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The End: Le Pari Kiwi tire sa révérence

Je suis rentré en France ce mardi. Mon aventure néo-zélandaise étant terminée, l’heure est venue de mettre un point final à ce blog… Soyez indulgents, ceci est ma première nécrologie.

Un maillot des All Blacks, un t-shirt « Sweet As », des tessons de bière Tui, un petit drapeau néo-zélandais, des tikis maoris, un dessous de verre du Sullivans Pub… Mais aussi des colliers de coquillages polynésiens, une serviette de plage Hinano Tahiti, des gravures mélanésiennes, une statuette thaïlandaise, un petit boomerang australien…  Dis-moi quels souvenirs tu as rapportés, et je te dirai quelle fut ton année à l’étranger ? Il y a sans doute un peu de cela. Certains de ces objets-souvenirs ont été achetés en tant que tels, pour garder une trace d’un passage dans tel ou tel endroit. D’autres ont une saveur plus particulière, parce qu’ils ont été offerts ou simplement parce qu’ils sortent de l’ordinaire des gift shops, avec une anecdote derrière eux. Dans quelques temps, la contemplation de ces objets permettra de se rafraîchir la mémoire et se replonger dans cette année néo-zélandaise. Mais bon, le matérialisme a ses limites. L’objet-souvenir est avant tout l’avatar du touriste. Le voyageur, lui, ramène des histoires.

Si elle a eu quelques parenthèses touristiques, mon année à l’autre bout du monde a surtout été un voyage – mon premier hors d’Europe. J’y ai vécu des moments forts, certains racontés sur ce blog, d’autres pas. Une après-midi à discuter avec des jeunes moines thaïlandais, une soirée en plein hiver au cœur de la Nouvelle-Zélande dans des sources d’eau chaude, un week-end de reportage dans une tribu kanak, deux jours à préparer un repas traditionnel maori… Cette année aura aussi été l’année des baptêmes : de ski, de canyoning, d’équitation et même de l’air !

Nouméa-Auckland, un de mes 19 vols de l'année

J’étais à l’étranger pour deux semestres d’échange à la University of Canterbury. Sans surprise, c’est à Christchurch que j’ai passé le plus de temps cette année. 12h de cours par semaine, à apprendre quelques mots de maoris, à me plonger dans la vie politique de la Nouvelle-Zélande et des pays du Pacifique, à remonter les couloirs de l’histoire locale… Une immersion avec les étudiants néo-zélandais, ces représentants de la no worries attitude, jamais frileux quand il s’agit de venir à la fac en skate, en shorts et en tongs (voire pieds nus !). Un rapport différent avec les professeurs, qui se font appeler par leur prénom. Et puis de nombreuses journées à s’offrir du bon temps, dans les résidences du campus, dans les bars de la ville, sur les routes du pays. Le tout avec des amis de toutes origines : kiwis, américains, britanniques, français, allemands, saoudiens, malaisiens…

Trois belles cerises sont venues s’ajouter sur ce gâteau, entre novembre et février. D’abord, un mois à Tahiti, pour un stage dans un journal local. Une expérience journalistique passionnante, à couvrir une nouvelle crise politique polynésienne, mais aussi une belle aventure humaine, à découvrir le mode de vie tahitien et à nouer des liens avec mes collègues et de la famille vivant sur place. Puis, un mois en Nouvelle-Calédonie, pour un nouveau stage. Une actualité moins mouvementée, mais du coup plus de temps pour découvrir les merveilles du Caillou et de ses îles. Et encore une rédaction très sympathique. Enfin, deux semaines en Thaïlande, chez une amie de Sciences Po. Un choc culturel encore plus fort que dans le Pacifique, avec cette fois-ci l’obstacle de la langue ! Des souvenirs en pagaille, à l’arrière des moto-taxis de Bangkok, au milieu d’une manifestation des « chemises rouges » ou à la terrasse du café de la prison pour femmes de Chiang Mai. Trois cerises, et même un peu de sucre glace, avec dix jours de road-trip en Australie, le pays des kangourous kamikazes…

Au milieu d'un sit-in des "chemises rouges" à Bangkok

Le Pari Kiwi a joué un rôle important dans mon année à l’étranger. Vous avez pu m’y suivre dans ma préparation de mon voyage et sur chacun de mes 19 vols à travers le monde. 69 articles, 23 albums photos, 28 vidéos ; j’espère qu’il y en a eu pour tous les goûts ! En un peu plus d’un an, Le Pari Kiwi aura reçu 35 000 visites, venant des six continents (dont une base scientifique française en Antarctique !). Plus important à mes yeux, 273 commentaires sont venus renforcer l’intérêt des mes posts, avec généralement beaucoup de gentillesse. Ma boîte leparikiwi sur hotmail m’a également permis d’avoir des échanges très intéressants sur la Nouvelle-Zélande, aussi bien avec des personnes préparant leur voyage qu’avec des étudiants ou de simples curieux. Enfin, sur Facebook, les 170 abonnés à mon groupe ont pu recevoir ma newsletter mensuelle et ainsi rester à jour avec mes articles.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi durant cette année et ont contribué à leur façon à en faire une aventure mémorable. Une pensée particulière à mes parents et à tous ceux qui ont dû me supporter au cours des douze derniers mois ! J’ai pris beaucoup de plaisir à animer ce blog et à partager mes aventures avec vous ; j’espère que ce fut réciproque ! L’aventure parikiwiste s’arrête là, mais le blog restera ouvert aussi longtemps que possible, pour permettre à ceux qui le souhaitent de s’y (re)plonger. Voilà, c’était mon premier blog, il y en aura peut-être d’autres. A mon retour à Paris, je vais intégrer l’Ecole de journalisme de Sciences Po. Retour au métro-boulot-dodo. Avec des souvenirs pleins la tête !

Que diriez-vous d’un petit sondage-photo pour terminer ? J’ai sélectionné 10 de mes photos préférées prises lors de cette année ; à vous de voter pour votre favorite ! Merci pour votre participation :-)

1. Le calme des jardins botaniques de Christchurch.

Des bancs qui attendent leurs promeneurs.

Une lumière qui se reflète sur les herbes hautes.

2. Le soleil se couche sur la baie de Sumner.

Une bouée qui défie le courant,

et un oiseau qui survole le paysage.

3. Vue sur les Port Hills de Christchurch.

Un rayon de soleil perce les nuages.

Des airs irlandais.

4. Jour de tempête à Kaikoura.

Ciel menaçant

et sommets enneigés.

5. Coucher de soleil en Nouvelle-Calédonie.

Le parallélisme des vagues et des nuages

défié par les derniers rayons.

6. Deux jeunes moines thaïlandais.

Deux touches de couleur.

Et un oeil doré.

7. Une marchande à Bangkok.

Moment de vie quotidienne.

Léger flou artistique.

8. Sur la plage de Moeraki.

Un tableau signé Dame Nature.

