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Sarah, 23 ans et au régime « made in NZ »

Peut-on survivre toute une année en n’achetant que du « NZ made » ? Depuis février, c’est la question à laquelle essaye de répondre Sarah Marquet. Son expérience est à suivre sur le net.

Nous sommes en 2010 après Jésus-Christ ; toute la planète est occupée par le « made in China ». Toute ? Non ! Car une irréductible Néo-Zélandaise s’est mis en tête de résister encore et toujours à l’envahisseur. Sarah Marquet, étudiante en journalisme à la University of Canterbury, vit depuis le 6 février avec une potion magique bien particulière : le « NZ made ». Alors que les produits importés font la loi dans les magasins néo-zélandais, la jeune femme a décidé, par simple curiosité, de s’en tenir à des achats locaux. « Jusque là, ça se passe étonnament bien, » me confie-t-elle. « J’ai eu du mal à faire une croix sur les bananes et les chewing-gums – deux produits que j’adore – mais à part cela je m’en sors… »

L’expérience n’est pas si simple qu’il n’y parait. Car il y a « NZ made » et « NZ made ». Que faire, en effet, face à un Coca Cola certes produit en Nouvelle-Zélande mais dont les profits vont aller aux Etats-Unis ? Idem pour le thé glacé Dilmah, confectionné chez les Kiwis par une entreprise sri-lankaise ? Après réflexion face à ce « Dilmah dilemma », Sarah a décidé d’adopter une posture pragmatique, plutôt que radicale. « Je me suis renseignée et j’ai réalisé que la Nouvelle-Zélande doit encourager les investissements étrangers, créateurs d’emplois ici. Donc, pour ce genre de produits, ça passe, » explique-t-elle. « Toutefois, s’il y a une alternative proposée par une entreprise néo-zélandaise, je lui donnerai toujours la priorité ».

Adieu Heinz, Oreo et fruits exotiques

L’un des principaux enjeux de l’expérience est de savoir si le « NZ made » est compatible avec  un budget limité, comme celui de Sarah. Avec $160 par semaine (84€), l’étudiante ne peut pas se permettre de folies. Pourtant, pour tenir son pari, elle doit parfois acheter des produits deux ou trois fois plus chers que leurs équivalents importés, qu’il s’agisse de tomates, de cahiers ou de collants. Est-ce à dire que le « NZ made » est un luxe de riches ? Sarah a réponse à tout : « Avant de commencer, j’étais du genre à m’acheter un nouveau haut ou des chaussures quand je recevais ma paye. Maintenant que je fais attention à l’origine de mes achats, je me retrouve à faire des économies sur le shopping ! »

Pas si onéreuse que celle, l’expérience est en revanche très gourmande en temps. Quand elle fait ses courses, Sarah observe minutieusement l’étiquette de chaque produit. Une démarche qui suscite parfois la curiosité des autres clients, qui viennent la voir et croient bien faire en la conseillant sur la lecture des informations nutritionnelles. « Quand je leur explique que je m’intéresse plutôt au pays d’origine, certains sont assez interloqués, » constate l’étudiante. Elle passe également de nombreuses heures sur Internet, à chercher ce qu’elle n’a pas pu trouver en magasin. Pour l’aider dans son défi, certains sites proposent une liste de produits fabriqués en Nouvelle-Zélande. C’est ainsi qu’elle a pu trouver des produits de beauté par exemple.

Derrière l'expérience, un acte militant

Derrière l'expérience, un acte militant

Autre activité chronophage : livenzmade.blogspot.com, le blog que la jeune femme a lancé dans le cadre de son expérience. « Je suis surprise de voir à quelle vitesse la machine s’est enclenchée, » avoue-t-elle, sans cacher son enthousiasme ni lésiner sur les « awesome » en guise de ponctuation. Les commentaires affluent sur son blog, de la part d’anonymes mais aussi d’acteurs concernés par la question, qu’ils soient producteurs locaux ou militants associatifs. Les deux responsables de la campagne « Buy NZ made » viennent même de lui proposer un partenariat, qu’elle a accepté – car « on fait la même chose, éduquer les gens sur les problématiques d’économie locale ». A partir de juillet, ses publications seront donc reprises sur le site de la campagne. Côté médias, The Press lui a déjà consacré un article et la revue de développement durable Good lui a ouvert un blog sur son site.

