais aussi une belle aventure humaine, à découvrir le mode de vie tahitien et à nouer des liens avec mes collègues et de la famille vivant sur place. Puis, un mois en Nouvelle-Calédonie, pour un nouveau stage. Une actualité moins mouvementée, mais du coup plus de temps pour découvrir les merveilles du Caillou et de ses îles. Et encore une rédaction très sympathique. Enfin, deux semaines en Thaïlande, chez une amie de Sciences Po. Un choc culturel encore plus fort que dans le Pacifique, avec cette fois-ci l’obstacle de la langue ! Des souvenirs en pagaille, à l’arrière des moto-taxis de Bangkok, au milieu d’une manifestation des « chemises rouges » ou à la terrasse du café de la prison pour femmes de Chiang Mai. Trois cerises, et même un peu de sucre glace, avec dix jours de road-trip en Australie, le pays des kangourous kamikazes…

Au milieu d'un sit-in des "chemises rouges" à Bangkok

Le Pari Kiwi a joué un rôle important dans mon année à l’étranger. Vous avez pu m’y suivre dans ma préparation de mon voyage et sur chacun de mes 19 vols à travers le monde. 69 articles, 23 albums photos, 28 vidéos ; j’espère qu’il y en a eu pour tous les goûts ! En un peu plus d’un an, Le Pari Kiwi aura reçu 35 000 visites, venant des six continents (dont une base scientifique française en Antarctique !). Plus important à mes yeux, 273 commentaires sont venus renforcer l’intérêt des mes posts, avec généralement beaucoup de gentillesse. Ma boîte leparikiwi sur hotmail m’a également permis d’avoir des échanges très intéressants sur la Nouvelle-Zélande, aussi bien avec des personnes préparant leur voyage qu’avec des étudiants ou de simples curieux. Enfin, sur Facebook, les 170 abonnés à mon groupe ont pu recevoir ma newsletter mensuelle et ainsi rester à jour avec mes articles.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi durant cette année et ont contribué à leur façon à en faire une aventure mémorable. Une pensée particulière à mes parents et à tous ceux qui ont dû me supporter au cours des douze derniers mois ! J’ai pris beaucoup de plaisir à animer ce blog et à partager mes aventures avec vous ; j’espère que ce fut réciproque ! L’aventure parikiwiste s’arrête là, mais le blog restera ouvert aussi longtemps que possible, pour permettre à ceux qui le souhaitent de s’y (re)plonger. Voilà, c’était mon premier blog, il y en aura peut-être d’autres. A mon retour à Paris, je vais intégrer l’Ecole de journalisme de Sciences Po. Retour au métro-boulot-dodo. Avec des souvenirs pleins la tête !

Que diriez-vous d’un petit sondage-photo pour terminer ? J’ai sélectionné 10 de mes photos préférées prises lors de cette année ; à vous de voter pour votre favorite ! Merci pour votre participation :-)

1. Le calme des jardins botaniques de Christchurch.

Des bancs qui attendent leurs promeneurs.

Une lumière qui se reflète sur les herbes hautes.

2. Le soleil se couche sur la baie de Sumner.

Une bouée qui défie le courant,

et un oiseau qui survole le paysage.

3. Vue sur les Port Hills de Christchurch.

Un rayon de soleil perce les nuages.

Des airs irlandais.

4. Jour de tempête à Kaikoura.

Ciel menaçant

et sommets enneigés.

5. Coucher de soleil en Nouvelle-Calédonie.

Le parallélisme des vagues et des nuages

défié par les derniers rayons.

6. Deux jeunes moines thaïlandais.

Deux touches de couleur.

Et un oeil doré.

7. Une marchande à Bangkok.

Moment de vie quotidienne.

Léger flou artistique.

8. Sur la plage de Moeraki.

Un tableau signé Dame Nature.

Un rocher ou un globe ?

9. Soirée au lac de Te Anau.

Douceur de la lumière.

Un canard à la traîne.

10. Il n’y a pas que des surfeurs en Australie.

Il n’y a pas que des kangourous en Australie.

Il n’y a pas que des déserts orange en Australie.

