Archives mensuelles : août 2009

Photos : Road-trip hivernal dans l’île du Sud

Une semaine à travers le nord de l'Île du Sud

Profitant des vacances de mi-semestre, je suis parti la semaine dernière explorer la moitié nord de l’Île du Sud, avec deux amis. 400 photos plus tard, retour sur ce superbe voyage…

Jour 1 : Lundi 24 août

Réveil à 6h pour aller prendre le bus reliant Christchurch à Greymouth, soit la côte Est à la côté Ouest. Il n’y à qu’une seule route permettant de traverser ainsi les Alpes du Sud : la State Highway 73, que j’avais déjà emprunté pour aller dans l’Otehake Valley. Comme 97% des « autoroutes » néo-zélandaises, elle ne comporte qu’une seule voie dans chaque sens, ce qui est assez révélateur de la faible intensité du traffic routier ici – et rend d’autant plus agréable la traversée de paysages préservés de la bétonisation…

Maison traditionnelle à Greymouth

Maison traditionnelle à Greymouth

Nous arrivons à Greymouth en fin de matinée, sous un ciel gris typique de la West Coast (parfois surnommée Wet Coast, en raison de ses importantes précipitations !). « Forte » de ses 10 000 habitants, Greymouth est la plus grande ville de la région. Pour être franc, elle est loin d’être jolie – comme beaucoup de ville néo-zélandaises d’ailleurs. Ses maisons usées, aux jardins couverts de feraille et de vieilles voitures délabrées, son centre-ville tout juste reconnaissable à trois-quatre rues commerçantes, son ambiance industrielle lui donnent des airs de ville fantôme. Mais cela lui donne en même temps un certain charme, particulièrement au yeux du visiteur français en quête d’authenticité et d’inconnu…

Ville portuaire, Greymouth a aussi une plage… de galets. Nous y avons passé une bonne partie de l’après-midi, souvent en silence, à contempler la mer de Tasmanie, ses vagues déchaînées, ses nuances grises… Ce genre de spectacle sans fin, où les va-et-viens de l’océan, incessant et fascinant, vous hypnotisent, vous paralysent. Ce genre de spectacle idéal pour se vider l’esprit en début de vacances…

Jour 2 : Mardi 25 août

Direction la gare de Greymouth pour y louer une voiture pour la semaine. Après avoir mis en concurrence des compagnies comme Budget et Avis pour constater qu’elles proposent les mêmes prix – et les mêmes surtaxes journalières pour les conducteurs de moins de 25 ans -, nous tombons sur notre sauveur, Apex Car Rentals, qui ne discrimine pas les jeunes conduteurs et nous offre en fin de compte un prix moitié moins élevé qu’ailleurs (330$ pour six jours). Allelujah!

Notre road-trip commence donc officiellement sur les routes de la West Coast, avec sur votre gauche la mer de Tasmanie et sur votre droite les impressionnantes « native forests », hautes en couleurs et en exotisme. La pluie est au rendez-vous, jusqu’à Punakaiki, où nous nous arrêtons pour admirer l’attraction de la région : les Pancake Rocks. Formés par l’érosion, ces rochers sont composés de différentes couches alternant calcaire et sédiments marins et végétaux, d’où leur apparence de piles de crêpes… Une balade de 15 minutes est aménagée pour les visiteurs à travers le site, où l’on peut aussi s’attarder devant des geysers maritimes, idéalement à marée haute.

Punakaiki Pancake Rocks

Punakaiki Pancake Rocks

Après un arrêt sur le Truman Track, nous remontons jusqu’à Westport, la deuxième ville de la West Coast (3 900 habitants), pour y passer la nuit. Organisée le long d’une unique rue commerçante, Westport est tout aussi déserte que lors du passage d’Antoine de Maximy, en début d’année. Comme lui, nous avons le droit à une énorme averse à notre sortie du pub : vêtements entièrement trempés en moins de deux minutes, et chaussures qui mettront plus de deux jours à sécher – le parfait souvenir de la Wet Coast !