L’étudiante ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Prochaine étape : aller à la rencontre des différentes parties (entreprises, politiques, universitaires…) pour recueillir leurs témoignages et les compiler dans un livre d’ici la fin de l’année. Sarah espère que son action fera avancer la cause du « NZ made », en laquelle elle croit beaucoup : « les entreprises locales ont besoin de soutien, pour faire face aux pris bas et aux dépenses en marketing que peuvent se permettre les grandes entreprises étrangères. Si les gens se mettent à acheter « NZ made », la Nouvelle-Zélande en général en sortira enrichie car, avec ce système, l’argent restera dans le pays. Pour l’instant, ce sont surtout des entreprises étrangères qui se remplissent les poches… »

Vidéo : J’ai testé pour vous le « hangi », repas maori

Hangi

Du bois, du fer, de la terre, des pelles, de la viande, des légumes… La recette du hangi n’est pas la plus simple, mais c’est bon de changer un peu des barquettes au micro-ondes ! ;)

Dans un commentaire laissé vendredi sur ce blog, Elise me disait attendre « avec impatience » un article sur les recettes traditionnelles néo-zélandaises. Aïe! S’il est une pratique culturelle dans laquelle les Kiwis n’excellent pas, c’est bien la cuisine. Non pas que les plats locaux soient mauvais, simplement ces fameuses « spécialités » n’existent pas vraiment ! En effet, en Nouvelle-Zélande, on mange dans des fast-foods américains, dans des fish&chips de Sa Majesté, dans des sushi-bars ou des restos asiatiques. Même constat dans les nombreux cafés du centre-ville de Christchurch : le mot d’ordre semble être « faire comme les autres », avec des vitrines proposant un assortiment de sandwichs en triangle à l’anglaise, de lasagnes italiennes, de quiches françaises ou encore de muffins US !

Encore une fois, le salut des Kiwis passe par leur héritage maori. Dans la rubrique des « plats traditionnels néo-zélandais », je pense que le hangi mérite de figurer en bonne position. Le hangi (prononcer plutôt « hangni ») est davantage qu’un plat, c’est un mode de cuisson, à l’ancienne. Dans d’autres îles du Pacifique, il répond aux doux noms de umuimulovo ou encore koua, mais le principe est le même : creuser un four dans le sol et faire cuire de la nourriture sur des roches (volcaniques si possible) ou du métal préalablement chauffés. Cette pratique n’a pas de signification particulière, qu’elle soit religieuse ou autre ; en fait, elle répond essentiellement à un souci pratique, qui est de pouvoir préparer des repas suffisamment conséquents pour les nombreux membres de chaque famille maorie.

Je vous laisse découvrir le hangi auquel j’ai participé, tout en vous invitant avant de commencer la lecture à cocher l’option « sous-titres fr », dans la partie « menu » en bas à droite de la vidéo…

Et alors, et alors, c’était bon ?? Oui ! Bon et copieux ! Comme la vidéo le laisse plus ou moins deviner, nous avions du mouton, du poulet, du boeuf, des pommes de terre et du kumara – la viande était tendre, facile à séparer des os et le tout avait une saveur fumée très agréable. Une cousine de notre prof d’histoire avait également préparé un délicieux pain maori (rewena paraoa), à base de pomme de terre : goût sucré et consistance fondante à tomber ! Niveau boisson, je m’en suis tenu à un simple thé – il faut dire que les Maoris avec qui nous avions préparé le hangi nous avaient déjà offert des canettes de whisky/coca à 9h du matin, soit disant « parce que la chaleur du feu, et toute cette fumée, ça déshydrate » !

Shopping in NZ: le Top 10 des bizarreries culinaires

Welcome to Woolworth's!

Today, let’s go to the supermarket! Les rayons néo-zélandais ont beau ressembler à leurs homologues français, il est possible d’y dénicher quelques curiosités – plus ou moins savoureuses…

1 | Kiwi, what else?

