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The End: Le Pari Kiwi tire sa révérence

Je suis rentré en France ce mardi. Mon aventure néo-zélandaise étant terminée, l’heure est venue de mettre un point final à ce blog… Soyez indulgents, ceci est ma première nécrologie.

Un maillot des All Blacks, un t-shirt « Sweet As », des tessons de bière Tui, un petit drapeau néo-zélandais, des tikis maoris, un dessous de verre du Sullivans Pub… Mais aussi des colliers de coquillages polynésiens, une serviette de plage Hinano Tahiti, des gravures mélanésiennes, une statuette thaïlandaise, un petit boomerang australien…  Dis-moi quels souvenirs tu as rapportés, et je te dirai quelle fut ton année à l’étranger ? Il y a sans doute un peu de cela. Certains de ces objets-souvenirs ont été achetés en tant que tels, pour garder une trace d’un passage dans tel ou tel endroit. D’autres ont une saveur plus particulière, parce qu’ils ont été offerts ou simplement parce qu’ils sortent de l’ordinaire des gift shops, avec une anecdote derrière eux. Dans quelques temps, la contemplation de ces objets permettra de se rafraîchir la mémoire et se replonger dans cette année néo-zélandaise. Mais bon, le matérialisme a ses limites. L’objet-souvenir est avant tout l’avatar du touriste. Le voyageur, lui, ramène des histoires.

Si elle a eu quelques parenthèses touristiques, mon année à l’autre bout du monde a surtout été un voyage – mon premier hors d’Europe. J’y ai vécu des moments forts, certains racontés sur ce blog, d’autres pas. Une après-midi à discuter avec des jeunes moines thaïlandais, une soirée en plein hiver au cœur de la Nouvelle-Zélande dans des sources d’eau chaude, un week-end de reportage dans une tribu kanak, deux jours à préparer un repas traditionnel maori… Cette année aura aussi été l’année des baptêmes : de ski, de canyoning, d’équitation et même de l’air !

Nouméa-Auckland, un de mes 19 vols de l'année

J’étais à l’étranger pour deux semestres d’échange à la University of Canterbury. Sans surprise, c’est à Christchurch que j’ai passé le plus de temps cette année. 12h de cours par semaine, à apprendre quelques mots de maoris, à me plonger dans la vie politique de la Nouvelle-Zélande et des pays du Pacifique, à remonter les couloirs de l’histoire locale… Une immersion avec les étudiants néo-zélandais, ces représentants de la no worries attitude, jamais frileux quand il s’agit de venir à la fac en skate, en shorts et en tongs (voire pieds nus !). Un rapport différent avec les professeurs, qui se font appeler par leur prénom. Et puis de nombreuses journées à s’offrir du bon temps, dans les résidences du campus, dans les bars de la ville, sur les routes du pays. Le tout avec des amis de toutes origines : kiwis, américains, britanniques, français, allemands, saoudiens, malaisiens…

Trois belles cerises sont venues s’ajouter sur ce gâteau, entre novembre et février. D’abord, un mois à Tahiti, pour un stage dans un journal local. Une expérience journalistique passionnante, à couvrir une nouvelle crise politique polynésienne, mais aussi une belle aventure humaine, à découvrir le mode de vie tahitien et à nouer des liens avec mes collègues et de la famille vivant sur place. Puis, un mois en Nouvelle-Calédonie, pour un nouveau stage. Une actualité moins mouvementée, mais du coup plus de temps pour découvrir les merveilles du Caillou et de ses îles. Et encore une rédaction très sympathique. Enfin, deux semaines en Thaïlande, chez une amie de Sciences Po. Un choc culturel encore plus fort que dans le Pacifique, avec cette fois-ci l’obstacle de la langue ! Des souvenirs en pagaille, à l’arrière des moto-taxis de Bangkok, au milieu d’une manifestation des « chemises rouges » ou à la terrasse du café de la prison pour femmes de Chiang Mai. Trois cerises, et même un peu de sucre glace, avec dix jours de road-trip en Australie, le pays des kangourous kamikazes…