Jour 3 : Mercredi 26 août

Direction le nord de l’île, en traversant des routes splendides et en fêtant le retour du soleil ! Nous arrivons dans le Tasman, une région dotée de trois parcs nationaux, dont le petit mais célèbre Abel Tasman National Park, objet principal de notre visite sur ces terres. Après avoir réservé trois lits – ou plutôt matelas – dans un refuge de ce même Park à l’office du tourisme de Motuheka, nous longeons la côte pour rejoindre Kaiteriteri, vanté par le guide Lonely Planet pour ses « magnifiques plages dorées » où « l’on se sent plus à Nouméa qu’en Nouvelle-Zélande »… Il faut bien avouer que le contraste avec la West Coast est assez saisissant : adieu galets et ciel gris, bonjour plage et ciel bleu !

Sur la plage de Kaiteriteri

Sur la plage de Kaiteriteri

Malgré les sandflies, la température très (trop) fraîche de l’eau et le peu d’animation dans la station, nous décidons de passer la nuit dans un backpacker à deux pas de la plage de Kaiteriteri, plutôt que de retourner explorer les pubs de Motuheka. De même qu’à Westport, l’auberge de jeunesse est quasiment vide à cette période de l’année, ce qui fait que nous avons une nouvelle fois un dorm rien que pour nous… Ca tombe bien, demain je me réveille tôt.

Jour 4 : Jeudi 27 août

Laissant les autres finir leur nuit, je me réveille à 6h30 pour assister à mon premier lever de soleil kiwi. La plage n’étant pas le spot idéal pour cela, petit footing forcé jusqu’en haut de la pointe, puis descente un peu acrobatique le long des arbres, pour me retrouver sur des rochers repérés la veille, au milieu d’une colonie d’oiseaux, face à la mer. Encore un de ces rendez-vous merveilleux avec la nature ; je le photographie comme je peux, avant de rentabiliser mon lever matinal en traînant sur la plage, magnifiée par les premiers rayons du jour…

Abel Tasman National Park

Anchorage, Abel Tasman National Park

Après cette savoureuse mise en bouche, nous rejoignons Marahau dans la matinée, pour y laisser notre voiture et commencer une randonnée de deux jours sur le Coast Track de l’Abel Tasman National Park. Nous savons que nous ne prenons pas un grand risque : cette rando est l’une des plus populaires de Nouvelle-Zélande et elle figure logiquement parmi les Great Walks gérés par le Department of Conservation, soit la garantie d’un parcours splendide, relativement facile et très bien indiqué.

Effectivement, nous ne sommes pas déçus : les criques s’enchaînent, le chemin nous mène d’un cours d’eau à un autre, au beau milieu d’une jungle de fougères et de palmiers, aussi bien sur les hauteurs pour des lookouts de rêve que sur les plages pour des séances « trempette » dans une eau limpide… Les photos devraient parler d’elles-même, but what a great walk!

Nous passons la nuit à Anchorage Hutt, le refuge que nous avons réservé la veille et qui est situé juste au bord de la plage en photo ci-dessus… Sweet as.

Jour 5 : Vendredi 28 août

Nouveau réveil à l’aube, pour tous les trois cette fois-ci. Après l’effort (lever à 6h15 et 30 minutes de marche en montée), le réconfort (lever de soleil au-dessus de Te Pukatea Bay). Nous rentrons par le même chemin qu’à l’aller, mais plusieurs facteurs contribuent à rendre le retour encore plus agréable : le calme, la lumière douce et la fraîcheur du matin, l’absence de pluie, et la perspective d’un énorme déjeuner au McDo de Motuheka à l’arrivée – après quatre heures d’effort, 2 000 calories de réconfort…

Fougères...

Fougères...

C’est le ventre plein  – et, me concernant, les pieds endoloris par des sandales quand même inadaptées à ce genre de balade – que nous reprenons alors la route, destination Nelson, de l’autre côté de la baie de Tasman. N’en déplaise à notre Nelson « Can you hear me? » Monfort national, la ville tient son nom de l’Amiral Horatio Nelson, vainqueur des flottes française et espagnole à Trafalgar en 1805 – la rue principale de la ville s’appelle d’ailleurs Trafalgar Street. Réputée pour avoir le climat le plus ensoleillé de Nouvelle-Zélande, Nelson est en tout cas l’une des villes les plus sympathiques du pays, avec de jolies maisons (à l’image de notre génial backpacker), une vie artistique très active et une vue panoramique sur Tasman Bay. Si vous cherchez une petite ville où passer une paisible retraite… ;)

