Archives mensuelles : février 2010

Incroyable mais vrai : le cricket, c’est fun !

Retour sur le match NZ-Australie de ce dimanche à Christchurch – ou comment une soirée condamnée à l’ennui s’est transformée, contre toute attente, en palpitante fête sportive ! True story.

Je tiens à préciser que cet article a été rédigé en état de totale sobriété et qu’aucune substance euphorisante n’a été utilisée au cours de son élaboration. Ce qui suit est donc complètement assumé. ;)

De retour en Nouvelle-Zélande pour un second semestre loin de France, j’ai fait ma rentrée à la fac lundi dernier. Après trois mois et demi de vadrouille, c’était sympa de retrouver le campus, la sédentarité et les habitudes. Sympa aussi de retrouver les amis, pour de nouveaux jeudis soirs à la Foundry et de nouvelles sorties le week-end. Quitte parfois à se retrouver dans de drôles d’endroits… Genre un match de cricket.

Ce dimanche, nous étions une vingtaine à avoir répondu à l’appel d’un ami allemand. Notre mission : nous rendre au match de cricket opposant la Nouvelle-Zélande à l’Australie et, surtout, rester éveillé jusqu’à la fin de la rencontre. Impossible, dites-vous ? Il est vrai que le cricket, notamment en France, a mauvaise presse. Catalogué comme sport ringard, ennuyeux et incompréhensible, il est associé à des images de gentlemen anglais tout de blanc vêtus jouant des matchs pouvant durer jusqu’à cinq jours, avec une pause chaque après-midi au moment du thé.

Goscinny inspiré par le cricket ?

Il s’avère que, de son passé britannique, la Nouvelle-Zélande a hérité le cricket ; elle en a même fait son sport estival préféré. Derrière les indétrônables All Blacks et sans doute à égalité avec les longilignes Silver Ferns (netball féminin), les cricketteurs néo-zélandais (surnommés les « Black Caps ») sont parmi les sportifs les plus populaires du pays. Un coup d’oeil au merchandising Black Caps dans les magasins de sport est un bon moyen d’en avoir le coeur net. Reste à trouver la raison de cet engouement…

Nous arrivons à l’AMI Stadium vers 17h30, une demi-heure avant le début de la rencontre. Les joueurs sont à l’échauffement et le stade, fraîchement rénové pour la Coupe du monde de rugby, se remplit petit à petit. La presse du jour se montre assez pessimiste quant aux chances néo-zélandaises de l’emporter, surtout une semaine après une cuisante défaite kiwie face à ces mêmes Australiens. Youhou, voilà qui promet ! Allez, courage, dans quatre heures ce sera fini.

Batteur kiwi à l'échauffement

18h, les deux équipes font leur entrée sur le terrain. Les Black Caps battent en premiers : à eux de marquer des points en envoyant la balle le plus loin possible, pendant que les Australiens, au lancer, essayent de les éliminer en renversant le wicket (petite cible en bois protégée par le batteur) ou en rattrapant la balle au vol. La NZ commence sur un bon rythme et le public (26 148 spectateurs !) est derrière son équipe. Du fait du type de match joué (« Twenty20 », soit la version courte du cricket), la prise de risque est maximale et le spectacle au rendez-vous. Un homme va réussir à enflammer le stade : le batteur néo-zélandais Brendon McCullum, auteur d’une prestation exceptionnelle. Marquant 116 points sans se faire éliminer, il a tout simplement signé la deuxième meilleure performance de tous les temps en Twenty20 !

Dans les gradins, l’ambiance n’a rien à voir avec ce que je redoutais. Nous sommes dans la tribune non couverte, celle où visiblement tous les étudiants se sont donné rendez-vous. Oubliez donc vos préjugés, ici personne n’a apporté son service à thé mais plutôt sa collection de « can coolers ». Les Kiwis aiment se déguiser et le prouvent une nouvelle fois, habillés en Hawaïens, en pomme de terre, en GI Joe ou en pom-pom girls. Les applaudissements sont généreux et des olas sont même lancées, jusqu’à atteindre une vague parcourant plus de quatre tours de stade avant de s’éteindre. Une ambiance bien meilleure qu’au rugby !!