Au milieu d'un sit-in des "chemises rouges" à Bangkok

Le Pari Kiwi a joué un rôle important dans mon année à l’étranger. Vous avez pu m’y suivre dans ma préparation de mon voyage et sur chacun de mes 19 vols à travers le monde. 69 articles, 23 albums photos, 28 vidéos ; j’espère qu’il y en a eu pour tous les goûts ! En un peu plus d’un an, Le Pari Kiwi aura reçu 35 000 visites, venant des six continents (dont une base scientifique française en Antarctique !). Plus important à mes yeux, 273 commentaires sont venus renforcer l’intérêt des mes posts, avec généralement beaucoup de gentillesse. Ma boîte leparikiwi sur hotmail m’a également permis d’avoir des échanges très intéressants sur la Nouvelle-Zélande, aussi bien avec des personnes préparant leur voyage qu’avec des étudiants ou de simples curieux. Enfin, sur Facebook, les 170 abonnés à mon groupe ont pu recevoir ma newsletter mensuelle et ainsi rester à jour avec mes articles.

Merci à tous ceux qui m’ont suivi durant cette année et ont contribué à leur façon à en faire une aventure mémorable. Une pensée particulière à mes parents et à tous ceux qui ont dû me supporter au cours des douze derniers mois ! J’ai pris beaucoup de plaisir à animer ce blog et à partager mes aventures avec vous ; j’espère que ce fut réciproque ! L’aventure parikiwiste s’arrête là, mais le blog restera ouvert aussi longtemps que possible, pour permettre à ceux qui le souhaitent de s’y (re)plonger. Voilà, c’était mon premier blog, il y en aura peut-être d’autres. A mon retour à Paris, je vais intégrer l’Ecole de journalisme de Sciences Po. Retour au métro-boulot-dodo. Avec des souvenirs pleins la tête !

Que diriez-vous d’un petit sondage-photo pour terminer ? J’ai sélectionné 10 de mes photos préférées prises lors de cette année ; à vous de voter pour votre favorite ! Merci pour votre participation :-)

1. Le calme des jardins botaniques de Christchurch.

Des bancs qui attendent leurs promeneurs.

Une lumière qui se reflète sur les herbes hautes.

2. Le soleil se couche sur la baie de Sumner.

Une bouée qui défie le courant,

et un oiseau qui survole le paysage.

3. Vue sur les Port Hills de Christchurch.

Un rayon de soleil perce les nuages.

Des airs irlandais.

4. Jour de tempête à Kaikoura.

Ciel menaçant

et sommets enneigés.

5. Coucher de soleil en Nouvelle-Calédonie.

Le parallélisme des vagues et des nuages

défié par les derniers rayons.

6. Deux jeunes moines thaïlandais.

Deux touches de couleur.

Et un oeil doré.

7. Une marchande à Bangkok.

Moment de vie quotidienne.

Léger flou artistique.

8. Sur la plage de Moeraki.

Un tableau signé Dame Nature.

Un rocher ou un globe ?

9. Soirée au lac de Te Anau.

Douceur de la lumière.

Un canard à la traîne.

10. Il n’y a pas que des surfeurs en Australie.

Il n’y a pas que des kangourous en Australie.

Il n’y a pas que des déserts orange en Australie.

Voir Wellington et puis partir…

A moins d’une semaine de mon départ de la Nouvelle-Zélande, je n’avais pas encore visité la capitale Wellington. Trois jours de vacances m’ont permis de remettre les pendules à l’heure…

A mon arrivée en juillet 2009, j’avais « osé » écrire sur ce blog que « Christchurch est la deuxième ville de Nouvelle-Zélande ».  N’écoutant que son courage, un ami-lecteur de Wellington (le dénommé Yoyote) m’avait laissé un commentaire pour s’insurger et défendre sa cité d’adoption : « c’est la capitale que diable » ! Le débat était lancé : qui de Chch ou Welli mérite la place de deuxième ville de NZ, derrière l’incontournable Auckland ? En termes de population, je lui avais répondu que la palme revenait de justesse à l’aire urbaine de Christchurch, avec 382 200 habitants, contre 381 900 à Wellington. Un peu léger, surtout au vu de la densité de population supérieure de la capitale. Quid alors de l’animation de la ville, de son intérêt culturel, de son prestige politique, de sa vie économique ? Je suis allé chercher la réponse sur le terrain cette semaine !