Jour 6 : Samedi 29 août

N’ayant pas encore cotisé suffisamment pour notre retraite, nous quittons la région de Nelson pour découvrir le Marlborough voisin, réputé pour son climat tout aussi agréable, son Sauvignon blanc et ses Marlborough Sounds. Ces derniers correspondent aux Abers bretons ou aux Rias galiciennes : ce sont des vallées fluviales qui ont été envahies par la mer et qui forment par conséquent un parcours sinueux entre terre et mer. Nous pouvons les admirer particulièrement sur le Queen Charlotte Drive, une route jolie mais tortueuse entre Havelock et Picton.

Marlborough Sounds

Marlborough Sounds

Après une pause fish’n’chips à Picton, port de départ des ferries ralliant Wellington sur l’Île du Nord, nous mettons le cap sur Blenheim, principale ville de la région (30 000 habitants). La route qui nous y mène étant quasi intégralement bordée de vignobles, nous nous arrêtons dans un domaine – tenu par le Français Georges Michel, sic – pour une séance de dégustation… et quelques petites emplettes ! Toujours au rayon des vins, notre backpacker à Blenheim s’appelle le Grape Vine et semble accueillir de nombreux travailleurs venus faire les vendanges dans la région.

Jour 7 : Dimanche 30 août

Notre dernière journée commence par un nouveau petit-déjeuner d’hiver… en terrasse – le quatrième de la semaine, et le sixième en extérieur ! Parés pour une journée de route nous ramenant à Christchurch, nous abandonnons alors la douceur du Marlborough pour le climat plus maussade du Canterbury. Notre route longe la côte Est quasiment en permanence, ce qui nous permet de chercher du regard les nombreuses otaries à fourrure qui en squattent les plages – et les moins nombreux surfeurs qui bravent le froid. Sur notre droite, les collines sont peuplées de troupeaux de vaches et de moutons, formant un décor me rappelant parfois le Pays de Galles.

Kaikoura Peninsula

Kaikoura Peninsula

La comparaison celtique s’arrête dès que l’on s’approche de Kaikoura, car à ce niveau les collines deviennent de vraies montagnes, aux sommets enneigés perdus dans les nuages. Nous nous arrêtons sur la péninsule de Kaikoura pour y picniquer et nous y promener. Le vent est tellement fort que nous restons dans la voiture pour déjeuner, avec des ours de mer en vis-à-vis et des mouettes autour de nous, cherchant un abri pour ne pas se faire emporter par les rafales.

Remis de notre balade digestive et vivifiante, nous remontons finalement à bord de Sunny (le nom de notre Nissan, pas toujours très approprié d’ailleurs). Arrivés à Christchurch, nous nous y offrirons un très bon repas au restaurant, avec du Canterbury lamb et du Lemon Cheesecake au menu… Un régal. A l’image de cette semaine de voyage !

7h45, sur la plage de Kaiteriteri

7h45, sur la plage de Kaiteriteri

Last but not least: LES PHOTOS !!! Rendez-vous sur mon second compte Flickr pour consulter le diaporama, en cliquant ici. N’hésitez pas à aller sur « Afficher les infos » ou sur « Options » pour un plus grand confort de lecture. Surtout, enjoy! :)

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Pour une poignée de dollars… néo-zélandais

Billet de 20 dollarsJe m’apprête à partir pour une semaine de road-trip à travers l’Île du Sud. Tant qu’il me reste quelques dollars en poche, j’en profite pour vous présenter ces pièces et billets made in NZ…

Quand on arrive dans un pays étranger, plusieurs éléments contribuent au dépaysement : la langue, l’apparence des gens, les odeurs, l’ambiance… Mais, à mes yeux, le principal facteur d’exotisme, le plus concret et le plus immédiat, est à chercher ailleurs : dans le porte-feuille. En Nouvelle-Zélande comme ailleurs, dès la sortie de l’avion, le visiteur est quasiment forcé de s’arrêter à un bureau de change (en français dans le texte) pour y convertir ses devises nationales, devenues inutiles, en devises locales, qui lui permettront d’entrer dans le jeu marchand néo-zélandais…