Anniversaire : Le Pari Kiwi souffle sa 1ère bougie !

Que faisiez-vous le 14 mars 2009, en début d’après-midi ? Moi, j’étais à la bibliothèque de Sciences Po, en train de mettre ce blog en ligne. Un an plus tard, Le Pari Kiwi est toujours là !

Ne le ratez pas : c’est son premier et dernier anniversaire ! Il y a tout juste un an naissait Le Pari Kiwi, un blog haut comme trois kiwis destiné à vous emmener au bout du monde, en Nouvelle-Zélande. Souvenez-vous, ça a commencé comme ça…

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et près d’une soixante d’articles s’est déversée sur ce blog. Vous avez pu découvrir des artistes comme Ladyhawke, Bic Runga ou The Veils, prendre des cours d’histoire sur le traité de Waitangi, Anzac Day ou les radios pirates, balbutier vos premiers mots de Maori, apprendre à préparer un repas traditionnel maori, vous passionner (ou pas) pour du cricket, savourer des publicités made in NZ… Je vous ai fait voyager à travers le pays, aussi bien en road-trip sur l’Île du Sud qu’en rando dans les montagnes ou en balade à la plage. Et je vous ai emmené dans mes bagages à Singapour, Tahiti, Nouméa, Brunei et en Thaïlande

Mais qu’avez-vous retenu de tout cela ? Vos connaissances sur la Nouvelle-Zélande se sont-elles améliorées depuis l’année dernière ? Pour tester votre science, je vous propose de jouer à un quizz fait-maison : Le Pari Kwiz (hoho!), accessible en cliquant ici. Facile ou difficile ? A vous de me le dire !

Je vous invite également à profiter de cette occasion un peu particulière pour me faire part de vos remarques, critiques, suggestions et de vos envies pour ces quatre derniers mois. La fin approche pour Le Pari Kiwi, alors autant faire en sorte que ce soit une belle mort ! Et pour ceux qui ne l’aurait pas déjà fait, n’hésitez pas à rejoindre mon groupe Facebook, avec une newsletter mensuelle à la clé…

A l’affiche : « Les Vacances du Pari Kiwi »

Ca y est ! Pour la deuxième fois de l’année, me voilà en vacances d’été ! La rentrée est  prévue le 22 février, ce qui me fait trois mois et demi de congés à occuper. Demandez le programme…

C’est l’un des gros avantages que l’on a quand on passe sa 3A dans l’hémisphère sud : les deux semestres d’études sont séparés par de longues vacances d’été, s’étendant de novembre à février ! En rêvant à mon année chez les Kiwis il y a quelques mois, je pensais beaucoup à ces fameuses vacances, et à comment je pourrais en profiter pour découvrir la Nouvelle-Zélande, en long, en large et en travers. Je me voyais déjà faire les vendanges, cueillir des kiwis, découvrir le woofing, enchaîner les backpackers, faire du stop au milieu de nulle part… Finalement, tout cela n’aura pas lieu. Pour la simple raison que, d’ici le 9 février, mes jours de présence en Nouvelle-Zélande se compteront sur les doigts d’une main : quatre – entre deux avions internationaux à Auckland !

Où donc se délocalisera Le Pari Kiwi ? Dans le Pacifique d’abord, en Asie ensuite. Première étape, dès demain : la Polynésie française, sur l’île de Tahiti. J’y serai avant tout pour un mois de stage au sein de la rédaction des Nouvelles de Tahiti. Mais j’en profiterai aussi pour découvrir et vous faire découvrir ce petit bout de France pas comme les autres… Tahiti évoque certes des paysages paradisiaques, mais ce n’est certainement pas que cela ; j’essayerai donc d’en savoir plus sur les « coulisses » du paradis.

Puis, juste avant Noël, après une nuit à Auckland, départ pour un nouvel archipel de rêve : la Nouvelle-Calédonie. Là encore, le plus clair de mon temps sera pris par un stage de journalisme, pour le compte des Nouvelles Calédoniennes cette fois-ci. Mais là encore, j’essayerai de ne pas passer tous mes week-ends dans un hamac, histoire quand même de voir à quoi ressemble la vie sur place et pourquoi pas de tenter quelques comparaisons avec la métropole et Tahiti. Tout comme en Polynésie française, la culture indigène semble très présente ; le choc culturel s’y annonce donc important – et intéressant !