Arrivée mardi en début d’après-midi, après 45 minutes de survol des côtes néo-zélandaises et du détroit de Cook. Le ciel est gris comme à Christchurch mais « windy Wellington » est à la hauteur de sa réputation : le vent souffle fort, très fort. Entre l’aéroport et le centre-ville, le bus longe la baie, qui me rappelle Dunedin. Les maisons ne se distinguent pas par leur modernité, mais donnent un charme « retro » au quartier de Mount Victoria (et ce n’est pas souvent que je trouve du charme dans une ville néo-zélandaise!). Après un ravitaillement à Burger Fuel, la chaîne de fast-food « gourmet » de NZ, mes deux amis et moi trouvons une auberge de jeunesse en plein centre-ville, en face du City Council. La visite proprement dite peut enfin commencer.

Les bâtiments du Parlement (dont la Beehive, à gauche)

Puisque le temps reste pluvieux, nous privilégions une activité d’intérieur : le Parlement. Les députés ne siègeant pas cette semaine, nous devons nous contenter d’une simple visite guidée. Loin d’atteindre l’excitation d’une séance plénière, l’exploration du Parlement n’en est pas moins instructive. Le bâtiment est composé de trois parties distinctes, reliées par des couloirs : la Beehive (la ruche), construite dans les années 70 et occupé principalement par le gouvernement ; le bâtiment principal, en pierre grise, abritant la chambre des représentants et l’ancienne chambre haute ; et enfin la bibliothèque du Parlement, que l’on croirait presque inspirée du Château de la Belle au bois dormant. Le contraste des styles est intéressant, tout comme les anecdotes sur la vie politique locale. Nous avons même la chance d’apercevoir le premier ministre John Key, à sa sortie d’une réunion.

Le lendemain, bonne surprise au réveil : ciel bleu ! Nous commençons par partir à la découverte des quais, au milieu des joggeurs. La promenade n’est pas aussi majestueuse qu’à Sydney mais n’est pas désagréable. Des oeuvres d’art y sont exposées, notamment sur un pont à proximité de la City Gallery, où Para Matchitt a livré un travail me rappelant les installations de Takis à La Défense. Toujours sous le soleil (et le vent), nous retournons prendre quelques photos au Parlement. Pour pimenter le début d’après-midi, un agent de sécurité remarque une valise abandonnée sur un banc en face du bâtiment principal. Des renforts arrivent un à un, sans grande conviction, se contentant juste d’empêcher les passants de s’approcher du banc. Alors que nous nous attendons depuis près d’une heure à voir débarquer une équipe de démineurs sur-entraînés, c’est finalement le propriétaire de la valise qui fait son apparition… et vient tranquillement récupérer son bien ! No worries, vous êtes en Nouvelle-Zélande…

Les oeuvres maories de Para Matchitt

Pour finir la journée, nous montons dans le cable car (le funiculaire local) afin d’observer Wellington depuis les hauteurs. C’est aussi l’occasion de se promener dans les jardins botaniques, plus sauvages et escarpés que ceux de Christchurch. La nuit tombant, retour au centre-ville pour une petite session shopping. Toutes proportions gardées, Wellington me fait alors penser à Londres en hiver, grâce à son plan moins géométrique que Christchurch ou Auckland, et avec Kirkcaldie & Stains en guise de mini-Harrods sur Lambton Quay. Le soir, après un sympathique échauffement dans le bar de notre auberge et dans un PMU local, nous nous rendons au Backbencher Pub, pour assister à l’émission politique de TVNZ 7, Back Benches. L’émission est disponible à cette adresse : http://tvnz.co.nz/back-benches/s2010-e17-video-3582772.

Enfin, mercredi, direction Te Papa, le musée national de la Nouvelle-Zélande. Ses collections touchent aussi bien à l’art, à la science, à l’histoire et aux cultures du Pacifique, offrant une visite distrayante et adaptée à tous les publics. Profitant de l’ouverture du Matariki Festival célébrant le Nouvel An maori, nous avons pu assister à un concert gratuit organisé dans le musée en présence de sept chanteuses maories. De très belles voix pour conclure notre séjour dans la capitale ! Alors, Wellington, deuxième ville de la Nouvelle-Zélande ? Sans doute. Et certainement ma préférée !