"We're the Hawaiians, mate!"

Après les Néo-Zélandais, qui ont marqué 214 points, c’est au tour de l’Australie de battre. Les points s’enchaînent moins rapidement, c’est moins spectaculaire, mais les Aussies se font moins éliminer et du coup restent plus longtemps sur le terrain. Au fur et à mesure que les dernières balles approchent, les spectateurs réalisent que le match va probablement se jouer à un point près. Grâce à McCullum, l’exploit est possible et l’ambiance monte d’un cran. Alors que les supporters les plus chauds me permettent d’enrichir mon vocabulaire en invectivant le joueur australien le plus proche (« Smith is a wanker, Smith is a wanker »), le public se lève pour encourager les siens. Et lorsqu’un Aussie se rate, le kop ne le rate pas : « you fucked up! you fucked up! » Grosse ambiance !

Sur la dernière balle, l’Australie a besoin de quatre points pour l’emporter – pas facile, mais possible. Sous les hurlements du public, les Black Caps arrivent in extremis à contenir les Australiens à trois points, synonymes de prolongations (fait extrêmement rare en cricket). Grâce au sang-froid de Tim Southee, l’ultime manche de ce match complètement fou est remportée par les Néo-Zélandais, qui tiennent enfin leur victoire (relatée le lendemain jusque dans les journaux pakistanais). J’ai essayé de vous résumer ça en vidéo…

Si après tous mes efforts, le cricket n’est pas remonté (un tout petit peu) dans votre estime, je m’avoue vaincu. Car mon coloc néo-zélandais m’a bien confirmé que j’avais assisté là à un match d’une rare intensité… « You don’t get much better international cricket than what people saw tonight. » Ca, ce n’est même pas mon coloc qui le dit, mais le capitaine australien ! Et le Daily Telegraph de le formuler autrement, décrivant le match comme « perhaps the most thrilling Twenty20 clash in history ».

En plus, avec un bon zoom, ce serait photogénique

Plus de vidéo : De larges extraits du match sont disponibles en vidéo avec commentaires en cliquant ici.

Anecdote : Le cricket entre la NZ et l’Australie, c’est toute une histoire – et même toute une Histoire ! Ca remonte au « 1981 Underarm bowling incident », où un joueur australien avait fait rouler la dernière balle du match par terre afin d’empêcher les Néo-Zélandais d’inscrire les 6 points dont ils avaient besoin pour obtenir le match nul. « Nasty Aussies », avait en substance répliqué le Premier Ministre kiwi.

La Thaïlande, un peu, beaucoup, passionnément…

Coup de balai au Palais Royal

Coup de balai, tout doit disparaître ! De mes deux semaines thaïlandaises, il me reste encore quelques souvenirs à écouler et à partager avec vous. Des mots, des vidéos et un album photo…

Un peu…

… envie d’y retourner ! Mais cette fois avec un meilleur niveau de thaï. C’était la première fois que je me rendais dans un pays dont je ne parlais pas la langue et j’ai pu me rendre compte de l’obstacle que cela représente. L’anglais est certes présent en certains endroits mais uniquement à destination des touristes. La vie des gens ordinaires, elle, se dit et s’écrit en thaï – et c’est celle là qui m’aurait le plus intéressé. J’ai pu observer, échanger des regards ou des sourires, mais pas vraiment aller au-delà, à quelques exceptions (anglophones) près. A défaut de parler la langue, j’ai dû faire avec cette frustration et accepter de passer à côté de beaucoup de choses, dans un pays tellement différent du nôtre.

Le mystère de la chaise enchaîneé

Beaucoup…

… trop occidental ? Malgré les dommages causés par le tsunami de 2004, la Thaïlande reste un pays très touristique. Il n’y a qu’à voir Chiang Mai, la deuxième ville du pays, dont l’économie est toute tournée vers cette activité. A Bangkok, il suffit de pénétrer dans le quartier des affaires ou dans l’un des énormes « malls » (centres commerciaux) pour ressentir l’emprise de la globalisation. Les grandes enseignes mondiales y ont leurs quartiers, de Carrefour à McDonald’s, en passant par Starbucks, Apple, Vuitton ou encore L’Occitane en Provence et Manchester United ! De là à se sentir à la maison, il y a quand même un fossé. Bangkok grouille comme aucune autre ville de ma connaissance, le moindre espace de trottoir y est occupé par des vendeurs de nourriture, d’amulettes ou d’objets recyclés, dans un impressionnant brassage de bruits et surtout d’odeurs. La chaleur et l’étroitesse des habitats incitent les gens à vivre dehors, comme j’avais déjà pu le constater à Tahiti. Du coup, un simple trajet en taxi permet d’assister à ce spectacle urbain…