Troisième étape des vacances du Pari Kiwi : la Thaïlande. De la fin janvier à la mi-février, je rejoindrai une amie de Sciences Po étudiant actuellement à Bangkok, et je découvrirai avec elle la vie quotidienne au sein de la « cité des anges ». Comptez également sur moi tenter de partir explorer la Thaïlande « profonde », loin de l’agitation de Bangkok et sans doute plus près de la vie traditionnelle asiatique. Jusque là, ma seule expérience de l’Asie se résume à quelques heures passées à Singapour, j’ai donc hâte d’en savoir un peu plus sur ce continent !

Enfin, le 10 février, ce sera l’heure du retour à Christchurch. Des activités plus ou moins réjouissantes m’y attendront : recherche d’un nouveau logement pour le semestre, inscriptions à la fac, et surtout une semaine de vadrouille dans le sud de l’Île du Sud, avec mes parents, à la découverte notamment de Dunedin et du Fiordland ! Il va falloir être patient pour réentendre parler de Nouvelle-Zélande sur ce blog, mais je pense que cela vaudra le détour : j’ai souvent entendu dire que le Fiordland était la principale merveille naturelle néo-zélandaise…

Tout au long de ces trois mois, je compte sur votre fidélité, sur vos commentaires, sur vos questions. Ne l’oubliez pas : blog = interactivité ! Cet espace est le vôtre. A très bientôt !

Bilan : Quatre mois dans la peau d’un Kiwi boy…

Cela fait tout juste quatre mois que je suis arrivé en Nouvelle-Zélande. A la veille des vacances d’été, je fais le point sur le premier tiers de mon aventure à l’autre bout du monde…

Pour ceux qui prendraient le train en marche, cela fait quatre mois que je suis à la University of Canterbury, dans le cadre de ma 3e année d’études à Sciences Po Paris (année dite « à l’étranger »). La Nouvelle-Zélande se trouvant dans l’Hémisphère Sud, les saisons sont inversées, tout comme le calendrier universitaire : le premier semestre commence fin février et se termine fin juin, le second semestre s’étend lui de mi-juillet à mi-novembre. Je suis arrivé à Christchurch le 4 juillet, j’y ai fait ma rentrée le 13 juillet, j’ai eu deux semaines de vacances de « février » du 22 août au 6 septembre, et maintenant je m’apprête à entamer trois mois et demi de vacances d’été. Je vous raconterai mes projets de vacances la semaine prochaine ; pour l’heure, retour sur ces quatre premiers mois chez les Kiwis…

Un premier constat : si la Nouvelle-Zélande est le pays le plus éloigné de la France, c’est seulement en termes de kilomètres. Pour le reste, comme dans l’Hexagone, le mode de vie est très occidental, avec des influences britannique et américaine omniprésentes – et même une touche de françitude. La culture maorie a beau être largement reconnue, elle est loin de modeler la société néo-zélandaise, particulièrement sur l’Île du Sud. Bref, que les aventuriers pantouflards se rassurent, il n’y a pas de gros choc culturel à craindre (ou espérer ?) en Nouvelle-Zélande. Je me suis rapidement adapté à mon nouvel environnement, retrouvant mon petit confort moderne, et remplaçant au passage les pigeons du boulevard Saint-Germain par les canards des Ilam Gardens.

Ilam Gardens (University of Canterbury)

Ma vie d’étudiant en Nouvelle-Zélande a quand même été, jusque là, différente de ce que j’ai pu connaître en France ces deux dernières années. Principale nouveauté : la vie de campus. La University of Canterbury se situe un peu à l’écart du centre-ville de Christchurch, sur un campus de 76 hectares, avec son propre complexe sportif, son centre de santé, sa librairie, ses restaurants, ses cafets, son pub, son agence bancaire, son agence de voyage, son coiffeur, sa pharmacie, etc. S’ils le souhaitent, les étudiants ont la possibilité d’être logés dans l’un des cinq halls of residence situés sur le campus – ce que j’ai fait ce semestre. Amis sédentaires, ceci est votre paradis : il est tout à fait possible d’y passer son année sans mettre le moindre pied hors du campus… (Carte : en bas à gauche, ma « cité U », sur Homestead Lane. En haut à gauche, les terrains de rugby. En bas à droite, le centre sportif. Et entre University Drive et Creyke Road, la partie principale du campus.)