Concert au marae de Te Papa

Photos : Mon album Flickr est disponible en mode galerie en cliquant ici et en mode diaporama en cliquant là.

Visite en Australie, ce petit îlot à l’ouest de la NZ

Tiens, des vacances, ça faisait longtemps ! Profitant de cet énième break universitaire, j’ai traversé la mer de Tasmanie pour un road-trip à quatre entre Sydney et Melbourne… Boing !

JOURS 1 ET 2 : SYDNEY

Parce que de ce côté du globe, on n’a pas peur des volcans islandais, les vols Christchurch-Sydney n’ont connu aucune perturbation la semaine dernière. J’ai donc pu passer trois heures et demi contorsionné à bord d’un vol de la compagnie low-cost Jetstar, avec trois amis de fac. Arrivés en fin d’après-midi dans la plus grande ville d’Océanie, nous avons pris un taxi direction le centre-ville, où des amis avaient gentiment accepté de nous héberger. J’ai tout de suite aimé Sydney. C’est une ville imposante (surtout quand on vient de Nouvelle-Zélande !), dominée par de nombreux buildings. C’est aussi une ville de caractère, qui contrairement à Auckland a laissé une place de choix à ses bâtiments du XIXe siècle. Il y a de la vie et du charme dans Sydney, avec des petits airs new-yorkais.

Le principal atout de Sydney réside selon moi dans sa localisation de bord de mer. C’est à cela que la ville doit son succès et sa célébrité. Quel régal ce fut le premier soir de se promener sur Circular Quay, entre le Sydney Harbour Bridge et la Sydney Opera House, entre les gratte-ciel et les bateaux ! Les amoureux s’y asseoient face à la baie, les touristes s’y prennent en photo, les hommes d’affaires y dînent. Il y a un petit côté bling bling dans cet endroit, mais sans trop d’arrogance. L’argent est visible sur les terrasses, mais la no worries attitude australienne est toujours là.

La femme au chapeau (Bondi Beach, Sydney)

En Australie, qui dit bord de mer dit plage, et qui dit plage dit Bondi Beach, le célèbre spot de surf de Sydney. Nous y sommes allés le lendemain matin, et nous n’avons pas été déçus ! Ambiance vacances, grand soleil, surfeurs en action, eau agréable, sable ultra-fin, beaucoup d’espace… Bondi Beach, c’est un peu le Santa Monica de l’hémisphère Sud ; l’équivalent de la série Alerte à Malibu s’y déroule d’ailleurs, sous le nom de Bondi Rescue (avec Pamela en moins et une dimension documentaire en plus). L’après-midi, nous avons embarqué pour une croisière d’un peu plus d’une heure dans Sydney Harbour, l’occasion de voir cette baie et ses monuments sous un autre angle. Joli spectacle, dont quelques photos témoignent sur mon album photo du voyage. Le soir, barbecue et apéro sur le toit de la résidence étudiante, et descente dans le pub voisin pour profiter de Sydney jusqu’au bout !

JOURS 3 ET 4 : PRINCES HIGHWAY

Et le road-trip commence ! Après avoir trouvé un deal d’enfer auprès de l’agence Thrifty Car Rental ($220 AUS, soit 153€ pour cinq jours), nous avons mis le cap au sud en début d’après-midi pour nous rapprocher de Melbourne en longeant la côte. Près de 500 km pour cette première journée de route, avec quelques arrêts du côté de Jervis Bay, réputée pour son sable le plus blanc au monde – c’est le Guinness Book qui le dit, mais c’était moyennement convaincant par temps gris… La nuit tombée, nous nous sommes arrêtés pour faire du camping sauvage sur une aire de repos à Quaama. Dîner aux chandelles (ou plutôt pâtes/sauce tomate/fromage à la lueur des lampes de front) et au dodo, deux dans la tente, deux dans la voiture, à la bonne franquette.