Un rocher ou un globe ?

9. Soirée au lac de Te Anau.

Douceur de la lumière.

Un canard à la traîne.

10. Il n’y a pas que des surfeurs en Australie.

Il n’y a pas que des kangourous en Australie.

Il n’y a pas que des déserts orange en Australie.

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Voir Wellington et puis partir…

A moins d’une semaine de mon départ de la Nouvelle-Zélande, je n’avais pas encore visité la capitale Wellington. Trois jours de vacances m’ont permis de remettre les pendules à l’heure…

A mon arrivée en juillet 2009, j’avais « osé » écrire sur ce blog que « Christchurch est la deuxième ville de Nouvelle-Zélande ».  N’écoutant que son courage, un ami-lecteur de Wellington (le dénommé Yoyote) m’avait laissé un commentaire pour s’insurger et défendre sa cité d’adoption : « c’est la capitale que diable » ! Le débat était lancé : qui de Chch ou Welli mérite la place de deuxième ville de NZ, derrière l’incontournable Auckland ? En termes de population, je lui avais répondu que la palme revenait de justesse à l’aire urbaine de Christchurch, avec 382 200 habitants, contre 381 900 à Wellington. Un peu léger, surtout au vu de la densité de population supérieure de la capitale. Quid alors de l’animation de la ville, de son intérêt culturel, de son prestige politique, de sa vie économique ? Je suis allé chercher la réponse sur le terrain cette semaine !

Arrivée mardi en début d’après-midi, après 45 minutes de survol des côtes néo-zélandaises et du détroit de Cook. Le ciel est gris comme à Christchurch mais « windy Wellington » est à la hauteur de sa réputation : le vent souffle fort, très fort. Entre l’aéroport et le centre-ville, le bus longe la baie, qui me rappelle Dunedin. Les maisons ne se distinguent pas par leur modernité, mais donnent un charme « retro » au quartier de Mount Victoria (et ce n’est pas souvent que je trouve du charme dans une ville néo-zélandaise!). Après un ravitaillement à Burger Fuel, la chaîne de fast-food « gourmet » de NZ, mes deux amis et moi trouvons une auberge de jeunesse en plein centre-ville, en face du City Council. La visite proprement dite peut enfin commencer.

Les bâtiments du Parlement (dont la Beehive, à gauche)

Puisque le temps reste pluvieux, nous privilégions une activité d’intérieur : le Parlement. Les députés ne siègeant pas cette semaine, nous devons nous contenter d’une simple visite guidée. Loin d’atteindre l’excitation d’une séance plénière, l’exploration du Parlement n’en est pas moins instructive. Le bâtiment est composé de trois parties distinctes, reliées par des couloirs : la Beehive (la ruche), construite dans les années 70 et occupé principalement par le gouvernement ; le bâtiment principal, en pierre grise, abritant la chambre des représentants et l’ancienne chambre haute ; et enfin la bibliothèque du Parlement, que l’on croirait presque inspirée du Château de la Belle au bois dormant. Le contraste des styles est intéressant, tout comme les anecdotes sur la vie politique locale. Nous avons même la chance d’apercevoir le premier ministre John Key, à sa sortie d’une réunion.

Le lendemain, bonne surprise au réveil : ciel bleu ! Nous commençons par partir à la découverte des quais, au milieu des joggeurs. La promenade n’est pas aussi majestueuse qu’à Sydney mais n’est pas désagréable. Des oeuvres d’art y sont exposées, notamment sur un pont à proximité de la City Gallery, où Para Matchitt a livré un travail me rappelant les installations de Takis à La Défense. Toujours sous le soleil (et le vent), nous retournons prendre quelques photos au Parlement. Pour pimenter le début d’après-midi, un agent de sécurité remarque une valise abandonnée sur un banc en face du bâtiment principal. Des renforts arrivent un à un, sans grande conviction, se contentant juste d’empêcher les passants de s’approcher du banc. Alors que nous nous attendons depuis près d’une heure à voir débarquer une équipe de démineurs sur-entraînés, c’est finalement le propriétaire de la valise qui fait son apparition… et vient tranquillement récupérer son bien ! No worries, vous êtes en Nouvelle-Zélande…

Les oeuvres maories de Para Matchitt

Pour finir la journée, nous montons dans le cable car (le funiculaire local) afin d’observer Wellington depuis les hauteurs. C’est aussi l’occasion de se promener dans les jardins botaniques, plus sauvages et escarpés que ceux de Christchurch. La nuit tombant, retour au centre-ville pour une petite session shopping. Toutes proportions gardées, Wellington me fait alors penser à Londres en hiver, grâce à son plan moins géométrique que Christchurch ou Auckland, et avec Kirkcaldie & Stains en guise de mini-Harrods sur Lambton Quay. Le soir, après un sympathique échauffement dans le bar de notre auberge et dans un PMU local, nous nous rendons au Backbencher Pub, pour assister à l’émission politique de TVNZ 7, Back Benches. L’émission est disponible à cette adresse : http://tvnz.co.nz/back-benches/s2010-e17-video-3582772.

Enfin, mercredi, direction Te Papa, le musée national de la Nouvelle-Zélande. Ses collections touchent aussi bien à l’art, à la science, à l’histoire et aux cultures du Pacifique, offrant une visite distrayante et adaptée à tous les publics. Profitant de l’ouverture du Matariki Festival célébrant le Nouvel An maori, nous avons pu assister à un concert gratuit organisé dans le musée en présence de sept chanteuses maories. De très belles voix pour conclure notre séjour dans la capitale ! Alors, Wellington, deuxième ville de la Nouvelle-Zélande ? Sans doute. Et certainement ma préférée !

Concert au marae de Te Papa

Photos : Mon album Flickr est disponible en mode galerie en cliquant ici et en mode diaporama en cliquant là.

Visite en Australie, ce petit îlot à l’ouest de la NZ

Tiens, des vacances, ça faisait longtemps ! Profitant de cet énième break universitaire, j’ai traversé la mer de Tasmanie pour un road-trip à quatre entre Sydney et Melbourne… Boing !

JOURS 1 ET 2 : SYDNEY

Parce que de ce côté du globe, on n’a pas peur des volcans islandais, les vols Christchurch-Sydney n’ont connu aucune perturbation la semaine dernière. J’ai donc pu passer trois heures et demi contorsionné à bord d’un vol de la compagnie low-cost Jetstar, avec trois amis de fac. Arrivés en fin d’après-midi dans la plus grande ville d’Océanie, nous avons pris un taxi direction le centre-ville, où des amis avaient gentiment accepté de nous héberger. J’ai tout de suite aimé Sydney. C’est une ville imposante (surtout quand on vient de Nouvelle-Zélande !), dominée par de nombreux buildings. C’est aussi une ville de caractère, qui contrairement à Auckland a laissé une place de choix à ses bâtiments du XIXe siècle. Il y a de la vie et du charme dans Sydney, avec des petits airs new-yorkais.