Cette vie de campus a ses avantages et ses inconvénients, qui contribuent chacun dans leur style à en faire une expérience très intéressante. Principal avantage, le campus est bon pour votre vie sociale : quand il faut une heure pour se retrouver entre amis à Paris, il ne faut qu’une… minute pour le faire ici ! Pas de temps perdu dans le métro, il vous faut juste enfiler vos chaussures (ou pas), sortir de votre appartement, monter ou descendre quelques marches, et vous y êtes : apéro ! Et si vous trouvez que l’ambiance dans votre appart n’est pas terrible, no worries, allez toquer à la porte d’un des apparts voisins, vous y trouverez forcément des têtes connues. A l’inverse, principal inconvénient, le campus ne vous incite pas à sortir de votre bulle étudiante. Puisque vous avez tout à portée de main, vous n’avez pas tellement intérêt à payer $2.10 de bus pour aller en ville. Du coup, vous y allez peut-être une fois par semaine, le week-end. Dommage…

Dommage, oui, car Christchurch est une ville assez vivante. En soirée, elle peut paraître un peu déserte, mais il suffit de connaître les bons spots : Poplar Lane et surtout Sol Square sont deux ruelles très sympas pour quelques social drinks, tandis que Manchester Street est à conseiller pour les amateurs de clubbing et aussi de pubs irlandais (le Sullivans se vante d’avoir le plus grand verre de bière au monde). Christchurch propose par ailleurs une vie culturelle active : pêle-mèle, je me suis rendu à l’International Film Festival, à l’Arts Festival, au Body Festival, à un spectacle d’improvisation au Court Theater, à une représentation de La flûte enchantée à l’Isaac Theater Royal, et j’ai encore beaucoup à découvrir. Au rayon balades, le centre-ville n’a pas beaucoup de charme, donc mieux vaut se reporter sur les jardins botaniques, sur les plages de New Brighton et Sumner ou sur les collines environnantes. Et, dès que possible, s’échapper dans la campagne néo-zélandaise…

Sur les hauteurs de Christchurch

C’est véritablement en sortant des villes que l’on se rend compte de la beauté de la Nouvelle-Zélande. C’est parfois même un peu trop facile : cette beauté n’essaye pas de se faire désirer, en se cachant dans des « bons coins » par exemple ; non, elle s’offre à vous à chaque endroit, sans rechigner, dans un acte totalement gratuit, « plaisir d’offrir ». Ainsi, que ce soit en partant en rando dans les Alpes du Sud, en visitant Akaroa ou en chaussant les skis à Mount Hutt, j’ai été impressionné par la majestuosité et la pureté des paysages de l’Île du Sud. J’ai aussi eu la chance de partir pour une semaine de road-trip dans le nord de l’Île du Sud, il y a deux mois de cela ; j’y ai découvert une autre richesse des landscapes kiwis : leur diversité. De la plage de galets de Greymouth à la plage de sable doré de Kaiteriteri, des sommets enneigés d’Arthur Pass à l’eau transparente de l’Abel Tasman National Park, du soleil de Nelson à la tempête de Kaikoura, de la forêt vierge de la West Coast aux vignobles de Blenheim, tout, tout, tout, vous trouverez tout chez les Kiwis !

Et les études, ça se passe bien ? Très bien, ma foi. Là encore, changement de style par rapport à la France : de 24h de cours par semaine à Paris, je suis passé à moins de 12h hebdomadaires. Une charge de travail bien moins élevée donc, ce qui m’a fait un bien fou. Je suis content des cours que j’ai choisi, j’ai eu des bonnes notes sans avoir trop d’efforts à fournir, et surtout j’ai profité du climat de zénitude regnant sur le campus : ici, on vient en cours en vélo, en skate, en tongs, en pantoufles, et même pieds nus ; bref on ne se complique pas la vie, on prend son temps, on respire. Les professeurs se font appeler par leur prénom, et certains annulent même leur dernier cours pour vous laisser le temps de vous déguiser pour la fête de fin d’année ! Sweet as!