Sur les hauteurs de Lakes Entrance

Réveillés au son des (pas forcément mélodieux) chants des oiseaux locaux, nous sommes repartis on the road again pour notre plus grosse journée des vacances : 800 km sur la même route que la veille, la Princes Highway. Les enceintes de la radio ont alterné le bon et le moins bon, les panneaux de kangourous ont continué à défiler mais les marsupiaux n’ont pas daigné se manifester. Escale dans le joli village de Lakes Entrance pour le déjeuner. Je savais que le coût de la vie était plus élevé en Australie qu’en Nouvelle-Zélande, mais c’était particulièrement flagrant ici : $6 AUS le fish’n’chips, soit 4,20€, soit deux fois plus cher qu’en NZ !  Nous avons traversé Melbourne de nuit et continué vers l’ouest, jusqu’à Anglesea, au début de la Great Ocean Road. C’est là qu’il s’est enfin montré, majestueux, haut d’environ 1,50 m, debout dans un terrain vague entre deux maisons : notre premier kangourou du séjour ! :)

JOURS 5 ET 6 : GREAT OCEAN ROAD + GRAMPIANS NATIONAL PARK

Autant les paysages traversés lors des deux premiers jours de route n’avaient rien d’enthousiasmant, autant la suite s’est révélée riche en jolis points de vue. Ca tombe bien, c’est pour cela que nous avions choisi de venir sur la Great Ocean Road, cette portion de 250 km de route côtière située entre Melbourne et Adelaïde. Egalement surnommée Surfcoast Highway, elle attire de nombreux touristes grâce à ses plages au pied des collines et surtout à ses nombreux lookouts géologiques (London Bridge, Twelve Apostles…). Sa verdure et ses routes en épingle ne sont pas sans rappeler la Nouvelle-Zélande – une différence notable toutefois, la présence de koalas sauvages dans des arbres au bord de la route !

Notre journée s’est terminée un peu comme la veille, sous le signe du kangourou. Alors que nous roulions de nuit à la recherche d’un spot de camping, lancés à environ 80 km/h, un kangourou kamikaze a décidé de traverser la route juste devant nous ! Gros frisson dans la voiture, j’ai dû freiner en urgence, donner un grand coup de volant à gauche pour éviter l’animal puis un autre à droite pour rester sur la chaussée. Nous avons entendu un choc mais vu mon coup de volant je pense que la voiture n’a heurté que la queue du kangourou, qui a dû s’en sortir avec un gros bleu. Quant à nous, plus de peur que de mal, mais il nous a fallu quelques secondes pour nous remettre de nos émotions et reprendre la route… Sacré souvenir !

Coucher de soleil sur les "Twelve Apostles" de Port Campbell

Après un nouveau plat de pâtes/sauce tomate/fromage et une nuit à Peterborough, nous avons continué un peu à l’ouest avant de remonter vers le nord, pour atteindre le Grampians National Park. Situé sur la chaîne des monts Grampians, ce parc est le lieu de vie de nombreux kangourous mais aussi d’échidnés, oppossums et koalas. Halls Gap, la principale ville du parc, est le point de départ vers les sommets et vers de très jolis points de vue sur la vallée, dont les périlleux « Balconies » (voir mon album). La nuit tombant, nous avons repris la route pour commencer à nous rapprocher de Melbourne, installant notre campement sur une aire de repos à Cathcart.

JOURS 7, 8 ET 9 : MELBOURNE

Après une escale dans la « vieille » ville de Ballarat (qui connut son heure de gloire à l’époque de la ruée vers l’or), nous sommes enfin arrivés à Melbourne, dernière étape de notre séjour. A nouveau logés chez des amis, nous avons eu un peu plus de 48h pour découvrir la seconde ville d’Australie, éternelle rivale de Sydney. Malgré une population équivalente (4,5 millions d’habitants pour Sydney et 4 millions pour Melbourne), les deux cities me sont apparues très différentes. Le CBD de Melbourne est moins impressionnant que celui de Sydney. Les bâtiments y sont moins hauts et plus dispersés, avec un air plus provincial (comme c’est le cas de Christchurch par rapport à Auckland). Pour autant, l’ancienne première ville du pays (qui fut même la ville la plus riche du monde dans les années 1880 grâce à son or) trouve son charme ailleurs, dans son côté plus « indie ».