Passionnément…

… Muay Thai ! Forcément, la Mecque de la boxe thaï, c’est la Thaïlande. Sur les recommendations d’un de mes collègues des Nouvelles Calédoniennes, je me suis rendu à une soirée de combats à Bangkok. Les combats ont lieu tous les soirs, en alternance dans deux différents stades de la ville. Pour moi, c’était un mercredi au Rajadamnern Stadium, où un bon millier de passionnés s’était donné rendez-vous. Il existe trois catégories de places : la première, près du ring, est essentiellement occupée par les touristes et par des Thaïlandais fortunés tandis que la deuxième et la troisième sont le terrain de jeu des parieurs et des simples fans. Je suis allé dans la troisième (la moins chère) et le spectacle y était sans doute plus intéressant que sur le ring ! Les parieurs s’agitent comme à la Bourse, communiquant par des signes de main frénétiques et s’échangeant des billets à la fin de chaque combat, selon des règles incompréhensibles par le néophyte. Les stades de boxe font partie des rares endroits où les jeux d’argent sont autorisés en Thaïlande, et l’ambiance vaut vraiment le détour. « Hee! Hee! Hee! »

Et le seul KO de la soirée…

A la folie…

… royale ! Vous connaissiez sans doute le culte rendu au Bouddha par les Thaïlandais, mais connaissiez-vous leur vénération du roi ? Il s’appelle Bhumibol Adulyadej et s’est fait couronné sous le nom de Rama IX, en 1950 – ce qui en fait aujourd’hui le plus long règne pour un chef d’Etat en exercice. Âgé de 82, le roi est aujourd’hui très malade et la question de sa succession s’annonce comme un sacré défi pour le pays. En attendant (voire redoutant) ce moment, les Thaïlandais affichent ouvertement leur amour du roi, considéré comme le garant de la stabilité du pays face à une classe politique indisciplinée et corrompue. Son portrait est affiché à chaque coin de rue, dans les maisons, dans les magasins, dans les bâtiments publics et même dans les temples, à côté du Bouddha ! Gare donc à celui qui osera critiquer la famille royale et peut-être même à celui qui ne se lèvera pas pour l’hymne au début de chaque projection de cinéma…

Photos : Découvrez mon album photo consacré à Bangkok en cliquant ici. L’option diaporama est toujours disponible, en haut à droite de la page Flickr.

Pour un autre regard sur la Thaïlande : Je vous invite à lire les articles de Pauline, chez qui j’ai passé ces deux belles semaines – et que je remercie au passage. Elle a contribué à trois reprises au site Amphis d’@illeurs, avec un abécédaire de Bangkok, un récit de voyages et une visite dans un orphelinat de la capitale. Et une jolie plume avec ça !

Thaïlande : Mes tribulations nordiques

Quittant le bouillonnement de Bangkok, j’ai mis le cap sur le nord. Trois jours pour découvrir Ayutthaya, l’ancienne capitale siam, et Chiang Mai, la deuxième ville du pays.

JOUR 1 : AYUTTHAYA

Départ en train de Bangkok à 9h15, en retard. Assise à côté de moi, une Thaïlandaise d’une cinquantaine d’années, partant voir sa famille dans le nord. Elle commence à me parler. Son anglais est limité mais nous arrivons malgré tout à échanger : outre les questions usuelles pour faire connaissance, elle me donne des conseils de prononciation du thaï, je lui montre mes photos de voyage et elle me montre des images de sa famille – surtout de sa fille, étudiante à Londres, qu’elle aimerait bien que j’épouse…