"Tea Party" à la University of Canterbury

Vous l’aurez compris, mon bilan jusque là est largement positif. J’ai rencontré des étudiants du monde entier (des Américains, beaucoup d’Américains, mais aussi des Allemands, des Saoudiens, des Chinois…) et je me suis fait des amis s’intéressant à toutes sortes de disciplines, de l’ingénierie à la sylviculture en passant par la biologie et le français. Même si les conversations « made in Sciences Po » me manquent parfois un peu, cela fait du bien de s’ouvrir à d’autres univers ! Parmi les points négatifs – car il y en a forcément quelques uns -, je mentionnerais mes progrès trop timides en anglais, dus selon moi à une utilisation encore quotidienne du français, lors de discussions avec les quelques Français de la fac ou lors de mes connexions sur le web, si bien que je pense encore en français. J’ai également fait très peu de sport au cours de ce semestre, je vais tout faire pour me reprendre au prochain semestre (basket-baaaaaall!). Enfin, cette immersion pas tout à fait totale dans la société néo-zélandaise est assez frustrante, même si je sais que cela ne pourra jamais être parfait…

Un petit mot sur ce blog pour finir. Je me suis efforcé d’y publier au moins un article par semaine, avec succès. Mes statistiques me montrent que je reçois près d’une centaine de visites par jour, ce qui est selon moi un joli score pour un blog consacré à la Nouvelle-Zélande – et surtout une belle preuve de fidélité de votre part, donc merci beaucoup ! Mon groupe sur Facebook augmente d’une semaine à l’autre, ce qui là encore me fait très plaisir (d’ailleurs, n’hésitez pas à le rejoindre si vous voulez recevoir la newsletter mensuelle). Merci également pour vos commentaires et vos mails, auxquels je m’efforce de répondre un maximum. Maintenant, je dois avouer que je ne suis qu’à moitié satisfait de ma production sur ce blog. Je dois avoir une dizaine d’articles commencés, mais jamais terminés et donc jamais publiés. J’aurais voulu vous proposer plus de rencontres, plus de vidéos, plus d’articles en lien avec l’actualité néo-zélandaise, pour vous aider à saisir les grands enjeux du pays. J’essayerai d’améliorer ça à l’avenir, tout comme j’essayerai d’être un peu plus actif sur le site Amphis d’@illeurs et, si l’occasion se présente, sur Rue 89. N’hésitez pas à me faire part de vos attentes pour la suite !

Dans tous les cas, merci à vous pour vos lectures et vos réactions, merci à Sciences Po pour cette formidable expérience, merci à ma famille et à mes amis pour m’avoir permis d’être là où j’en suis.

Quatre mois déjà que je suis en Nouvelle-Zélande, mais encore huit mois d’aventures à venir… Stay tuned!

Photos : Tout schuss (ou presque) à Mount Hutt

Mount Hutt

Dans ma liste des « must do » pour cette année en Nouvelle-Zélande, il y avait me mettre (enfin!) au ski. Depuis hier, c’est chose faite. Compte-rendu d’un novice ravi et même pas plâtré.

Qu’on se le dise, cette année sera l’année des baptêmes ! Après mon baptême de l’air effectué en juillet entre Paris et Christchurch, voilà que je viens de faire mon baptême de ski ! Pour faire simple, mon expérience de la montagne se résumait jusque là à quelques randos dans les Monts d’Arrée (384m d’altitude, attention !) et à une journée de luge à Winterberg, en Allemagne, lors d’un échange scolaire en classe de 5e. Me trouvant désormais en Nouvelle-Zélande, avec des pistes à à peine plus de 100 km de Christchurch, il était difficile de ne pas sauter sur l’occasion…