Flinders Street, Melbourne

Melbourne abrite des musées de très haut niveau. Le Melbourne Museum propose notamment deux formidables sections sur les populations aborigènes et sur l’histoire de la ville, tandis que le Australian Center for the Moving Image, situé dans les bâtiments futuristes de Federation Square, propose une plongée ludique et historique dans le monde du jeu vidéo, du cinéma et de la télévision. La visite de l’Old Melbourne Gaol, l’ancienne prison de Melbourne, est également un must-do, comprenant une insolite simulation de garde à vue dans les anciens locaux de la police.

Renforçant ce côté indie, des petites ruelles grouillent de commerces tandis que d’autres sont le terrain de jeu de talentueux graffeurs. Un tramway et des kiosques à journaux donnent des airs assez européens au centre-ville, une impression que l’on retrouve aussi dans le quartier de la plage de Saint Kilda, qui regorge de petits bars et de pâtisseries alléchantes. Loin du cliché de Bondi Beach, la mer y est plate et plutôt occupée par des méduses que par des surfeurs. Des pingouins sont visibles le soir au bout de la jetée, avec une jolie vue sur le CBD. It was nice to see you, Melbie.

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→ Ainsi s’est achevé ce voyage sur la côte sud-est de l’Australie. Nous n’aurons vu qu’une petite partie de cet immense pays, qui propose des paysages complètement différents dans l’ouest, le centre, le nord et même sur la Gold Coast à l’est. Un grand merci à Nasser, Elodie, Benoît et Ben pour nous avoir hébérgés à Sydney et à Melbourne et pour nous avoir si bien fait découvrir leurs villes adoptives !

→Mon album photo, composé de 69 images, est disponible en mode galerie en cliquant ici et en mode diaporama en cliquant là.

→Pour en savoir plus, je vous invite à vous plonger dans l’excellente blogosphère des étudiants de Sciences Po en Australie, probablement la meilleure de la promo (voir mes liens dans la colonne de droite). Mentions spéciales à Florian (Sydney) pour son blog aussi drôle qu’instructif, à Guillaume (Sydney) pour ses posts quotidiens et ses récits autour du monde et à Monelle (Brisbane) pour sa plume et sa capacité à entraîner le lecteur dans ses voyages…

Otago / Southland / Canterbury : cap au Sud !

Le mois dernier, juste avant la rentrée, je suis parti visiter le sud de l’Île du Sud avec mes parents. Suivez nous de Dunedin à Akaroa, en passant par Milford Sound et Mt Cook…

Nous sommes partis en avion de Christchurch pour rejoindre Dunedin, la deuxième ville de l’Île du Sud. En Nouvelle-Zélande, Dunedin est réputée pour son université – la plus ancienne du pays – et pour sa population étudiante, qui représente 20% des habitants de la ville (mais sans doute 70% de son animation). Dunedin est aussi la ville la plus écossaise de Nouvelle-Zélande. Son nom vient de « Dùn Èideann », la traduction gaélique d’Edimbourg, la capitale écossaise. Ceci dit, Dunedin reste une ville kiwie, donc pas très passionnante – surtout en période de vacances universitaires. Pour le fun, on y trouve quand même la rue la plus pentue du monde, inscrite au Guinness Book of Records, Baldwin Street. En 2001, cette rue a été le théâtre de la mort d’une étudiante qui s’était lancé dans sa descente à bord d’une poubelle.

Dunedin est la capitale de l’Otago, une région célèbre pour sa péninsule (Otago Peninsula), ses colonies d’albatros et de manchots antipodes (yellow-eyed pinguins) et ses Moeraki Boulders. Il s’agit de concrétions sphériques, lisses, libérées sur la plage par l’érosion – de véritables curiosités de la nature, expliquées dans cet article du blog Wakatrip. Si vous passez dans le coin, je vous invite à aller y faire un tour, ne serait-ce que pour explorer le potentiel photogénique de l’endroit !