Arrivé à Ayutthaya, je me fraye un passage entre les conducteurs de tuk-tuks venus à la pêche au client (tuk tuk! tuk tuk! where you go?) et j’entreprends de me rendre à pied dans le centre-ville. Il fait chaud, mon sac est chargé, mais c’est en marchant qu’on découvre le mieux une ville. Ayutthaya, capitale du royaume éponyme entre 1350 et 1767, mélange l’ancien et le moderne. Ses principaux points d’intérêt sont situés dans le parc historique qui couvre un bon tiers du centre-ville. Les temples ne manquent pas et le changement par rapport à Bangkok est notable : ici, quasiment pas de dorures, propres à la période moderne, mais de la brique et des ruines, dans un style proche des temples d’Angkor au Cambodge.

Une journée suffit amplement à visiter Ayutthaya, dont le centre est délimité par une rivière servant de douves naturelles. Je profite de mon temps libre en fin d’après-midi pour déambuler dans le marché, où je suis peut-être le seul à souffrir de l’odeur pestilentielle, comme dans les marchés de Bangkok. Arrivé en avance à la gare, je me trouve un banc près d’un ventilateur (ahhhh, bonheur !) et, à 18h, comme tous les jours dans les lieux publics, l’hymne national retentit. Chacun suspend ses activités pour se lever et écouter la mélodie religieusement – un instant vraiment impressionnant ! Mon train pour Chiang Mai finit par arriver, en retard, et je passe la soirée à jouer aux cartes avec un couple de joyeux retraités australiens, Frances et Charly.

Lit suspendu à Ayutthaya

JOUR 2 : CHIANG MAI

Après une nuit meilleure que prévue dans les couchettes de la State Railway of Thailand, me voilà à Chiang Mai, parti pour 34 heures dans la deuxième ville du pays. Mon projet est de passer la première journée à découvrir la ville elle-même et de consacrer la seconde à une virée dans la campagne thaïlandaise. Malheureusement, du fait de mon arrivée relativement tardive à Chiang Mai et de mon départ à 16h30 le lendemain, il faut que je fasse une croix sur les sorties à la journée proposées par les innombrables sociétés touristiques de la région. Je passerai donc deux jours à Chiang Mai, ce qui me permettra de prendre mon temps dans l’exploration de la ville…

Pour découvrir le centre, je me lance dans une balade suggérée par le guide Lonely Planet, permettant de découvrir quelques uns des principaux temples de Chiang Mai en deux ou trois heures. J’y passerai finalement la journée, m’accordant la liberté de détours ou d’arrêts non programmés, soit la garantie d’une certaine dose d’insolite. Jugez en par vous même sur cette vidéo…

Un temple, puis un autre, puis un autre… et soudain la prison pour femmes de Chiang Mai. Je ne suis pas un expert du système carcéral thaïlandais mais la notion de réinsertion y est visiblement à l’honneur : en face du bâtiment de détention, un « Prison Product Shop ». On peut y acheter des broderies réalisées par des femmes détenues, à qui les bénéfices seront remis à leur sortie de prison. On peut même se faire prodiguer des massages thaï ou des foot massages par des détenues, formées durant leur détention et ensuite embauchées en centre-ville par le salon Lila Thaï Massage, créé par la directrice de la prison en 2001. Je suis allé tester ce salon en fin de journée et je ne peux que vous le recommander ! :) Autre initiative à saluer : un café-restaurant tenu par des détenues vous régale tous les jours de 8h30 à 16h, en terrasse ou à l’intérieur. Comme l’indique l’affiche, “Food and service of Chuan Chom Restaurant are part of vocational training programmes of Chiang Mai Women Correctional Institution”.

Et pour finir, le “Monk Chat”, ou comment je suis devenu ami Facebook avec un moine thaïlandais ! Le Monk Chat est une activité proposée sur une terrasse entre le temple Wat Chedi Laung et la Lanna Buddhist University. Les touristes ont la possibilité d’aller y discuter avec des moines, dans un échange permettant à ces derniers d’améliorer leur anglais. J’y passe deux ou trois heures, rencontrant quatre « orange men ». Deux d’entre eux sont des novices (moins de 20 ans), les deux autres sont de véritables moines, et tous portent la fameuse toge orangée. Et tous sont de ma génération. Yod me parle de sa passion pour le foot et pour le club londonien d’Arsenal, « avec les Français Gallas, Sylvestre, et aussi Clichy, que j’adore ». Une passion pourtant difficilement compatible avec le statut de novice, qui interdit à Yod la pratique du sport. Mais rien n’y fait, ça bout en lui, et parfois il craque, partant taper dans la balle – de tennis, pour rester discret. « Mais après m’être défoulé, quand je pars méditer, je sais que j’ai enfreint la règle et je ne suis pas au clair avec moi-même », me confie-t-il, déchiré entre religion et passion.