Golden kiwis

Golden kiwis

Les clichés sont faits pour être déconstruits… ou pas ! En Nouvelle-Zélande, le kiwifruit est bien le roi ; on le retrouve donc sans surprise aux quatre coins du supermarché. Au rayon fruits et légumes bien sûr, dans sa déclinaison verte traditionelle, mais aussi en mode kiwifruit gold : une chair jaune, un goût plus doux rappelant les fruits de la passion, et surtout une peau lisse tout à fait comestible qui vous évitera la corvée épluchage et vous offrira un peu de croustillance au dessert. Du kiwi au rayon alcool également, sous la forme bien mystérieuse – et qu’il ne me reste plus qu’à découvrir – de kiwifruit wine ! Du kiwi dans les petits pots pour bébés, du kiwi en sauce, du kiwi en jus, du kiwi dans les biscuits, du kiwi dans les eaux aromatisées, et même du kiwi dans les gels douche – ça, j’ai tenté, et c’est assez sympa, avec en bonus l’action exfoliante des graines de kiwi !

2 | Kumara

Red and orange Kumara

Orange and red Kumaras

Pour faire exotique, on peut présenter le kumara comme l’un des légumes traditionnels maoris ; sa présence en Nouvelle-Zélande remonte à l’arrivée des premiers Maoris, il y a plus de mille ans, en provenance des îles du Pacifique. Mais pour être honnête, on peut aussi préciser que kumara est le nom maori pour « patate douce » – apparemment, on en trouve jusqu’en France. Il en existe des rouges, des oranges et des jaunes ; j’ai goûté les deux premiers, c’est en effet très doux, légèrement sucré, un genre de pomme de terre de luxe ! Autre légume assez similaire, le New Zealand Yam – connu sous le nom d' »Oca » dans les Andes.

3 | TimTam

TimTam tsoin tsoin

Tsoin Tsoin

J’avais déjà eu l’occasion de vous en parler dans mon article sur la rue Servandoni, à Paris. La recette : une crème au chocolat prise en étau entre deux biscuits au chocolat, le tout recouvert de chocolat, pour un résultat très sucré, croustillant au croquer et fondant en bouche. Fabriqués en Australie par Arnott’s Biscuits, ils sont incontestablement les biscuits phare en Nouvelle-Zélande. En plus de l’Original, on trouve une variété de déclinaisons : Double Coat, Classic Dark, Chewy Caramel, Chewy Choc Fudge, Sweet Surrender Choc Hazelnut Flavoured Mousse, Sweet Surrender Black Forest Delight et Sweet Surrender Crème Caramel. Mais plus que le TimTam, il y a le TimTam Slam ! Egalement connu sous les noms de TimTam Explosion, TimTam Suck et même TimTam Orgasm, cette pratique est la garantie d’un grand moment de bonheur en bouche. Je vous laisse découvrir cela en compagnie de l’Australienne Natalie Imbruglia :

4 | Marmite

A consommer avec modération

A consommer avec modération

Âmes sensibles, s’abstenir. La Marmite néo-zélandaise, tout comme la Vegemite australienne et la Marmite anglaise, n’est pas exactement le genre de pâte à tartiner vous mettant de bonne humeur le matin : élaborée à base de levures, de couleur noire, relativement liquide et collante, elle sent mauvais et n’a pas meilleur goût, malgré le pain et le beurre avec lesquels on essaye désespérément d’alléger la sentence. Enfin, c’est ce que j’en pense – et je suis loin d’être le seul. Les 237 000 fans de Marmite sur Facebook ne partagent sans doute pas mon avis et n’hésiteraient pas à avancer, à juste titre, les vertus nutritionnelles de ce spread et cet amusant spot publicitaire. Le produit divise donc, et la marque en a même fait son slogan : « Marmite. Love it or hate it » ! Lecteur, tu es donc prévenu ; si jamais tu t’aventures dans un rayon confitures/miel/Nutella en Nouvelle-Zélande, méfie toi de la Marmite. Et, tant que j’y suis, évite également l’écoeurant peanut butter, vendu à outrance ici…

5 | Weet-Bix

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"New Zealand's no.1 breakfast cereal"

Si vous connaissez les Weetabix, voilà grosso modo à quoi ressemblent aussi les Weet-Bix en Nouvelle-Zélande – ces derniers étant juste un peu plus petits et de forme rectangulaire. On peut les manger avec du lait bien sûr, mais aussi en tartines, avec du beurre, de la confiture – et de la Marmite, qui sait ! Lancés en 1928 et conçus par Sanitarium (« the health food company »), les Weet-Bix sont depuis des dizaines d’années le petit-déjeuner le plus populaire en Nouvelle-Zélande et font partie intégrante de l’identité kiwie.