Adieu l’euro, bienvenue au dollar néo-zélandais ! Et avec le sourire s’il vous plaît, car pour 1 euro de perdu, 2,12 dollars de trouvés ! Inversement, 1 NZ$ = 0,47 €… On pourrait s’étonner de trouver le dollar comme devise plutôt que la livre, sachant que la Nouvelle-Zélande a longtemps été un dominion de l’Empire britannique et fait encore partie du Commonwealth. A vrai dire, la livre a longtemps régné sur les Kiwis – jusqu’au 10 juillet 1967 précisément. Préférant les décimales aux unités traditionnelles, la Nouvelle-Zélande a alors abandonné ses pounds, shillings et pence au profit des dollars et des cents… Aujourd’hui, à en croire l’ami Wikipedia, le dollar néo-zélandais serait l’une des douze devises les plus échangées au monde.

20 dollars

Queen Elisabeth II / Karearea

Les deux plus gros billets en circulation en Nouvelle-Zélande valent 100 et 50 dollars. Malgré mes nombreux efforts – y compris un retrait de 400$ tout à l’heure -, je n’ai pas encore réussi à mettre la main dessus. Je me retrouve donc à collectionner les sympathiques billets de 20$… Y figurent sur le recto la Reine Elisabeth II, en sa qualité de chef d’Etat de la Nouvelle-Zélande, devant les bâtiments du Parlement à Wellington. Sur le verso, on trouve un faucon de Nouvelle-Zélande, répondant au doux nom Maori de Karearea, avec un décor alpin inspiré des montagnes de l’Île du Sud.

Kate Sheppard / Whio

Kate Sheppard / Whio

Après le vert des billets de 20$, le bleu des billets de 10$. Le recto représente Kate Sheppard, leader du mouvement pour le droit de vote des femmes à la fin du XIXe siècle – au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, les Kiwis sont particulièrement fiers d’avoir été les premiers à accorder ce droit aux femmes, en 1893. Sur l’autre face du ten dollar note se trouve deux Whio, canards bleus vivant uniquement en Nouvelle-Zélande… Comme tous les autres billets, celui-ci est très doux au toucher, ce qui le rend plus glissant que les euros par exemple.

Sir Edmund Hillary / Hoiho

Sir Edmund Hillary / Hoiho

Plus petit que le billet de 10$ et encore plus que le billet de 20$, le billet de 5$ est de couleur orangée. Il rend hommage au plus grand warrior que la Nouvelle-Zélande ait connu, en la personne de (roulements de tambour) Sir Edmund Hillary, connu pour être le premier alpiniste à avoir atteint le sommet de l’Everest, en 1953, avec son sherpa Tensing Norgay. Il est ici représenté avec le plus haut sommet néo-zélandais, le Mount Cook, en arrière-plan. Plus terre à terre, le verso est une nouvelle fois consacré à la faune et à la flore locales, ici un Hoiho (manchot antipode présent uniquement en Nouvelle-Zélande) et l’île Campbell.

5 cents, 20 cents, 50 cents, $1, $2

10 cents, 20 cents, 50 cents, $1, $2

Enfin, les pièces. Au risque de décevoir deux de mes plus fidèles lecteurs (David D. et Bernadette C.), il n’existe plus en Nouvelle-Zélande qu’une pièce rentrant dans la catégorie « pièces jaunes ». En effet, les pièces de 1 cent et 2 cents ont disparu de la circulation en 1991, de même que les pièces de 5 cents en 2006 – ne vous attendez donc pas à ce qu’on vous rende de la monnaie pour un produit à 0,99$ payé avec une pièce de 1$ ! Les seules rescapées sont donc les pièces de 10 cents, en cuivre, avec une gravure Maori (koruru) sur le recto. Sur les 20 cents, une gravue Maori encore, représentant Pukaki, un chef de tribu. Sur les 50 cents, clin d’oeil historique au bateau Endeavour, à bord duquel James Cook a découvert l’Australie et la Nouvelle-Zélande entre 1769 et 1771. Dans la catégorie supérieure, avec une épaisseur rappellant les pounds britanniques, la pièce d’un dollar est frappée de la fougère « silver fern » et de l’oiseau national, le Kiwi of course! Enfin, la pièce de deux dollars représente un oiseau qui, encore plus fort que le Kiwi, sait voler – si, si : la Grande aigrette.