Pour être franc, je n’étais pas particulièrement enthousiaste en m’inscrivant à ce ski trip organisé par mon campus. J’avais certes des amis qui y allaient aussi, mais la perspective de passer une journée à tomber, déchausser, rentrer dans les gens, retomber, ne m’excitait guère. C’est le problème d’être un débutant : on ne maîtrise pas ce qu’on fait, et on est frustré de ne pouvoir accomplir ce qu’on souhaiterait. Mais il faut bien commencer, se lancer, tant bien que mal – ne serait-ce que pour l’avoir « fait ». Finalement, mis en confiance par près de 3h de leçons de ski, j’ai passé une très bonne journée sur les pistes néo-zélandaises, et j’espère bien y retourner avant mon départ !

Prosternation

Prosternation

Samedi matin, départ à 7h, arrivée sur les pistes peu après 9h30. Temps couvert tout du long du trajet, gros brouillard dans la montée menant à la station et, comme par miracle, ciel bleu sur les pistes à dominer les nuages, dans un petit paradis blanc coupé du monde. Ma première leçon a lieu à 10h20, dans un groupe d’une petite dizaine de beginners et sous la houlette du sympathique Jon, venu de l’Essex (Angleterre). Quelques petits exercices pour se familiariser avec le matériel puis direction la piste réservée aux novices pour y enchaîner les descentes : d’abord tenir debout, ensuite maîtriser sa vitesse, enfin s’essayer à de petits virages.

Deuxième leçon à 12h40, même groupe, même mono, même endroit. La confiance commence à arriver, les virages prennent forme, les chutes se font rares, on s’essaye même à un parcours à bosses – bon, sans succès… Jon nous fait alors ses adieux, et je fais les miens à la piste des débutants, quittant donc le magic carpet pour partir découvrir le téléski et le niveau supérieur. J’y vais avec Julia, l’une des rares frenchies de UC, qui a elle bien plus d’expérience sur les pistes. Elle compatie (et rigole) à mes nombreuses chutes en haut du parcours, vraiment plus challenging que mon regretté terrain d’entraînement. Mais je m’habitue petit à petit à cette nouvelle configuration, retrouvant confiance sur le final, malgré la fatigue. Un dernier tour sur le tapis roulant et une dernière descente pour le plaisir, avant de partir.

Toujours debout :)

Toujours debout :)

Je la redoutais cette journée, je l’ai adorée. Il faisait beau, chaud, les nuages s’en allant progressivement pour dévoiler les immenses plaines du Canterbury. Les leçons ont démontré leur utilité, idéales pour débuter et s’amuser avec d’autres novices. Et je suis sorti de cette initation sans le moindre bobo – enfin, si l’on considère que le plus gros coup de soleil de mon existence n’est pas un bobo ! ;) Le retour s’est fait avec le son des Beach Boys et des Beatles dans le bus, et la soirée a été la cerise sur le gâteau : combo Chinese sausage burger + frites + Sarsaparilla (nom d’un Schtroumpf!) chez Captain Bens, et magnifique victoire des All Blacks face à l’Australie pour le dernier match des Tri Nations (33-6). Sweet as…

→ Les photos : Vous l’imaginez bien, mon niveau ne me permet pas encore de prendre des photos en skiant – il faudra donc repasser pour les photos d’action ! De plus, ma batterie m’a lâché dans l’après-midi, au moment où je commençais à sortir mon appareil. Je vous invite quand même à découvrir quelques uns de mes clichés, couplés avec ceux de Julia, en cliquant ici !

→ En savoir plus sur Mount Hutt : le site officiel, la page Wikipedia, l’avis de 0800snow.co.nz.