6 | Baked BeaNZ

Du kiwi dans les haricots

Du kiwi dans les haricots

Au rayon « plats étudiants », j’aurais pu vous parler des très comestibles 2-minute noodles, à 0,35€ la boîte. Je vais plutôt consacrer quelques lignes aux baked beans néo-zélandais, signés Wattie’s. Niveau goût, rien de bien différent comparé aux traditionnels baked beans de Heinz. Niveau présentation, en revanche, c’est plus intéressant : les beans deviennent des beanz – tout un symbole. En mettant les pieds en Nouvelle-Zélande, on remarque vite que les Kiwis ne manquent pas une occasion de montrer leur fibre patriotique. Un petit tour à la fac et vous serez surpris du nombre d’étudiants portant des sweat-shirts représentant Aotearoa – rien à voir avec la France donc, où ce genre de vêtements n’est vendu que dans les magasins pour touristes. Un petit tour au supermarché ensuite, et vous ne pourrez pas échapper aux produits floqués de la mention « Proudly made in NZ » ou du sigle « Buy New Zealand Made ». Et donc même les haricots s’y mettent !

7. Beer

Rayon frais

Rayon frais

Niveau alcool, les supermarchés néo-zélandais diffèrent de leurs homologues français sur au moins quatre points. 1. Il est impossible d’y trouver autre chose que de la bière ou du vin – les alcools forts étant vendus dans des magasins spécialisés répondant souvent au nom de Liquorland. 2. Il existe deux rayons alcool : le premier avec des packs à température ambiante, le second avec des packs réfrigérés ! 3. Si vous voulez jouer aux petits débrouillards, vous pouvez acheter des kits pour « bière maison » – il paraît que ça peut même être bon ! 4. A la caisse, don’t forget your ID ; les contrôles d’identité sont quasi-systématiques pour s’assurer que vous êtes bien majeur. Pour une analyse un peu plus détaillée de la bière néo-zélandaise, cliquez ici.

8. Meat

Meat lover's

Meat lover's

La Nouvelle-Zélande est à juste titre réputée pour la qualité de sa viande, notamment l’agneau. Le choix n’y est pas forcément très large (boeuf, poulet, porc et agneau/mouton) mais le goût est là – même pour les barquettes d’entrée de gamme ! Surtout, les prix sont bien plus intéressants qu’en France, particulièrement si l’on arrive à repérer les produits en promotion ou les fameuses étiquettes « reduced », indiquant un produit arrivé à quasi-péremption et donc bradé parfois à 50%.

9. Gluten-Free Food

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Coeliaquie : intolérance au gluten.

Que ce soit dans les supermarchés, les cafés ou les restaurants, il n’est pas rare de trouver des aliments sans gluten. Ces produits sont essentiellement destinés aux personnes souffrant de la maladie coeliaque, c’est-à-dire allergiques au gluten et à certaines protéines céréalières. De premiers magasins spécialisés commencent à apparaître en France mais la Nouvelle-Zélande a certainement une longueur d’avance en la matière.