Cet article était sponsorisé par Picsou (ou pas…) et vous aura, je l’espère, permis de vous familiariser avec quelques symboles nationaux néo-zélandais. Je vous donne rendez-vous dans une semaine, de retour de mon road-trip.

→ Pour en savoir plus : Wikipedia en anglais, Wikipedia en français, deux sites pour voir ces billets et pièces de plus près : Monnaiesdumonde.net et Nzexplorer.free.fr, un site sur la période « pounds » en Nouvelle-Zélande : Banknotes.ws, et Reserve Bank of New Zealand.

Sécurité routière : Quand il pleut, ça saigne…

Une campagne innovante a été lancée en avril dernier à Auckland dans les districts de Papakura et de Franklin. Avec un message clair et sanglant : par temps de pluie, levez le pied !

En Nouvelle-Zélande comme ailleurs, la vitesse au volant est l’un des principaux facteurs de mortalité routière. Un rapport publié en 2008 par le Ministère des Transports a ainsi montré que, entre 2005 et 2007, 32% des accidents mortels en Nouvelle-Zélande ont eu pour facteur une allure excessive et inadaptée aux conditions.

Ces dernières années, les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière se sont multipliées à travers le monde. Pays du capitaine Sam, la France s’est particulièrement distinguée par sa créativité et sa sobriété, à travers des slogans percutants et des mises en scène glaciales, avec parfois le soutien de personnalités comme Karl Lagerfeld. Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, les campagnes ont misé davantage sur le trash, aussi bien sur les écrans que sur les affiches. L’ONU s’est également impliquée dans le mouvement, lançant sa première Semaine mondiale de la sécurité routière en 2007, un an après la tenue du premier Festival mondial du film de sécurité routière.

Plus récemment, en avril dernier, une campagne mise en place dans deux districts d’Auckland est venue souligner l’inventivité des publicitaires en matière de prévention routière, avec un concept inédit : l’affiche météo-réactive (appelons ça comme ça)…

Mises au point et offertes par l’agence néo-zélandaise Colenso BBDO, les trois affiches représentant des visages d’enfants ont été installées dans les districts de Papakura et Franklin au début de l’automne, avant l’arrivée des premières pluies. Trois semaines durant, les posters sont ainsi restés tels quels à la vue des conducteurs. Puis les premières averses sont arrivées, donnant enfin tout son sens au slogan de la campagne : « la pluie change tout ». Au contact de l’eau, les affiches se sont mises à saigner du nez, des oreilles et des arcades sourcilières, grâce à un ingénieux dispositif inspiré du fonctionnement des fontaines, avec un petit bac récupérant le sang pour le renvoyer dans le système. Quand le déluge s’arrête, l’hémorragie en fait de même. Avant de redémarrer à l’averse suivante…

Quid des résultats ? Il faut savoir que la période de Pâques est l’une des plus meurtrières de l’année en Nouvelle-Zélande, coïncidant généralement avec le retour des grosses averses et donc des routes glissantes. Plus précisément, dans le cas de Papakura, un rapport publié en 2004 avait révélé que le taux d’accident par temps de pluie y était supérieur à la moyenne nationale, d’où le besoin d’agir à ce niveau. Cette année, grâce aux panneaux sanguinolents, aucun décès n’a été signalé dans le secteur au cours de la période de Pâques. Visiblement, le pouvoir dissuasif des affiches l’a emporté ; les conducteurs ne se sont pas laissés distraire et ont gardé l’oeil rivé sur le bitume…

Moralité : adaptez votre allure aux conditions de circulation. Sinon, ça va saigner !