Moeraki Boulders (Otago)

Nous avons ensuite traversé l’île d’est en ouest, quittant l’Otago pour le Southland, sur la State Highway 1. Une portion de cette route, reliant les villes de Clinton et de Gore, est joliment surnommée « Presidential Highway », en clin d’oeil à l’ancien président Bill Clinton et à son vice-président Al Gore. Arrivés dans le Fiordland, dans l’ouest du Southland, nous avons établi nos quartiers à Te Anau (dont je vous recommande la bakery, avec de vrais croissants !), au bord du lac éponyme. Le lendemain, destination Milford Sound…

Milford Sound est l’une des principales attractions touristiques de Nouvelle-Zélande. Situé au coeur du plus grand parc national du pays, ce fjord se parcourt en bateau ou en kayak, jusqu’à la mer de Tasmanie – voire à l’Australie pour les plus ambitieux ou les plus étourdis. Ses falaises, parmi les plus hautes du monde, sont parcourues en certains endroits par des cascades balayées par le vent et réduites en particules – magique ! La route menant à Milford Sound, en elle-même, vaut le coup d’oeil. Au coeur de la forêt vierge, chaque halte est prétexte à une découverte, comme les Mirror Lakes ou le Chasm (cf. mon album photo à la fin de l’article).

Mitre Peak (Milford Sound)

Prochaine étape, à l’intérieur des terres, pour commencer la remontée vers Christchurch : Twizel. Ce village, situé au milieu de nulle part et donc épargné de toute pollution lumineuse, bénéficie de l’un des ciels les plus purs et les plus dégagés du monde. Les amateurs d’astronomie s’y retrouvent donc régulièrement et les touristes ont la possibilité de participer à des activités sur ce thème. Je n’ai appris tout cela qu’après coup mais je me rappelle avoir été surpris par la puissance des étoiles en fermant mes rideaux le soir.

Autre particularité de la région : la couleur de l’eau des lacs et des rivières. Comme vous avez pu le constater sur ma photo de une, le bleu de l’eau est très particulier, clair et laiteux à la fois. Cette couleur s’explique par la présence de farine glaciaire dans l’eau, c’est-à-dire de particules en suspension issues des glaciers voisins. On retrouve cette particularité dans les lacs Pukaki, Tekapo et Ohau, à deux pas de Mount Cook, le plus haut sommet de Nouvelle-Zélande.

Vitrail naturel (Church of the Good Shepherd, Lake Tekapo)

Enfin, avant de rentrer à Christchurch, nous sommes allés faire un tour dans la Banks Peninsula. Je ne m’étendrai pas sur la question, puisque je vous avais déjà parlé d’Akaroa, la principale ville de la péninsule, à l’occasion de son French Fest. Juste pour vous dire que l’endroit reste magnifique, même si l’herbe dans les collines est forcément moins verte en été. Et que nous avons passé le week-end dans une maison de vacances 100% kiwi (ça s’appelle un « bach » et c’est une icône de la Nouvelle-Zélande du XXe siècle), avec une vue que je vous laisse découvrir à la fin de mon album photo.

A présent, car c’est bien là l’essentiel : cliquez ici pour consulter mon album photo « Down South ». L’option diaporama est disponible, comme d’habitude, en haut à droite de la page. Bonne visite, et merci Mum & Dad pour ces vacances !

Bienvenue à Akaroa ! (Banks Peninsula)

La Thaïlande, un peu, beaucoup, passionnément…

Coup de balai au Palais Royal

Coup de balai, tout doit disparaître ! De mes deux semaines thaïlandaises, il me reste encore quelques souvenirs à écouler et à partager avec vous. Des mots, des vidéos et un album photo…

Un peu…

… envie d’y retourner ! Mais cette fois avec un meilleur niveau de thaï. C’était la première fois que je me rendais dans un pays dont je ne parlais pas la langue et j’ai pu me rendre compte de l’obstacle que cela représente. L’anglais est certes présent en certains endroits mais uniquement à destination des touristes. La vie des gens ordinaires, elle, se dit et s’écrit en thaï – et c’est celle là qui m’aurait le plus intéressé. J’ai pu observer, échanger des regards ou des sourires, mais pas vraiment aller au-delà, à quelques exceptions (anglophones) près. A défaut de parler la langue, j’ai dû faire avec cette frustration et accepter de passer à côté de beaucoup de choses, dans un pays tellement différent du nôtre.