10. Ice Cream

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100% NZ

Ce fut un de mes premiers chocs en arrivant en Nouvelle-Zélande : en plein mois de juillet, alors que l’hiver battait son plein, des Kiwis se baladant dans la rue une glace à la main ! Visiblement, le froid n’est pas une explication suffisante pour refuser une bonne crème glacée, dans un pays où la musique des ice cream vans résonne donc toute l’année. Selon la New Zealand Ice Cream Manufacturers’ Association, les Kiwis partagent avec l’Australie la seconde marche du podium en matière de consommation annuelle de glace par personne (23 litres), derrière les Etats-Unis. Personnellement, j’attends que les températures remontent un peu avant de me lancer, mais j’ai déjà hâte de goûter LA glace néo-zélandaise : la « Hockey Pokey » de Tip Top. Mmmmm…

Assez écrit, j’attends maintenant vos commentaires avec gourmandise ! :)

Le Kiwi Corner, un restaurant « cool man »

Le Kiwi Corner, un mardi en début de soirée

Chose promise, chose due. Après avoir visité les cuisines du Kiwi Corner cet hiver (souvenez-vous), j’y suis retourné mardi, avec deux amis, pour jouer au critique gastronomique

Savez-vous quelle est la devise nationale de la Nouvelle-Zélande ? Non ? Eh bien moi non plus. Et mon ami Wikipedia non plus. Car, apparemment, il n’y en a pas ! Hum… Et la devise du Kiwi Corner, vous la connaissez ? Non plus ? Allez, indice : elle se trouve dans le titre de cet article… Quoi, « cool man » ? Ouiiii ! (Enfin, ça devrait l’être, si les restaurants prenaient la peine de se choisir des devises…)

Ahh, « cool man »… Cette expression, vous n’y manquerez pas si vous venez au Kiwi Corner. C’est la spécialité maison de Lucas, le chef de salle canadien. Vous entrez dans le restaurant, il vous propose de choisir votre table, vous en choisissez une, et paf, vous y avez droit : « cool man »! Vous faites votre choix dans le menu, il vient vers vous, vous lui donnez votre commande et… re-paf, « cool man »! Avant de partir, vous allez lui dire combien vous avez apprécié votre soirée : badaboum, « thanks man, cool »… J’avais déjà remarqué cette habitude de langage lorsque j’avais été l’interviewer en mars ; j’ai été content de retrouver ça intact cette semaine. :)

Il est des expressions, comme ça, qui vous mettent à l’aise. Pas que des expressions d’ailleurs : des accents, des musiques, des lumières, des ambiances aussi. Et sur ce point, on peut dire que le Kiwi Corner se défend plus qu’honorablement. Surtout le soir, avec ces éclairages un peu tamisés… Conditions are perfect, it’s dinner time!

Coopers, Steinlager, Coopers

Coopers, Steinlager, Coopers

Après une dégustation de bières océaniennes – au cours de laquelle j’ai malheureusement pu constater la supériorité de la Coopers australienne sur la Steinlager néo-zélandaise, snif – nous avons opté pour une formule entrée + plat + dessert à 29€ (ou 31€, selon le plat choisi). Ce n’est pas donné, effectivement, mais la qualité est vraiment au rendez-vous, digne de mes quelques expériences de « grandes tables »…

"Gâteaux au Crabe"

"Gâteaux au Crabe avec une mayonnaise au wasabi"

Dès l’entrée, nous nous sommes concertés pour choisir des starters différents, histoire de goûter un peu à tout (rentabilisons, rentabilisons !). Sont donc arrivés sur notre table des « moules de Nouvelle-Zélande farcies aux noix de Macadamia, sur un lit de salade avec coulis de poivron rouge », des « gâteaux au crabe avec une mayonnaise au wasabi » et des « brochettes de kangourou avec une sauce teryiaki & sésame ». Après avoir testé les trois entrées, le jury a été unanime pour reconnaître un sans-faute : nourriture légère, agréable, fraîche et dépaysante, idéal pour commencer un repas. Personnellement, je donnerais cependant une mention spéciale aux brochettes de kangourou, pour leur qualité de goût et de texture, un régal. Quant aux moules de Nouvelle-Zélande, ici camouflées sous une bonne farce (mouarf), elles présentent la double particularité d’être nettement plus grosses que les moules françaises, et surtout d’avoir une coquille… verte ! Amusant.