Et gardez le sourire…

De la Tui, des essais et le come-back de Dan Carter

AMI Stadium

Canterbury 46 – Waikato 13 : retour gagnant pour Dan Carter ! La star des All Blacks retrouvait la pelouse de Christchurch ce soir, pendant que j’assistais à mon premier match en NZ…

Le jour de mon arrivée en Nouvelle-Zélande, sur le chemin entre l’aéroport et mon auberge de jeunesse, j’avais parlé divorce avec mon chauffeur de taxi. Divorce entre les Néo-Zélandais et leurs rugbymen, divorce entre un peuple et son sport national… Quelques jours plus tôt, à Christchurch, les All Blacks avaient battu l’Italie devant « seulement » 19 000 spectateurs. En reconstruction en perspective de la Coupe du Monde 2011, l’AMI Stadium aurait pourtant pu en accueillir 7 000 de plusDes All Blacks qui ne font plus le plein, symbole d’un désamour que reconnaissait mon chauffeur de taxi : « Depuis l’entrée dans l’ère du professionalisme, les gens ne s’identifient plus à leurs joueurs. Le rugby n’est plus le sport fédérateur qu’il était, les jeunes jouent de plus en plus à des sports comme le football maintenant… Et puis il faut dire que le coach actuel des All Blacks (Graham Henry) n’est pas très populaire ici ! »

Mais rassurez-vous, un sport ne meurt pas du jour au lendemain ; pour les Kiwis, la Terre reste bel et bien ovale. Et même si les Blacks sont à la peine dans les Tri-Nations (1v-2d), il en faut peu pour que l’espoir renaisse. En l’occurence, le Messie s’appelle Daniel Carter. Le demi d’ouverture néo-zélandais, rentré de sa saison à Perpignan avec une blessure au tendon d’Achille, a récemment fait son retour sur les terrains. D’abord avec l’équipe de Southbridge pour se rappeler ses années junior, puis avec l’équipe de Canterbury pour la Air New Zealand Cup (anciennement National Provincial Championship). Ce vendredi, émotion émotion, c’était l’heure du grand retour à Christchurch en match officiel. En attendant de retrouver le maillot All Black la semaine prochaine…

Et 19 points pour Daniel Carter...

Et 19 points pour Daniel Carter...

Inscrivant 19 des 46 points de son équipe, la star locale a tenu son rang hier soir, confirmant par là même que son talent était intact. Un talent qu’il n’a pourtant guère été besoin de forcer pour assurer la victoire de Canterbury face à la pâle équipe de Waikato (Hamilton, Île du Nord). Après l’ouverture du score par Carter dès la seconde minute de jeu, les Rouges et Noirs prenaient rapidement le large, pour mener 29 à 6 à la mi-temps. Malgré une défense plus resserrée de Waikato au retour des vestiaires, les champions 2008 continuaient à creuser l’écart en seconde période, inscrivant un 4e puis 5e essai, pour finalement s’imposer 46 à 13. La messe étant dite depuis un moment, Dan Carter était même sorti à la 70e minute de jeu, l’occasion pour le public de lui offrir une belle ovation…

En travaux...

En travaux...

Côté tribunes, les conditions ne prêtaient pas à un spectacle exceptionnel : vendredi soir, temps humide et frisquet, dans un stade à moitié en reconstruction et aux deux-tiers vide… L’ambiance n’était effectivement pas au rendez-vous, malgré les efforts de la sono et surtout d’une sympathique fanfare. Heureusement, Tui était là pour sauver la mise ! Tui ? Yeah right, je vous explique… A l’origine, le Tui est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, connu pour son intelligence et sa capacité à imiter la voix humaine. Mais aujourd’hui, la Tui est avant tout une bière – sinon LA bière – néo-zélandaise. Peu chère et tout à fait buvable, elle coule à flots dans le pub de ma fac, où elle est servie dans des pichets d’un litre. Mais sa réputation dépasse visiblement le monde estudiantin, comme j’ai pu le constater au stade hier…

  1. Achat des billets à l’entrée du stade ; nous demandons les places les moins chères. Evidemment, nous nous retrouvons dans la tribune… Tui !
  2. Nous prenons place dans les gradins. Près des bancs de touche, nous voyons une mascotte déguisée en… cannette Tui !
  3. L’heure du coup d’envoi approche. Dernière animation d’avant-match : deux hommes passent en bas des tribunes, armés d’un fusil à pompe leur permettant de propulser des… tee-shirts Tui dans le public !
  4. Début du match. L’un des sponsors maillot de Canterbury est… Tui !
  5. Dans les tribunes, la fanfare est reconnaissable à ses sombreros orange signés… Tui !
  6. A la mi-temps, une bière pour fêter la future victoire. Ce sera Tui ou… Tui !
Tui, what else?