Bits and pieces of NZ : Premières impressions…

Signs

Cela fait dix jours que je suis en Nouvelle-Zélande. Même si je n’ai pas encore vu beaucoup de moutons, j’ai fait quelques découvertes intéressantes, que je vous livre ici…

Alors, comme ça, Christchurch est la ville la plus anglaise hors du Royaume-Uni ? Vraiment ? Moi qui m’attendais à passer une année dans une ville « so British », j’avoue que ce n’est pas trop ça… On peut certes y retrouver des traces de l’époque coloniale, que ce soit dans l’architecture de la cathédrale, dans la culture du fish&chips, dans la conduite à gauche ou dans le nom des rues (Oxford Terrace, Manchester Street, etc.), mais on y sent surtout une forte influence américaine. Difficile notamment de passer à côté des enseignes Burger King, KFC ou Domino’s Pizza. Difficile surtout de passer à côté des innombrables cafés de la ville, qu’ils soient indépendants ou membres d’une chaîne comme Starbucks. Détail qui ne trompe pas, il m’a semblé voir davantage de cafés que de pubs à Christchurch : USA 1 – UK 0…  Du côté de Wellington, la capitale du pays, on m’a affirmé que la densité de cafés y est supérieure à celle de… New York !! D’un certain côté, me voilà rassuré : la Nouvelle-Zélande n’est pas une copie conforme de l’Angleterre…

Sa cathédrale, ses cafés...

Sa cathédrale, ses cafés...

Autre facteur de soulagement : le coût de la nourriture en Nouvelle-Zélande. Asseyez-vous, ça fait un choc… Question : Sachant qu’un dollar néo-zélandais vaut environ 0,45 euro et que le menu Big Mac est à 7,20 dollars NZ, combien de Big Macs pouvez-vous vous offrir à Christchurch pour le prix d’un Big Mac à Paris ? Réponse : Quasiment deux, pardi ! Encore plus fort, chez Pizza Hut, où les pizzas sont presque quatre fois moins chères qu’en France ! Pas convaincu ? Lisez la suite : à deux minutes de marche de ma chambre universitaire, se trouve le takeaway Captain Bens. Sa carte, relativement fournie, propose différents plats à emporter, allant du fish&chips aà diverses spécialités asiatiques. Le fish&chips en question coûte… 4 dollars NZ ! Et les portions sont gargantuesques !!!

Les prix sont gentils en Nouvelle-Zélande ; les gens aussi. Que ce soit au guichet d’une banque, à l’accueil de l’université ou aux caisses du supermarché, on vous salue avec un « Hello! How are you? », auquel il paraît normal de répondre, avant de poser la même question… Certains y verront peut-être un diktat du bonheur, vous forçant à répondre « ça va » même quand ça ne va pas, mais cela témoigne au moins d’une certaine convivialité au pays des Kiwis. Reste pour moi à trouver la bonne formule pour répondre à ce genre de questions… Autre exemple sur le thème de la gentillesse : les chauffeurs de bus. Quand vous montez à bord, le « How are you? » semble tout aussi courant. Surtout, quand vous descendez, vous remerciez et saluez systématiquement le chauffeur de bus, quitte à devoir « crier » depuis l’arrière du bus ! Jeunes ou plus âgés, tout le monde le fait…

Metro, en toute humilité...

Metro, en toute humilité...

@ Cet article a fait l’objet d’une publication sur le site Amphis d’@illeurs, à l’occasion de son lancement. N’hésitez pas à y faire une petite visite, ce projet est fantastique : http://www.amphisdailleurs.com

Singapour : J’irai taguer chez vous

Graf

Sur le chemin me menant à Christchurch, j’ai fait une escale de 12 heures à Singapour. J’en ai profité pour sortir de l’aéroport et partir à la découverte de cette ville hors du commun…

« Pour celui qui n’est jamais venu en Asie, Singapour est une porte d’accès en douceur au continent. » Voilà ce que j’ai pu lire sur l’écran de mon téléviseur, dans l’avion, dans les pages dédiées à Singapour. Cela me semblait cohérent avec ce que j’avais déjà entendu de Singapour : une ville-État moderne – voire artificielle -, aseptisée, riche, plus internationale qu’asiatique ; un territoire gouverné par un régime relativement autoritaire, où vendre du chewing-gum, traverser hors des passages cloutés ou ne pas tirer la chasse d’eau est puni par de fortes amendes ; un modèle politico-économique qui doit son succès à un accord entre un gouvernement paternaliste et une population consentante, avec d’un côté le renoncement à certaines libertés individuelles et de l’autre la garantie d’un certain niveau de vie ; une ville impersonnelle qui a sacrifié son héritage historique au profit des buildings et qui tente malgré tout de compenser avec ses différents quartiers ethniques.