"Côtelettes d'agneau NZ"

"Côtelettes d'agneau NZ avec une sauce aux kiwis"

Cette mise en bouche passée, nous avons alors pu souhaiter la bienvenue parmi nous à une assiette de « côtelettes d’agneau néo-zélandais avec une sauce aux kiwis » et à deux assiettes de « Mahi Mahi (poisson de Tahiti) avec une sauce aux fruits exotiques, une touche de vanille et du riz coco ». Cette fois-ci, sans hésiter, je décerne la palme aux quatre côtelettes ; je n’avais jamais mangé d’agneau aussi tendre, c’était succulent – et ce malgré la sauce aux kiwis, un peu forte pour se marier avec de l’agneau à mon goût… Quant au Mahi Mahi, contrairement à mes deux camarades, je ne lui ai rien trouvé de spécial hormis son nom, mais il faut dire que je l’ai goûté après la viande (erreur caractéristique d’un critique gastronomique débutant ça !). Le riz coco était génial, pour sa part.

"La fameuse Pavlova meringuée de NZ"

"La fameuse Pavlova meringuée de NZ"

Et enfin, le clou du spectacle : le dessert !!! A peine chauvin, j’ai opté pour le dessert national de mon futur pays d’accueil, à savoir « la fameuse Pavlova meringuée aux kiwis », tandis que mes deux collègues gastronomes choisissaient un « Po’e Mai’a – banane, tapicoa, vanille » et une « tarte aux fruits de la passion et sa boule de glace ».  Comme pour la bière, je dois une nouvelle fois reconnaître la défaite de la Nouvelle-Zélande, au profit de Tahiti et de son étonnant Po’e Mai’a, sorte de tarte gélatineuse au fort goût de banane, très agréable en bouche.  La Pavlova, meringue de luxe, avait pourtant une belle carte à jouer, elle est juste tombée sur plus forte qu’elle… Jusqu’au bout, le Kiwi Corner a donc été à la hauteur, jouant la carte de la légerté et de l’originalité.

La rue Servandoni a beau être une charmante rue parisienne, le Kiwi Corner a les moyens de vous faire oublier où vous êtes et  de mettre entre parenthèses votre routine métro-boulot-dodo le temps d’un repas. Tout cela grâce à un staff jeune et sympa, grâce à une cuisine inventive et même grâce à un mobilier maori assez surprenant !

En bonus, découvrez un extrait audio inédit de mon interview de mars avec Lucas, que j’avais coupé au montage. Soyez attentifs jusqu’au bout, un « cool man » vous attend ! :)

Et merci Taline pour la pochette !!! batchigs !

Anzac Day : la Nouvelle-Zélande se souvient…

Le 25 avril est un jour férié en Nouvelle-Zélande. Fête nationale en mémoire des troupes tombées au champ d’honneur, « Anzac Day » est également célébré en Australie…

Cela est rarement évoqué dans nos manuels d’histoire : des troupes néo-zélandaises et australiennes ont participé à la Première Guerre mondiale, aux côtés des autres divisions de l’Empire britannique. Ces forces, connues pour leur acronyme ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps), ont fait leur entrée sur le front européen le 25 avril 1915 lors de la bataille des Dardanelles (Turquie) livrée face aux troupes de l’Empire ottoman. Engagées dans une opération visant à prendre le contrôle de la péninsule de Gallipoli, porte d’accès à la Mer Noire, les troupes alliées y ont rencontré une très forte opposition ottomane, conduisant à un embourbement de la bataille et à leur retrait huit mois plus tard. Sur les 8 556 Néo-Zélandais engagés dans cette campagne infructueuse, 2 721 ont finalement péri, s’ajoutant à un bilan humain très lourd des deux côtés : entre 40 000 et 45 000 victimes ont ainsi été recensées dans les rangs alliés, contre environ 87 000 pertes ottomanes.

Le 25 avril est depuis devenu une journée de commémoration en Australie et en Nouvelle-Zélande, à la fois en souvenir des 60 000 Wallabies et des 18 000 Kiwis tués lors de la Grande guerre et, plus largement, en l’honneur des serviteurs de ces deux pays. Anzac Day est aujourd’hui marqué par de nombreuses cérémonies à travers toute l’Océanie, mais aussi à Gallipoli et même en France, où les Anzacs ont participé à la Libération. Les commémorations commencent avec des rassemblements dès l’aube, suivis du traditionnel gunfire breakfast, pour lequel on ajoute du rhum au café, comme le faisaient certains soldats avant la bataille. Cette journée, parfois considérée comme une occasion de s’interroger sur les fondements de l’identité néo-zélandaise, est également marquée par deux pratiques traditionnelles : le port de poppies à la boutonnière et la dégustation d’Anzac biscuits

Poppy...