Le principal atout de Sydney réside selon moi dans sa localisation de bord de mer. C’est à cela que la ville doit son succès et sa célébrité. Quel régal ce fut le premier soir de se promener sur Circular Quay, entre le Sydney Harbour Bridge et la Sydney Opera House, entre les gratte-ciel et les bateaux ! Les amoureux s’y asseoient face à la baie, les touristes s’y prennent en photo, les hommes d’affaires y dînent. Il y a un petit côté bling bling dans cet endroit, mais sans trop d’arrogance. L’argent est visible sur les terrasses, mais la no worries attitude australienne est toujours là.

La femme au chapeau (Bondi Beach, Sydney)

En Australie, qui dit bord de mer dit plage, et qui dit plage dit Bondi Beach, le célèbre spot de surf de Sydney. Nous y sommes allés le lendemain matin, et nous n’avons pas été déçus ! Ambiance vacances, grand soleil, surfeurs en action, eau agréable, sable ultra-fin, beaucoup d’espace… Bondi Beach, c’est un peu le Santa Monica de l’hémisphère Sud ; l’équivalent de la série Alerte à Malibu s’y déroule d’ailleurs, sous le nom de Bondi Rescue (avec Pamela en moins et une dimension documentaire en plus). L’après-midi, nous avons embarqué pour une croisière d’un peu plus d’une heure dans Sydney Harbour, l’occasion de voir cette baie et ses monuments sous un autre angle. Joli spectacle, dont quelques photos témoignent sur mon album photo du voyage. Le soir, barbecue et apéro sur le toit de la résidence étudiante, et descente dans le pub voisin pour profiter de Sydney jusqu’au bout !

JOURS 3 ET 4 : PRINCES HIGHWAY

Et le road-trip commence ! Après avoir trouvé un deal d’enfer auprès de l’agence Thrifty Car Rental ($220 AUS, soit 153€ pour cinq jours), nous avons mis le cap au sud en début d’après-midi pour nous rapprocher de Melbourne en longeant la côte. Près de 500 km pour cette première journée de route, avec quelques arrêts du côté de Jervis Bay, réputée pour son sable le plus blanc au monde – c’est le Guinness Book qui le dit, mais c’était moyennement convaincant par temps gris… La nuit tombée, nous nous sommes arrêtés pour faire du camping sauvage sur une aire de repos à Quaama. Dîner aux chandelles (ou plutôt pâtes/sauce tomate/fromage à la lueur des lampes de front) et au dodo, deux dans la tente, deux dans la voiture, à la bonne franquette.

Sur les hauteurs de Lakes Entrance

Réveillés au son des (pas forcément mélodieux) chants des oiseaux locaux, nous sommes repartis on the road again pour notre plus grosse journée des vacances : 800 km sur la même route que la veille, la Princes Highway. Les enceintes de la radio ont alterné le bon et le moins bon, les panneaux de kangourous ont continué à défiler mais les marsupiaux n’ont pas daigné se manifester. Escale dans le joli village de Lakes Entrance pour le déjeuner. Je savais que le coût de la vie était plus élevé en Australie qu’en Nouvelle-Zélande, mais c’était particulièrement flagrant ici : $6 AUS le fish’n’chips, soit 4,20€, soit deux fois plus cher qu’en NZ !  Nous avons traversé Melbourne de nuit et continué vers l’ouest, jusqu’à Anglesea, au début de la Great Ocean Road. C’est là qu’il s’est enfin montré, majestueux, haut d’environ 1,50 m, debout dans un terrain vague entre deux maisons : notre premier kangourou du séjour ! :)

JOURS 5 ET 6 : GREAT OCEAN ROAD + GRAMPIANS NATIONAL PARK

Autant les paysages traversés lors des deux premiers jours de route n’avaient rien d’enthousiasmant, autant la suite s’est révélée riche en jolis points de vue. Ca tombe bien, c’est pour cela que nous avions choisi de venir sur la Great Ocean Road, cette portion de 250 km de route côtière située entre Melbourne et Adelaïde. Egalement surnommée Surfcoast Highway, elle attire de nombreux touristes grâce à ses plages au pied des collines et surtout à ses nombreux lookouts géologiques (London Bridge, Twelve Apostles…). Sa verdure et ses routes en épingle ne sont pas sans rappeler la Nouvelle-Zélande – une différence notable toutefois, la présence de koalas sauvages dans des arbres au bord de la route !

Notre journée s’est terminée un peu comme la veille, sous le signe du kangourou. Alors que nous roulions de nuit à la recherche d’un spot de camping, lancés à environ 80 km/h, un kangourou kamikaze a décidé de traverser la route juste devant nous ! Gros frisson dans la voiture, j’ai dû freiner en urgence, donner un grand coup de volant à gauche pour éviter l’animal puis un autre à droite pour rester sur la chaussée. Nous avons entendu un choc mais vu mon coup de volant je pense que la voiture n’a heurté que la queue du kangourou, qui a dû s’en sortir avec un gros bleu. Quant à nous, plus de peur que de mal, mais il nous a fallu quelques secondes pour nous remettre de nos émotions et reprendre la route… Sacré souvenir !

Coucher de soleil sur les "Twelve Apostles" de Port Campbell

Après un nouveau plat de pâtes/sauce tomate/fromage et une nuit à Peterborough, nous avons continué un peu à l’ouest avant de remonter vers le nord, pour atteindre le Grampians National Park. Situé sur la chaîne des monts Grampians, ce parc est le lieu de vie de nombreux kangourous mais aussi d’échidnés, oppossums et koalas. Halls Gap, la principale ville du parc, est le point de départ vers les sommets et vers de très jolis points de vue sur la vallée, dont les périlleux « Balconies » (voir mon album). La nuit tombant, nous avons repris la route pour commencer à nous rapprocher de Melbourne, installant notre campement sur une aire de repos à Cathcart.

JOURS 7, 8 ET 9 : MELBOURNE

Après une escale dans la « vieille » ville de Ballarat (qui connut son heure de gloire à l’époque de la ruée vers l’or), nous sommes enfin arrivés à Melbourne, dernière étape de notre séjour. A nouveau logés chez des amis, nous avons eu un peu plus de 48h pour découvrir la seconde ville d’Australie, éternelle rivale de Sydney. Malgré une population équivalente (4,5 millions d’habitants pour Sydney et 4 millions pour Melbourne), les deux cities me sont apparues très différentes. Le CBD de Melbourne est moins impressionnant que celui de Sydney. Les bâtiments y sont moins hauts et plus dispersés, avec un air plus provincial (comme c’est le cas de Christchurch par rapport à Auckland). Pour autant, l’ancienne première ville du pays (qui fut même la ville la plus riche du monde dans les années 1880 grâce à son or) trouve son charme ailleurs, dans son côté plus « indie ».