Le mystère de la chaise enchaîneé

Beaucoup…

… trop occidental ? Malgré les dommages causés par le tsunami de 2004, la Thaïlande reste un pays très touristique. Il n’y a qu’à voir Chiang Mai, la deuxième ville du pays, dont l’économie est toute tournée vers cette activité. A Bangkok, il suffit de pénétrer dans le quartier des affaires ou dans l’un des énormes « malls » (centres commerciaux) pour ressentir l’emprise de la globalisation. Les grandes enseignes mondiales y ont leurs quartiers, de Carrefour à McDonald’s, en passant par Starbucks, Apple, Vuitton ou encore L’Occitane en Provence et Manchester United ! De là à se sentir à la maison, il y a quand même un fossé. Bangkok grouille comme aucune autre ville de ma connaissance, le moindre espace de trottoir y est occupé par des vendeurs de nourriture, d’amulettes ou d’objets recyclés, dans un impressionnant brassage de bruits et surtout d’odeurs. La chaleur et l’étroitesse des habitats incitent les gens à vivre dehors, comme j’avais déjà pu le constater à Tahiti. Du coup, un simple trajet en taxi permet d’assister à ce spectacle urbain…

Passionnément…

… Muay Thai ! Forcément, la Mecque de la boxe thaï, c’est la Thaïlande. Sur les recommendations d’un de mes collègues des Nouvelles Calédoniennes, je me suis rendu à une soirée de combats à Bangkok. Les combats ont lieu tous les soirs, en alternance dans deux différents stades de la ville. Pour moi, c’était un mercredi au Rajadamnern Stadium, où un bon millier de passionnés s’était donné rendez-vous. Il existe trois catégories de places : la première, près du ring, est essentiellement occupée par les touristes et par des Thaïlandais fortunés tandis que la deuxième et la troisième sont le terrain de jeu des parieurs et des simples fans. Je suis allé dans la troisième (la moins chère) et le spectacle y était sans doute plus intéressant que sur le ring ! Les parieurs s’agitent comme à la Bourse, communiquant par des signes de main frénétiques et s’échangeant des billets à la fin de chaque combat, selon des règles incompréhensibles par le néophyte. Les stades de boxe font partie des rares endroits où les jeux d’argent sont autorisés en Thaïlande, et l’ambiance vaut vraiment le détour. « Hee! Hee! Hee! »

Et le seul KO de la soirée…

A la folie…

… royale ! Vous connaissiez sans doute le culte rendu au Bouddha par les Thaïlandais, mais connaissiez-vous leur vénération du roi ? Il s’appelle Bhumibol Adulyadej et s’est fait couronné sous le nom de Rama IX, en 1950 – ce qui en fait aujourd’hui le plus long règne pour un chef d’Etat en exercice. Âgé de 82, le roi est aujourd’hui très malade et la question de sa succession s’annonce comme un sacré défi pour le pays. En attendant (voire redoutant) ce moment, les Thaïlandais affichent ouvertement leur amour du roi, considéré comme le garant de la stabilité du pays face à une classe politique indisciplinée et corrompue. Son portrait est affiché à chaque coin de rue, dans les maisons, dans les magasins, dans les bâtiments publics et même dans les temples, à côté du Bouddha ! Gare donc à celui qui osera critiquer la famille royale et peut-être même à celui qui ne se lèvera pas pour l’hymne au début de chaque projection de cinéma…

Photos : Découvrez mon album photo consacré à Bangkok en cliquant ici. L’option diaporama est toujours disponible, en haut à droite de la page Flickr.

Pour un autre regard sur la Thaïlande : Je vous invite à lire les articles de Pauline, chez qui j’ai passé ces deux belles semaines – et que je remercie au passage. Elle a contribué à trois reprises au site Amphis d’@illeurs, avec un abécédaire de Bangkok, un récit de voyages et une visite dans un orphelinat de la capitale. Et une jolie plume avec ça !