Dans les faits, les choses se sont révélées autrement plus complexes. Certes, Singapour n’a sans doute pas grand chose à voir avec le bouillonnement désordonné des autres grandes villes d’Asie du Sud Est. Certes, Singapour parle anglais, paie en dollars et sert de hub au commerce international dans la région. Mais Singapour est atypique, Singapour est une curiosité architecturale, démographique, politique, Singapour m’a fasciné. Ce n’est peut-être pas l’Asie, mais ce n’est pas l’Occident non plus. Et j’y serais bien resté quelques jours de plus, le temps de découvrir quelques paradoxes de plus

The Civilian War Memorial

The Civilian War Memorial

Mon avion s’est posé sur l’aéroport de Singapour (Changi) peu avant 7h, heure à laquelle le thermomètre affichait déjà 26°C ! En effet, coincé entre la Malaisie et l’Indonésie, Singapour ne se trouve qu’à 136 km de l’équateur ; il y fait donc toujours chaud et humide, avec une température moyenne de 30°C. Heureusement, l’arrivée s’est fait en douceur, dans un aéroport encore désert et très zen… Et vert.

L’aéroport de Changi est un peu à l’image de Singapour : une flore impressionnante, et des chantiers omniprésents… Mais dès qu’on sort un peu des sentiers battus et qu’on s’éloigne des grandes artères de la ville, on découvre un autre Singapour, avec ses habitants « ordinaires », ses petites maisons, ses commerces familiaux. Et on peut alors faire des rencontres un peu plus authentiques et sincères que celles que vous proposent les hôtesses de l’office du tourisme…

Après avoir quitté l’aéroport en navette et fait un tour de la ville sur le Hop-On Bus de Singapore Airlines, j’ai décidé de descendre dans l’un des quartiers ethniques de Singapour : Little India. Plutôt que de longer les étales des boutiques, je suis parti du côté des arrières-boutiques, dans les ruelles où les serveurs et les cuisiniers  prennent leur pause clope et où, à en croire leurs regards, il n’est pas fréquent de voir un touriste se balader. Puis je suis retombé sur une rue un peu plus commerçante, Upper Dickson Road. Et un restaurant a attiré mon attention, avec sa collection de bouteilles vides, ses murs colorés et son chef souriant…

Welcome to Little India!

Welcome to Little India!

Le temps de faire quelques photos et la patronne est venue à ma rencontre, sans doute intriguée par mon air intrigué. Nous avons commencé à discuter, bientôt rejoints par une habituée des lieux, intriguée quant à elle par mon caméscope. La présentation des lieux a continué à l’étage, car la patronne tenait à me montrer leur salle climatisée à l’étage, avec des tables basses pour manger. Content de ma trouvaille (apparemment le restaurant est référencé dans un guide français, mais mon hôte n’a pas su me dire lequel), j’ai décidé de m’y attarder et de m’y attabler, pour goûter la spécialité de la maison : le lassi à la mangue. Il s’agit en fait d’un yaourt brassé jusqu’à liquéfaction et auquel on ajoute du jus de mangue, pour en faire une boisson rafraîchissante – donc utile à tout moment de l’année !!

J’ai ensuite fait la connaissance du chef et du patron, et la patronne m’a présenté leur « échelle des épices », sur laquelle le client doit choisir lors de sa commande l’intensité des brûlures qu’il souhaite infliger à son œsophage… :)

Mon lassi descendu, je me suis plié à la tradition locale, réservée aux consommateurs du restaurant. Je vous laisse découvrir ça en vidéo…

Si vous aussi, vous voulez aller taguer à Singapour, rendez-vous au Lagnaa, n°6 Upper Dickson Road, Singapore 207466 !

Et si vous en voulez encore plus, je vous invite à :

découvrir les comptes à rebours des passages piétons singapouriens…

consulter mon album photo sur Singapour (l’option Diaporama est toujours disponible, en haut à droite sur la page du lien)… Bonne visite !