Flinders Street, Melbourne

Melbourne abrite des musées de très haut niveau. Le Melbourne Museum propose notamment deux formidables sections sur les populations aborigènes et sur l’histoire de la ville, tandis que le Australian Center for the Moving Image, situé dans les bâtiments futuristes de Federation Square, propose une plongée ludique et historique dans le monde du jeu vidéo, du cinéma et de la télévision. La visite de l’Old Melbourne Gaol, l’ancienne prison de Melbourne, est également un must-do, comprenant une insolite simulation de garde à vue dans les anciens locaux de la police.

Renforçant ce côté indie, des petites ruelles grouillent de commerces tandis que d’autres sont le terrain de jeu de talentueux graffeurs. Un tramway et des kiosques à journaux donnent des airs assez européens au centre-ville, une impression que l’on retrouve aussi dans le quartier de la plage de Saint Kilda, qui regorge de petits bars et de pâtisseries alléchantes. Loin du cliché de Bondi Beach, la mer y est plate et plutôt occupée par des méduses que par des surfeurs. Des pingouins sont visibles le soir au bout de la jetée, avec une jolie vue sur le CBD. It was nice to see you, Melbie.

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→ Ainsi s’est achevé ce voyage sur la côte sud-est de l’Australie. Nous n’aurons vu qu’une petite partie de cet immense pays, qui propose des paysages complètement différents dans l’ouest, le centre, le nord et même sur la Gold Coast à l’est. Un grand merci à Nasser, Elodie, Benoît et Ben pour nous avoir hébérgés à Sydney et à Melbourne et pour nous avoir si bien fait découvrir leurs villes adoptives !

→Mon album photo, composé de 69 images, est disponible en mode galerie en cliquant ici et en mode diaporama en cliquant là.

→Pour en savoir plus, je vous invite à vous plonger dans l’excellente blogosphère des étudiants de Sciences Po en Australie, probablement la meilleure de la promo (voir mes liens dans la colonne de droite). Mentions spéciales à Florian (Sydney) pour son blog aussi drôle qu’instructif, à Guillaume (Sydney) pour ses posts quotidiens et ses récits autour du monde et à Monelle (Brisbane) pour sa plume et sa capacité à entraîner le lecteur dans ses voyages…

Otago / Southland / Canterbury : cap au Sud !

Le mois dernier, juste avant la rentrée, je suis parti visiter le sud de l’Île du Sud avec mes parents. Suivez nous de Dunedin à Akaroa, en passant par Milford Sound et Mt Cook…

Nous sommes partis en avion de Christchurch pour rejoindre Dunedin, la deuxième ville de l’Île du Sud. En Nouvelle-Zélande, Dunedin est réputée pour son université – la plus ancienne du pays – et pour sa population étudiante, qui représente 20% des habitants de la ville (mais sans doute 70% de son animation). Dunedin est aussi la ville la plus écossaise de Nouvelle-Zélande. Son nom vient de « Dùn Èideann », la traduction gaélique d’Edimbourg, la capitale écossaise. Ceci dit, Dunedin reste une ville kiwie, donc pas très passionnante – surtout en période de vacances universitaires. Pour le fun, on y trouve quand même la rue la plus pentue du monde, inscrite au Guinness Book of Records, Baldwin Street. En 2001, cette rue a été le théâtre de la mort d’une étudiante qui s’était lancé dans sa descente à bord d’une poubelle.

Dunedin est la capitale de l’Otago, une région célèbre pour sa péninsule (Otago Peninsula), ses colonies d’albatros et de manchots antipodes (yellow-eyed pinguins) et ses Moeraki Boulders. Il s’agit de concrétions sphériques, lisses, libérées sur la plage par l’érosion – de véritables curiosités de la nature, expliquées dans cet article du blog Wakatrip. Si vous passez dans le coin, je vous invite à aller y faire un tour, ne serait-ce que pour explorer le potentiel photogénique de l’endroit !

Moeraki Boulders (Otago)

Nous avons ensuite traversé l’île d’est en ouest, quittant l’Otago pour le Southland, sur la State Highway 1. Une portion de cette route, reliant les villes de Clinton et de Gore, est joliment surnommée « Presidential Highway », en clin d’oeil à l’ancien président Bill Clinton et à son vice-président Al Gore. Arrivés dans le Fiordland, dans l’ouest du Southland, nous avons établi nos quartiers à Te Anau (dont je vous recommande la bakery, avec de vrais croissants !), au bord du lac éponyme. Le lendemain, destination Milford Sound…

Milford Sound est l’une des principales attractions touristiques de Nouvelle-Zélande. Situé au coeur du plus grand parc national du pays, ce fjord se parcourt en bateau ou en kayak, jusqu’à la mer de Tasmanie – voire à l’Australie pour les plus ambitieux ou les plus étourdis. Ses falaises, parmi les plus hautes du monde, sont parcourues en certains endroits par des cascades balayées par le vent et réduites en particules – magique ! La route menant à Milford Sound, en elle-même, vaut le coup d’oeil. Au coeur de la forêt vierge, chaque halte est prétexte à une découverte, comme les Mirror Lakes ou le Chasm (cf. mon album photo à la fin de l’article).

Mitre Peak (Milford Sound)

Prochaine étape, à l’intérieur des terres, pour commencer la remontée vers Christchurch : Twizel. Ce village, situé au milieu de nulle part et donc épargné de toute pollution lumineuse, bénéficie de l’un des ciels les plus purs et les plus dégagés du monde. Les amateurs d’astronomie s’y retrouvent donc régulièrement et les touristes ont la possibilité de participer à des activités sur ce thème. Je n’ai appris tout cela qu’après coup mais je me rappelle avoir été surpris par la puissance des étoiles en fermant mes rideaux le soir.

Autre particularité de la région : la couleur de l’eau des lacs et des rivières. Comme vous avez pu le constater sur ma photo de une, le bleu de l’eau est très particulier, clair et laiteux à la fois. Cette couleur s’explique par la présence de farine glaciaire dans l’eau, c’est-à-dire de particules en suspension issues des glaciers voisins. On retrouve cette particularité dans les lacs Pukaki, Tekapo et Ohau, à deux pas de Mount Cook, le plus haut sommet de Nouvelle-Zélande.

Vitrail naturel (Church of the Good Shepherd, Lake Tekapo)

Enfin, avant de rentrer à Christchurch, nous sommes allés faire un tour dans la Banks Peninsula. Je ne m’étendrai pas sur la question, puisque je vous avais déjà parlé d’Akaroa, la principale ville de la péninsule, à l’occasion de son French Fest. Juste pour vous dire que l’endroit reste magnifique, même si l’herbe dans les collines est forcément moins verte en été. Et que nous avons passé le week-end dans une maison de vacances 100% kiwi (ça s’appelle un « bach » et c’est une icône de la Nouvelle-Zélande du XXe siècle), avec une vue que je vous laisse découvrir à la fin de mon album photo.