Et il y a Tawatchai, 23 ans, dont le rire me rappelle celui d’un ami malaisien de Christchurch. Tawatchai rigole beaucoup, et il aime surtout quand je me mets à caricaturer l’accent frrrrrenchy. Chaque matin, comme tout le monde au temple, il parcourt les rues de Chiang Mai, où les habitants lui offrent de la nourriture. Le reste de sa journée est consacrée aux études, à la méditation et au Monk Chat. Son avenir ? Il n’en sait rien ; peut-être une vie de moine, ou peut-être le retour à la vie normale, comme la plupart des moines après l’université. En attendant, il m’offre son bracelet (« for meditation »), m’invite à boire un smoothie dans un café voisin et prends mon nom pour m’ajouter sur Facebook. Quelle journée !

Add a monk as a friend

JOUR 3 : CHIANG MAI

Remis de toutes ces émotions après une nuit d’hôtel (8€ la chambre en-suite), je retourne déambuler dans la ville, sans grande idée de mon programme de la journée. Heureusement, le hasard fait bien les choses : ce dimanche marque l’ouverture du 34e festival de la fleur de Chiang Mai, avec un grand défilé le long de la rivière Mae Ping. Le ciel bleu est en rendez-vous, les touristes se mêlent aux locaux sur les trottoirs et les photographes s’en donnent à cœur joie. Le cortège est aussi long que magnifique. Des Thaïlandais de tous âges remontent la grande rue du centre-ville, habillés en costumes traditionnels, jouant de la musique ou montés sur de grandioses chars fleuris. Je vous laisse découvrir cette belle fête et tous ces sourires dans mon album photo en fin d’article.

En début d’après-midi, je décide de filer au zoo de Chiang Mai. Je ne suis pas un grand fan des zoos mais il paraît que celui-ci permet de voir des pandas, ce qui me tente bien. Et, surtout, ce zoo se trouve à la sortie de la ville, quasiment dans la jungle, soit l’occasion de voir autre chose que la Thaïlande urbaine. Finalement, je ne garderai pas un grand souvenir de cette excursion. Ce zoo se parcourt en navette, sur des routes goudronnées, ce qui enlève toute impression de randonnée dans la nature. Mais les pandas étaient bien là…

L’heure du départ approche et la gare se trouve à l’autre bout de la ville, à 10 km. Je négocie le trajet en tuk-tuk pour 100 bahts (2€). Dernières images de la ville et je monte dans le train, qui mettra quinze heures à rejoindre Bangkok. Suffisamment de temps pour se remettre les idées en place, après un week-end « bref et intense », comme on dit.

PHOTOS : Pour accéder à mon album Flickr, cliquez ici. Vous pourrez regarder les photos une par une ou sélectionner l’option « Diaporama », en haut à droite. Vos commentaires sont les bienvenus !

Bangkok day 3 : Histoire d’un rendez-vous manqué

Après deux jours de repos, il était temps pour moi de plonger dans l’effervescence de Bangkok. Une séance initiatique riche en émotions, où rien ne s’est vraiment passé comme prévu…

C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Deux protagonistes : moi, fraîchement débarqué à Bangkok, et une amie, également de passage dans la capitale thaïlandaise. Le monde est petit, nous comptions donc en profiter pour nous revoir autour d’un verre. Aucun de nous ne connaissant Bangkok, nous avions convenu d’un lieu de rendez-vous situé à égale distance de nos points de chute respectifs : ce serait le Nang Nual Riverside Pub, un restaurant en bord de rivière, recommandé par le guide Lonely Planet.