Le vendredi précédant Anzac Day est appelé Poppy Day en Nouvelle-Zélande. A cette occasion, la Returned Services’ Association (RSA), une association d’aide aux vétérans de guerre, vend des coquelicots en papier à des centaines de milliers de Néo-Zélandais, qui les portent alors pendant quelques jours, en signe de souvenir (les coquelicots des Flandres sont associés au sang des victimes sur les champs de bataille). En Australie, on préfère garnir sa boutonnière de brins de romarin, car les poppies sont portés à un autre moment de l’année, aux alentours du 11 novembre, pour fêter l’armistice – une pratique partagée par toutes les autres nations du Commonwealth. Pourquoi la Nouvelle-Zélande est-elle alors la seule à associer Poppy Day et Anzac Day ? La raison remonte à un petit « couac » survenu en 1921 dans l’organisation des célébrations de l’armistice : le navire censé approvisionner la Nouvelle-Zélande en coquelicots français étant arrivé trop tard pour les cérémonies, la RSA avait été obligée d’organiser son Poppy Day l’année suivante, quelques jours avant Anzac Day. Ou comment une tradition naît par la faute d’un navire français… :)

Anzac biscuits... (Crédits photo: Tristan Ferne, Creative Commons license)

Anzac biscuits

Quant à eux, les Anzac biscuits sont dégustés à la fois par les gourmands néo-zélandais et australiens, malgré une querelle opposant les deux pays sur la délicate question de la nationalité de l’inventeur de ces biscuits ! Nourrissants, résistants aux chocs et réputés pour leurs qualités de conservation, les Anzac biscuits faisaient partie de ces aliments que les femmes envoyaient aux soldats durant la Première Guerre mondiale et qui restaient comestibles au terme du long voyage en bateau. On parlait initialement des Soldiers’ Biscuits, avant que ceux-ci ne soient renommés Anzac Biscuits en 1915, année du débarquement à Gallipoli. Les soldats eux-mêmes en auraient confectionnés durant la guerre, à partir des ingrédients qu’ils avaient sous la main : de l’eau, du sucre, de l’avoine et de la farine… Maintenant, à vos fourneaux !

Pour plus d’infos sur Anzac Day (en anglais), c’est par ici… et par !

Visite au coeur du Paris kiwi

Plaque rue Servandoni

La Nouvelle-Zélande a sa rue à Paris. Coincée entre le Sénat et l’église Saint-Sulpice, la charmante rue Servandoni vous fait manger kiwi, voyager kiwi et acheter kiwi… Suivez le guide !

Provincial de mon état, je ne suis pas un grand fan de la capitale, qu’il m’arrive de trouver oppressante et de taille inhumaine. Mais je lui reconnais volontiers cet atout : on peut jouer à s’y perdre. Non, pas s’y perdre totalement, car on retombe toujours sur une station de métro, voire une grande artère, trop faciles échappatoires. Mais jouer à s’y perdre, c’est faisable. C’est amusant, c’est excitant, c’est parfois vertigineux. On erre là, sans but, à marcher, à regarder, à s’étonner tel le voyageur de Proust, avec de nouveaux yeux. Et c’est souvent comme cela qu’on découvre des petites rues, qui n’existent pas vraiment le reste du temps, quand, en bon Parisien pressé, on préfère remonter les grands boulevards pour rejoindre plus rapidement notre but.