A présent, car c’est bien là l’essentiel : cliquez ici pour consulter mon album photo « Down South ». L’option diaporama est disponible, comme d’habitude, en haut à droite de la page. Bonne visite, et merci Mum & Dad pour ces vacances !

Bienvenue à Akaroa ! (Banks Peninsula)

La Thaïlande, un peu, beaucoup, passionnément…

Coup de balai au Palais Royal

Coup de balai, tout doit disparaître ! De mes deux semaines thaïlandaises, il me reste encore quelques souvenirs à écouler et à partager avec vous. Des mots, des vidéos et un album photo…

Un peu…

… envie d’y retourner ! Mais cette fois avec un meilleur niveau de thaï. C’était la première fois que je me rendais dans un pays dont je ne parlais pas la langue et j’ai pu me rendre compte de l’obstacle que cela représente. L’anglais est certes présent en certains endroits mais uniquement à destination des touristes. La vie des gens ordinaires, elle, se dit et s’écrit en thaï – et c’est celle là qui m’aurait le plus intéressé. J’ai pu observer, échanger des regards ou des sourires, mais pas vraiment aller au-delà, à quelques exceptions (anglophones) près. A défaut de parler la langue, j’ai dû faire avec cette frustration et accepter de passer à côté de beaucoup de choses, dans un pays tellement différent du nôtre.

Le mystère de la chaise enchaîneé

Beaucoup…

… trop occidental ? Malgré les dommages causés par le tsunami de 2004, la Thaïlande reste un pays très touristique. Il n’y a qu’à voir Chiang Mai, la deuxième ville du pays, dont l’économie est toute tournée vers cette activité. A Bangkok, il suffit de pénétrer dans le quartier des affaires ou dans l’un des énormes « malls » (centres commerciaux) pour ressentir l’emprise de la globalisation. Les grandes enseignes mondiales y ont leurs quartiers, de Carrefour à McDonald’s, en passant par Starbucks, Apple, Vuitton ou encore L’Occitane en Provence et Manchester United ! De là à se sentir à la maison, il y a quand même un fossé. Bangkok grouille comme aucune autre ville de ma connaissance, le moindre espace de trottoir y est occupé par des vendeurs de nourriture, d’amulettes ou d’objets recyclés, dans un impressionnant brassage de bruits et surtout d’odeurs. La chaleur et l’étroitesse des habitats incitent les gens à vivre dehors, comme j’avais déjà pu le constater à Tahiti. Du coup, un simple trajet en taxi permet d’assister à ce spectacle urbain…

Passionnément…

… Muay Thai ! Forcément, la Mecque de la boxe thaï, c’est la Thaïlande. Sur les recommendations d’un de mes collègues des Nouvelles Calédoniennes, je me suis rendu à une soirée de combats à Bangkok. Les combats ont lieu tous les soirs, en alternance dans deux différents stades de la ville. Pour moi, c’était un mercredi au Rajadamnern Stadium, où un bon millier de passionnés s’était donné rendez-vous. Il existe trois catégories de places : la première, près du ring, est essentiellement occupée par les touristes et par des Thaïlandais fortunés tandis que la deuxième et la troisième sont le terrain de jeu des parieurs et des simples fans. Je suis allé dans la troisième (la moins chère) et le spectacle y était sans doute plus intéressant que sur le ring ! Les parieurs s’agitent comme à la Bourse, communiquant par des signes de main frénétiques et s’échangeant des billets à la fin de chaque combat, selon des règles incompréhensibles par le néophyte. Les stades de boxe font partie des rares endroits où les jeux d’argent sont autorisés en Thaïlande, et l’ambiance vaut vraiment le détour. « Hee! Hee! Hee! »

Et le seul KO de la soirée…

A la folie…

… royale ! Vous connaissiez sans doute le culte rendu au Bouddha par les Thaïlandais, mais connaissiez-vous leur vénération du roi ? Il s’appelle Bhumibol Adulyadej et s’est fait couronné sous le nom de Rama IX, en 1950 – ce qui en fait aujourd’hui le plus long règne pour un chef d’Etat en exercice. Âgé de 82, le roi est aujourd’hui très malade et la question de sa succession s’annonce comme un sacré défi pour le pays. En attendant (voire redoutant) ce moment, les Thaïlandais affichent ouvertement leur amour du roi, considéré comme le garant de la stabilité du pays face à une classe politique indisciplinée et corrompue. Son portrait est affiché à chaque coin de rue, dans les maisons, dans les magasins, dans les bâtiments publics et même dans les temples, à côté du Bouddha ! Gare donc à celui qui osera critiquer la famille royale et peut-être même à celui qui ne se lèvera pas pour l’hymne au début de chaque projection de cinéma…

Photos : Découvrez mon album photo consacré à Bangkok en cliquant ici. L’option diaporama est toujours disponible, en haut à droite de la page Flickr.

Pour un autre regard sur la Thaïlande : Je vous invite à lire les articles de Pauline, chez qui j’ai passé ces deux belles semaines – et que je remercie au passage. Elle a contribué à trois reprises au site Amphis d’@illeurs, avec un abécédaire de Bangkok, un récit de voyages et une visite dans un orphelinat de la capitale. Et une jolie plume avec ça !

Thaïlande : Mes tribulations nordiques

Quittant le bouillonnement de Bangkok, j’ai mis le cap sur le nord. Trois jours pour découvrir Ayutthaya, l’ancienne capitale siam, et Chiang Mai, la deuxième ville du pays.

JOUR 1 : AYUTTHAYA

Départ en train de Bangkok à 9h15, en retard. Assise à côté de moi, une Thaïlandaise d’une cinquantaine d’années, partant voir sa famille dans le nord. Elle commence à me parler. Son anglais est limité mais nous arrivons malgré tout à échanger : outre les questions usuelles pour faire connaissance, elle me donne des conseils de prononciation du thaï, je lui montre mes photos de voyage et elle me montre des images de sa famille – surtout de sa fille, étudiante à Londres, qu’elle aimerait bien que j’épouse…

Arrivé à Ayutthaya, je me fraye un passage entre les conducteurs de tuk-tuks venus à la pêche au client (tuk tuk! tuk tuk! where you go?) et j’entreprends de me rendre à pied dans le centre-ville. Il fait chaud, mon sac est chargé, mais c’est en marchant qu’on découvre le mieux une ville. Ayutthaya, capitale du royaume éponyme entre 1350 et 1767, mélange l’ancien et le moderne. Ses principaux points d’intérêt sont situés dans le parc historique qui couvre un bon tiers du centre-ville. Les temples ne manquent pas et le changement par rapport à Bangkok est notable : ici, quasiment pas de dorures, propres à la période moderne, mais de la brique et des ruines, dans un style proche des temples d’Angkor au Cambodge.