Heure du rendez-vous : 15h. Fidèle à mes habitudes, je tente l’aventure à pied. Je me concocte un itinéraire détaillé à l’aide de Google Maps, combinant plan de Bangkok, vue satellite et photos de bâtiments. Selon les estimations de Google, le trajet doit durer cinquante minutes. Je décide d’assurer le coup en quittant ma résidence à 13h. Top chrono : 13h05, je commence à me demander où je suis ; 13h10, je suis officiellement perdu.

Perdu quelque part là-dedans

La résidence où je loge, hébergé par une amie, se trouve au milieu d’un soi. Les soi sont des quartiers numérotés en fonction de leur situation le long des grandes rues de Bangkok. Il s’avère que je n’ai même pas été capable de sortir du bon côté de mon soi. Google m’avait indiqué les noms de rues en thaï et en anglais ; la dure réalité du terrain s’est contentée de me proposer l’illisible alphabet thaï. Quant à mes indications de secours (2nde gauche, 1ère droite), elles se sont elles aussi avérées inutiles, tant les ruelles et les voies privées se confondent. Bref, retour à la case départ, pour appeler un taxi et être sûr d’arriver à l’heure à mon rendez-vous.

Le problème avec les taxis à Bangkok, c’est qu’ils sont rarement conduits par des chauffeurs locaux. Au volant, on retrouve bien plus souvent d’anciens paysans, contraints de quitter leur campagne après une mauvaise récolte. Loin d’être des GPS humains, ces derniers ne connaissent pas bien la ville où ils exercent ; même avec une adresse indiquée en thaï, en anglais et sur un plan, ils ne trouveront pas forcément la destination où vous souhaitez vous rendre. J’en ai fait les frais ce jour-là, attendant pendant vingt minutes à l’arrière d’un premier taxi, pour finalement me faire expliquer qu’il vaut mieux que j’aille tenter ma chance ailleurs.

Taxi driver

C’est finalement à bord d’un moto-taxi que je quitte mon soi. Les moto-taxis sont apparemment de plus fins connaisseurs du labyrinthe bangkokais et leur agilité leur permet de se faufiler au milieu des embouteillages. Mon héros du moment file à toute allure, empruntant une route qui jusque-là correspond à mes repérages sur Google. C’est un voyage grisant, vitesse et slaloms s’enchaînent gaiement, nous frôlons les autres véhicules, je suis plongé en plein cœur de Bangkok et de son ébullition.

Les choses se compliquent à nouveau lorsque nous arrivons dans le quartier du restaurant. Mon chauffeur, qui assurait pourtant connaître le chemin, s’arrête au bord d’un trottoir pour demander à des collègues la direction du Nang Nual Riverside Pub. Ceux-ci lui donnent leur version. Nous faisons demi-tour et empruntons une petite rue, où le chauffeur s’arrête au niveau d’un groupe d’habitants. Une dame, semblant connaître le restaurant comme si c’était le sien, lui explique la direction à prendre et me gratifie même de quelques mots en anglais : « it’s a very famous restaurant, very good ». Nous arrivons au bord du fleuve, où mon chauffeur s’arrête à nouveau pour demander son chemin à un commerçant. Un autre vendeur tend l’oreille et s’invite dans la discussion, nous invitant à revenir sur nos pas. Demi-tour. Mon chauffeur, avec qui nous en venons à rigoler sur toutes ces indications contradictoires, tente une dernière halte, auprès d’un autre vendeur de rue. Le tout pour me déposer définitivement quelques mètres plus loin, devant un restaurant au bord du fleuve. Pas le bon évidemment, mais le temps que j’en ai le cœur net, la moto est déjà partie.

Paumé mais sympathique, mon chauffeur

Après une longue déambulation dans le quartier – qui s’avère être le Chinatown de Bangkok -, je finis par me résoudre à rentrer à la maison, bredouille. Petite revanche personnelle, je réussis à faire le chemin retour à pied. Et j’apprends, une fois rentré, que mon amie n’a pas trouvé le Nang Nual Riverside Pub non plus ! Ce restaurant existe-t-il vraiment ? En tout cas, je positive en me disant que c’est par de telles mésaventures que l’on comprend ce qu’est Bangkok. Vous avez dit bizutage ?