La rue Servandoni est une de ces petites rues cachées, mystérieuses, de Paris. Elle a du charme. Elle est étroite ; une voiture y passe forcément en surveillant ses rétroviseurs. Et en plus elle a de l’humour : située dans l’un des quartiers les plus touristiques de la Ville Lumière, délimitée dans sa partie supérieure par le jardin du Luxembourg et dans sa partie inférieure par l’église Saint-Sulpice (excusez du peu !), cette ruelle discrète s’offre malgré tout le luxe de pouvoir compter sur les doigts de la main ceux qui y passent, tellement ces aventuriers – plus ou moins égarés – sont rares…

Rue Servandoni, depuis la rue de Vaugirard

L’aventure, voilà ce qui m’a amené à mettre pour la première fois les pieds rue Servandoni. C’était il y a quelques semaines seulement, peu après l’annonce de mon affectation en Nouvelle-Zélande. J’y suis allé parce que s’y trouve une agence de voyages, dont le nom dit tout : Nouvelle-Zélande Voyages. J’en suis ressorti avec la ferme intention de vous en parler sur ce blog, car cette rue est en fait bien plus que ce que je viens de vous décrire… C’est une enclave néo-zélandaise en plein Paris, c’est la Kiwi Alley de Paname.

Avez vous déjà mis les pieds dans un restaurant dédié à la cuisine néo-zélandaise, australienne et tahitienne ? Avez-vous déjà vu une agence de voyages spécialisée sur la Nouvelle-Zélande et ses environs ? Avez-vous déjà fait du shopping dans une boutique 100% kiwi et wallaby  ? Non ? Alors installez vous confortablement et suivez moi dans ces trois nouvelles vidéos du Pari Kiwi !!!

Kiwis drapeaux

Première étape, le Kiwi Corner

On commence par une rencontre avec Lucas, le responsable du restaurant – savourez son accent ! – et avec le chef Olivier, en salle puis dans les cuisines du Kiwi Corner ! Mettez vos sens en alerte et appréciez cette cool attitude, man…

[Avant de commencer la lecture des vidéos, pensez à activer les sous-titres : en bas à droite de la vidéo, cliquez sur « MENU » et ensuite sur « sous-titres fr »]

Kiwis drapeaux

Deuxième étape, Nouvelle-Zélande Voyages

On enchaîne avec un entretien en compagnie de Michel Lesot, responsable de l’agence. Il revient sur la naissance de la société il y a dix ans, sur sa belle expansion… et of course sur une destination qui a le vent en poupe, la Nouvelle-Zélande ! Le tout avec le sourire… :)

Kiwis drapeaux

Troisième étape, The Australia NZ Shop

Connaissez-vous les « Tim Tams » ? La « Vegemite » ? La « Steinlager » ? Autant de produits venus d’Océanie et vendus à la boutique de la rue Servandoni, où l’on découvre également avec Jérôme que la bière Foster’s n’est pas si australienne que cela… My God!

C’est ainsi que s’achève cette visite ! Merci à toutes les personnes du groupe Nouvelle-Zélande Voyages pour leur accueil, et tout particulièrement à Céline, qui m’a aidé à organiser ce reportage, plutôt que passer devant la caméra… ;-)

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PS gourmand : Si vous avez été attentifs à la troisième vidéo, le nom « Tim Tam » vous rappellera quelque chose… C’est ça, il s’agit bien de ces biscuits australiens au chocolat, qui squattent la tête du top ventes de la boutique… Évidemment, je n’ai pas résisté à la tentation, j’en ai acheté deux paquets. :-) Le premier des deux ayant été assez vite liquidé et une petite gêne pointant le bout de son nez, j’ai décidé de camoufler ce goinfrage derrière mon devoir d’information (auto-proclamé) et donc de vous faire un compte-rendu de dégustation.
J’ai du mal à en trouver un équivalent en France. Pour ceux qui seraient habitués aux sucreries britanniques, c’est assez proche des Pinguins (auxquels on aurait ajouter une idée de Crunchy). Une crème au chocolat au lait, prise en sandwich par deux biscuits au chocolat, croustillants mais très fondants (consistance parfaite !), le tout enrobé dans Tim Tam (photo clumsy.fr)du chocolat au lait. Il en ressort un ravissant petit goût de caramel, qui fait à mon sens toute la différence ; une saveur (trop ?) sucrée qui permet aussi de ne pas liquider d’une traite les 11 Tim Tams contenus dans le paquet. Mais comptez davantage sur le prix pour éviter d’abuser de ces bonnes choses : 5 euros le paquet, 9 euros les 2, et 12 euros les 3.