Une journée suffit amplement à visiter Ayutthaya, dont le centre est délimité par une rivière servant de douves naturelles. Je profite de mon temps libre en fin d’après-midi pour déambuler dans le marché, où je suis peut-être le seul à souffrir de l’odeur pestilentielle, comme dans les marchés de Bangkok. Arrivé en avance à la gare, je me trouve un banc près d’un ventilateur (ahhhh, bonheur !) et, à 18h, comme tous les jours dans les lieux publics, l’hymne national retentit. Chacun suspend ses activités pour se lever et écouter la mélodie religieusement – un instant vraiment impressionnant ! Mon train pour Chiang Mai finit par arriver, en retard, et je passe la soirée à jouer aux cartes avec un couple de joyeux retraités australiens, Frances et Charly.

Lit suspendu à Ayutthaya

JOUR 2 : CHIANG MAI

Après une nuit meilleure que prévue dans les couchettes de la State Railway of Thailand, me voilà à Chiang Mai, parti pour 34 heures dans la deuxième ville du pays. Mon projet est de passer la première journée à découvrir la ville elle-même et de consacrer la seconde à une virée dans la campagne thaïlandaise. Malheureusement, du fait de mon arrivée relativement tardive à Chiang Mai et de mon départ à 16h30 le lendemain, il faut que je fasse une croix sur les sorties à la journée proposées par les innombrables sociétés touristiques de la région. Je passerai donc deux jours à Chiang Mai, ce qui me permettra de prendre mon temps dans l’exploration de la ville…

Pour découvrir le centre, je me lance dans une balade suggérée par le guide Lonely Planet, permettant de découvrir quelques uns des principaux temples de Chiang Mai en deux ou trois heures. J’y passerai finalement la journée, m’accordant la liberté de détours ou d’arrêts non programmés, soit la garantie d’une certaine dose d’insolite. Jugez en par vous même sur cette vidéo…

Un temple, puis un autre, puis un autre… et soudain la prison pour femmes de Chiang Mai. Je ne suis pas un expert du système carcéral thaïlandais mais la notion de réinsertion y est visiblement à l’honneur : en face du bâtiment de détention, un « Prison Product Shop ». On peut y acheter des broderies réalisées par des femmes détenues, à qui les bénéfices seront remis à leur sortie de prison. On peut même se faire prodiguer des massages thaï ou des foot massages par des détenues, formées durant leur détention et ensuite embauchées en centre-ville par le salon Lila Thaï Massage, créé par la directrice de la prison en 2001. Je suis allé tester ce salon en fin de journée et je ne peux que vous le recommander ! :) Autre initiative à saluer : un café-restaurant tenu par des détenues vous régale tous les jours de 8h30 à 16h, en terrasse ou à l’intérieur. Comme l’indique l’affiche, “Food and service of Chuan Chom Restaurant are part of vocational training programmes of Chiang Mai Women Correctional Institution”.

Et pour finir, le “Monk Chat”, ou comment je suis devenu ami Facebook avec un moine thaïlandais ! Le Monk Chat est une activité proposée sur une terrasse entre le temple Wat Chedi Laung et la Lanna Buddhist University. Les touristes ont la possibilité d’aller y discuter avec des moines, dans un échange permettant à ces derniers d’améliorer leur anglais. J’y passe deux ou trois heures, rencontrant quatre « orange men ». Deux d’entre eux sont des novices (moins de 20 ans), les deux autres sont de véritables moines, et tous portent la fameuse toge orangée. Et tous sont de ma génération. Yod me parle de sa passion pour le foot et pour le club londonien d’Arsenal, « avec les Français Gallas, Sylvestre, et aussi Clichy, que j’adore ». Une passion pourtant difficilement compatible avec le statut de novice, qui interdit à Yod la pratique du sport. Mais rien n’y fait, ça bout en lui, et parfois il craque, partant taper dans la balle – de tennis, pour rester discret. « Mais après m’être défoulé, quand je pars méditer, je sais que j’ai enfreint la règle et je ne suis pas au clair avec moi-même », me confie-t-il, déchiré entre religion et passion.

Et il y a Tawatchai, 23 ans, dont le rire me rappelle celui d’un ami malaisien de Christchurch. Tawatchai rigole beaucoup, et il aime surtout quand je me mets à caricaturer l’accent frrrrrenchy. Chaque matin, comme tout le monde au temple, il parcourt les rues de Chiang Mai, où les habitants lui offrent de la nourriture. Le reste de sa journée est consacrée aux études, à la méditation et au Monk Chat. Son avenir ? Il n’en sait rien ; peut-être une vie de moine, ou peut-être le retour à la vie normale, comme la plupart des moines après l’université. En attendant, il m’offre son bracelet (« for meditation »), m’invite à boire un smoothie dans un café voisin et prends mon nom pour m’ajouter sur Facebook. Quelle journée !

Add a monk as a friend

JOUR 3 : CHIANG MAI

Remis de toutes ces émotions après une nuit d’hôtel (8€ la chambre en-suite), je retourne déambuler dans la ville, sans grande idée de mon programme de la journée. Heureusement, le hasard fait bien les choses : ce dimanche marque l’ouverture du 34e festival de la fleur de Chiang Mai, avec un grand défilé le long de la rivière Mae Ping. Le ciel bleu est en rendez-vous, les touristes se mêlent aux locaux sur les trottoirs et les photographes s’en donnent à cœur joie. Le cortège est aussi long que magnifique. Des Thaïlandais de tous âges remontent la grande rue du centre-ville, habillés en costumes traditionnels, jouant de la musique ou montés sur de grandioses chars fleuris. Je vous laisse découvrir cette belle fête et tous ces sourires dans mon album photo en fin d’article.

En début d’après-midi, je décide de filer au zoo de Chiang Mai. Je ne suis pas un grand fan des zoos mais il paraît que celui-ci permet de voir des pandas, ce qui me tente bien. Et, surtout, ce zoo se trouve à la sortie de la ville, quasiment dans la jungle, soit l’occasion de voir autre chose que la Thaïlande urbaine. Finalement, je ne garderai pas un grand souvenir de cette excursion. Ce zoo se parcourt en navette, sur des routes goudronnées, ce qui enlève toute impression de randonnée dans la nature. Mais les pandas étaient bien là…

L’heure du départ approche et la gare se trouve à l’autre bout de la ville, à 10 km. Je négocie le trajet en tuk-tuk pour 100 bahts (2€). Dernières images de la ville et je monte dans le train, qui mettra quinze heures à rejoindre Bangkok. Suffisamment de temps pour se remettre les idées en place, après un week-end « bref et intense », comme on dit.

PHOTOS : Pour accéder à mon album Flickr, cliquez ici. Vous pourrez regarder les photos une par une ou sélectionner l’option « Diaporama », en haut à droite. Vos commentaires sont les bienvenus !

Lettres de Nouvelle-Calédonie : mon abécédaire

Après un mois passé sur le Caillou, voici un compte-rendu de mon expérience calédonienne. Des choses vues, lues, entendues, vérifiées (ou pas) et résumées (ou pas) en 26 lettres.

A comme Aridité. C’est la première chose qui m’ait marquée à mon arrivée : la Nouvelle-Calédonie (en tout cas sa côte ouest) est un pays sec, où la végétation est loin d’être aussi dense qu’à Tahiti. Avec sa terre rouge et ses paysages de savane, on se croirait en Australie, voire en Afrique.

B comme Brousse. En Calédonie, on ne parle pas de campagne, mais de brousse.

C comme Cricket. Idée sujet pour L’Equipe Mag : alors que le cricket est à peu près aussi pratiqué en Métropole que le curling sur Mars, ce sport déchaîne depuis longtemps les passions en Nouvelle-Calédonie, en particulier chez les femmes. Ces dernières le pratiquent en tenue traditionnelle (robe mission), avec des battes taillées à la main et des balles fabriquées à partir de la sève d’un des arbres les plus emblématiques du territoire : le banian. Importé par les missionnaires anglais, c’est devenu un sport traditionnel en Calédonie, avec des règles différant du cricket du Commonwealth.

Match de cricket en Province Sud

D comme Diversité. La population calédonienne a beau vivre sur une île, elle n’en est pas moins hétérogène : outre les indigènes Kanaks, qui comptent pour près de la moitié des 250 000 habitants de l’archipel, on trouve des Caldoches (descendants d’anciens bagnards ou de colons libres européens), des Polynésiens du Sud (essentiellement de Wallis et Futuna), des Tahitiens,  des Indonésiens, des Vietnamiens, des Chinois et bien sûr des Métropolitains. Diversité linguistique également, car on compte 28 langues Kanaks différentes !

E comme Economie. La Nouvelle-Calédonie possède l’une des économies les plus fortes de l’outre-mer français. J’avais déjà pu m’en rendre compte quand j’étais à Tahiti, où la Calédonie est regardée à la fois avec respect et jalousie. Principal raison de ce succès : le nickel, dont l’archipel possède un quart des réserves mondiales connues. Plus grosse société locale, la Société Le Nickel (SLN) est le premier employeur privé sur le territoire, avec 2 400 salariés. Une aubaine pour le gouvernement calédonien, qui peut se vanter d’un taux de chômage particulièrement faible depuis quelques années (environ 5% en 2008).

F comme Football. La personnalité calédonienne la plus connue est un ancien footballeur, champion du monde en 1998 et d’Europe en 2000 : Christian Karembeu, alias « le cheval fou ».

Son troisième trophée est slovaque.

G comme Grande Terre. La Nouvelle-Calédonie est composée d’une île principale, appelée la Grande Terre.

H comme Harmonica. C’est l’un des instruments principaux de la musique calédonienne. On le retrouve notamment dans le kaneka, un courant qui se situe au confluent du reggae et du blues.

I comme Île des Pins. C’est l’un des joyaux de la Nouvelle-Calédonie, où j’ai eu la chance de me rendre en reportage pour mon dernier week-end sur le territoire. Située à deux heures de ferry de Nouméa, on y trouve des plages magnifiques, une piscine naturelle, des forêts de pins, des fonds marins impressionnants… A la fin du XIXe siècle, transformée en bagne, la moité ouest de l’Île des Pins a accueilli 3 000 déportés de la Commune de Paris ainsi que des condamnés de la révolte kabyle de 1871. Plus récemment, ce sont les participants à la saison 5 du jeu télévisé « Koh Lanta » qui ont investi les lieux.

Coucher de soleil sur l'île des Pins

J comme Japonais. Visiblement, avant de se frotter à Paris, les touristes japonais viennent s’entraîner en Nouvelle-Calédonie. Dans les rues de Nouméa, on les retrouve beaucoup en couple, âgés d’une vingtaine d’années, pour ce qui est probablement leur premier voyage à deux. Munis de leur inévitable appareil photo, ils détonent par leur style vestimentaire et leurs protections contre le soleil. J’ai également croisé des groupes de jeunes Japonaises au phare Amédée et sur l’île des Pins, visiblement pas refroidies par un drame survenu en 2002, où une Japonaise avait été retrouvée mutilée et en partie carbonisée sur le rocher sacré de Kanuméra.

K comme Kanaks. C’est le nom des autochtones calédoniens. Leur habitat traditionnel, en tribu, est situé à l’écart des axes principaux et on y accède en empruntant des chemins de piste nécessitant parfois un 4×4. Sur ces pistes ou sur les îles, tout le monde se salue, souvent en sortant la main par la vitre et en levant le pouce – une pratique très agréable qui donne une bonne idée de l’accueil en tribu. Un nombre grandissant de Kanaks vit à Nouméa (environ un sur quatre aujourd’hui), adoptant un style de vie à l’occidentale qui n’est pas sans effet sur la vie dans les tribus et la force du lien communautaire. Se souvenir enfin qu’il y a moins d’un siècle, à l’Exposition coloniale de Paris de 1931, on exposait des Kanaks en cage, comme des « animaux sauvages ».

L comme Loyauté. Avec la Province Nord et la Province Sud, la Province des îles Loyauté est l’une des trois collectivités administratives de la Nouvelle-Calédonie. Elle regroupe les quatre îles situées à l’est de la Grande Terre : Maré, Tiga, Lifou et Ouvéa.

Les provinces de Calédonie

M comme Mortalité routière. Tous les lundis, en ouvrant le journal, le constat est le même : « la route a encore tué ce week-end en Calédonie ». Aux problèmes d’alcool, de vitesse et d’absence de permis de conduire connus en Métropole, s’ajoutent deux phénomènes plus spécifiques à l’outre-mer : la vétusté du parc automobile, due à l’insularité de la Calédonie et par conséquent à son marché de l’occasion très développé, et le problème des passagers dans les bennes des pick-ups, une pratique interdite depuis 2007 mais encore très fréquente en Brousse. A noter également qu’en Calédonie le contrôle technique n’est obligatoire que lors de la vente d’un véhicule de plus de cinq ans et que le permis à points n’existe pas.

N comme Nouméa. Située sur une presqu’île, c’est la capitale de la Nouvelle-Calédonie, où vit près de la moitié de la population. Elle ne ressemble en rien à Papeete, en Polynésie française : les rues sont larges et aérées, des panneaux indiquent le nom des rues, les transports en commun sont (bien) organisés, le front de mer s’étend sur plusieurs kilomètres avec des plages, des clubs nautiques, des promenades, des restaurants, des discothèques… bref, on se croirait en Métropole ! La majorité des habitants y est d’ailleurs d’origine européenne, contrairement au reste du territoire.

O comme Océanie. Tout comme la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie fait partie du continent océanien. Selon une classification proposée en 1831 par l’explorateur Jules Dumont d’Urville, l’Océanie est divisée en trois grandes régions : la Polynésie (« les nombreuses îles »), la Mélanésie (« les îles noires », comprenant la Nouvelle-Calédonie) et la Micronésie (« les petites îles »). Au niveau de la culture indigène, des points communs existent entre ces différentes régions. Et au rayon économique, du fait de la proximité avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, on retrouve de nombreux produits importés dans les magasins calédoniens, notamment les fameux biscuits TimTam.

Découpage, à la hâche, de l'Océanie

P comme Poya. C’est le nom d’une commune située sur la côte ouest, à 220 km au nord de Nouméa. J’y ai passé un week-end, à 20 km de route et de piste du village, dans le cadre d’un reportage au sein de la tribu de Nétéa. Mon hôte d’un soir : Reine Pourudeu, qui a décidé de se lancer dans le tourisme chez l’habitant, de plus en plus proposé dans les tribus. Une immersion très intéressante dans ce mode de vie traditionnel, au plus proche de la nature, marqué par une auto-suffisance alimentaire. La végétation est prolifique, donnant des mangues, des papayes, des ananas, des pommes lianes, des taros, des ignames, du manioc, des salades, des tomates, du maïs ; les cerfs et cochons sauvages sont chassés en forêt, et les crevettes pêchées en rivière. J’ai longuement discuté avec son neveu Patrick, qui voit la Calédonie comme un poisson, dont la chaîne de montagne centrale serait la colonne vertébrale, les rivières les veines et la terre la chair.

Q comme Quotas. Vous aimez la politique des quotas ? Vous aimerez sans doute la loi sur l’emploi local, récemment votée par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Grosso modo, il s’agit de donner la priorité aux Calédoniens de souche dans l’accès à l’emploi, en empêchant les nouveaux venus de postuler aux offres pouvant intéresser les locaux. Un dossier brûlant couvert par Les Nouvelles Calédoniennes ici, ici et .

R comme République. Ancienne colonie française et ancien territoire d’outre-mer (TOM), la Nouvelle-Calédonie est depuis 1999 une collectivité d’outre-mer dite « sui generis », de son propre genre. Elle est dotée de sa propre assemblée, habilitée à voter des lois du pays : le Congrès. Elle possède aussi un gouvernement, élu par le Congrès, et aujourd’hui présidé par Philippe Gomès. Comme en Polynésie, l’Etat est représenté par un haut-commissaire de la République, fonction actuellement occupée par Yves Dassonville. En Métropole, la Calédonie est représentée par les députés Gaël Yanno et Pierre Frogier et par le sénateur Simon Loueckhote (tous trois UMP).

Remise de médaille par Yves Dassonville à Ouvéa

S comme Stockmen. C’est le nom des cow-boys locaux, présents essentiellement sur la côte ouest. Il en existe un sur la côte est, du côté de Thio : il s’appelle Raymond Lacrose et je me suis baladé à cheval avec lui sur sa propriété, où il garde du bétail et organise des randonnées équestres. Vous pouvez le voir dans mon album photo, à la fin de cet article.

T comme Tribu. L’un des éléments clés de la société calédonienne, qui résiste tant bien que mal au rouleau compresseur de l’occidentalisation. Une tribu regroupe plusieurs clans, qui eux-mêmes regroupent plusieurs familles. Depuis 1898, chaque tribu fait partie d’un « district », à la tête duquel se trouve un grand chef chargé des affaires dépassant les chefs de tribus. La Calédonie compte actuellement 57 districts et 340 tribus, représentés par des conseils coutumiers (dans chacune des 8 aires coutumières) et à l’échelon supérieur par le Sénat coutumier, qui siège à Nouméa. Les chefs demeurent localement le lien indispensable avec les pouvoirs publics. Reste que la place de la règle coutumière dans l’ordre juridique calédonien n’est toujours pas résolue… Pour en savoir plus sur la vie en tribu, cette sympathique vidéo.

U comme USTKE. L’Union syndicale des travailleurs Kanaks et des exploités (USTKE) est le second syndicat calédonien. C’est surtout le plus médiatique, qui fait parler de lui à travers de longues grèves et des actions violentes qui lui ont déjà valu de nombreuses poursuites judiciaires.  Avec comme slogan « Usines, Tribus, même combat », il défend essentiellement les ouvriers d’origine mélanésienne. Composante fondatrice du Front de libération nationale Kanak et socialiste (FLNKS, le grand parti indépendantiste Kanak), l’USTKE possède depuis 2007 son propre parti, le Parti travailliste. Affilié CGT, il est encore plus proche de la Confédération paysanne de José Bové, lequel vient d’ailleurs de rendre visite au leader de l’USTKE Gérard Jodar, incarcéré jusqu’à peu au Camp-Est, la prison (convertie en gruyère) de Nouméa.

Affrontements en marge d'une manif, le 5 août 2009

V comme Vata. L’Anse Vata est en quelque sorte la Promenade des Anglais de Nouméa. La plage d’un côté, des restos/bars/boîtes de l’autre, bref des airs de station balnéaire de la Côte d’Azur. Il paraît que c’est un rituel pour les Calédoniens s’exilant à l’étranger de quitter le Caillou après une dernière balade sur la promenade de l’Anse Vata.

W comme Week-end. Tous les samedis, dans Les Nouvelles Calédoniennes, retrouvez Week-end, le supplément des loisirs en Nouvelle-Calédonie. Voilà la publication pour laquelle j’ai travaillé durant ce mois à Nouméa, en plus de quelques articles pour le quotidien. Un stage sur un air de Guide du Routard donc, particulièrement en cette période de grandes vacances, où je suis allé passer trois week-ends chez l’habitant, où j’ai fait mon baptême de canyoning, bref où j’ai joint l’utile à l’agréable.

X comme XPF. C’est le code donné à la monnaie utilisée en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et à Wallis-et-Futuna : le franc Pacifique. Officiellement, cette devise porte le nom de franc CFP, valant pour franc des Colonies françaises du Pacifique.

Au recto, la Polynésie. Au verso, la Nouvelle-Calédonie.

Y comme Yann Arthus Bertrand. Sans la Nouvelle-Calédonie, Yann Arthus Bertrand ne serait peut-être pas aussi connu mondialement. La photo de couverture de son livre best-seller « La Terre vue du ciel » a en effet été prise dans les airs de la Province Nord, au-dessus du Coeur de Voh, une clairière naturelle dans la mangrove bordant le lagon calédonien. Pour vous rafraîchir la mémoire, la photo est ici.

Z comme Zoreille. Lors de mon mois en Calédonie, j’en étais un. Un Zoreille, un Métropolitain quoi !  L’origine de ce surnom est douteuse, comme en témoigne cet article de Wikipedia.

Et en guise de dernier témoignage de mon aventure calédonienne, ces 55 photos…