Tui, what else?

Mise à jour (23 août 2009) : Pour son retour en sélection, Carter délivre les Blacks !

Le Pari Kiwi vous offre votre premier cours de Māori

Crédits photo : blacklognz.blogspot.com

A deux jours de la Journée internationale des populations autochtones, je vous propose une initiation à la langue des indigènes de Nouvelle-Zélande : le Māori. Repeat after me…

Vous en avez marre des cahiers de vacances ? C’est la crise et vous galérez à trouver un job ? Les recruteurs vous trouvent sympa mais regrettent votre dossier trop léger, trop banal ? Alors lisez bien ce qui suit ! Oui Madame, oui Monsieur, c’est votre jour de chance, car Monsieur Bibi Le Pari Kiwi a LA solution pour vous : le Māori – oui, la ligne qui fera bientôt toute la différence sur votre CV ! ;)

Depuis le Māori Language Act de 1987, Te Reo Māori (= la langue Māori) possède le statut de langue officielle en Nouvelle-Zélande. Les citoyens ont ainsi le droit d’être jugés en Māori ; les débats parlementaires peuvent se faire dans cette langue ; la chaîne Māori Television diffuse en partie en Te Reo ; de nombreuses inscriptions dans les universités sont rédigées dans les deux langues, etc.

Dans les faits, moins de 160 000 personnes en Nouvelle-Zélande se disent capables d’avoir une conversation basique en Māori, ce qui correspond à 4% de la population. A titre de comparaison, le breton compterait aujourd’hui 172 000 locuteurs et l’espéranto environ 2 millions. Le club que je vous propose de rejoindre aujourd’hui est donc très restreint…

Tēnā koutou katoa e ngā akonga o te reo Māori. Salutations à vous tous, étudiants de la langue Māori.

Commençons par le commencement : bonjour, au revoir, and co. Le salut classique, qui sert aussi pour dire merci, est Kia ora. On peut aussi utiliser Tēnā koe (si l’on s’adresse à une personne), Tēnā kōrua (à deux personnes) ou Tēnā koutou (à plus de deux personnes), autant d’expression qui sont, je crois, un peu plus formelles. Au rayon des au revoir/à bientôt, on trouve le sympathique Ka kite – tellement sympathique que je vous en épargne les variantes.

Quelques précisions sur la prononciation maintenant. Le Māori est une langue assez simple à appréhender, reprenant l’essentiel de notre alphabet et se prononçant assez instinctivement. Mais cela n’empêche pas quelques spécificités… Ainsi, les r sont roulés ; oubliez donc les r gutturaux à la française et les r crémeux à l’anglaise, adoptez les r roulés à l’espagnol – ou à l’écossaise, selon les goûts. Au pire, remplacez les r par des l, ce qui vous donnera kia ola en guise de bonjour. Ensuite, quand vous voyez un macron au-dessus d’une lettre, comme sur le e et le a de tēnā, cela signifie qu’il vous faut insister sur ces lettres, les prononcer plus longuement que les autres – avec comme résultat un téénaa à la Doc Gynéco plutôt qu’un téna articulé à toute vitesse. (Au passage, vous aurez compris que le e se prononce é.) Enfin, pêle-mêle : oe se prononce oué et non ohé ; le wh se prononce comme un f ; le u ressemble à un ou ; le ou à un oy. Voilà, avec ça, vous êtes bon pour nos cinq premiers mots.

On enchaîne, on enchaîne, avec quelques questions-réponses bien utiles pour faire connaissance…

  • Aah, le nombre de fois où vous avez croisé un Māori dans la rue et rêvé de pouvoir lui demander son petit nom, frustrant hein – et tellement fréquent ! Alors qu’il aurait suffi de demander… Ko wai tō ingoa? (ko waïe tôô ingoa – comment t’appelles-tu/vous-appelez vous?) Votre mystérieux Māori vous aurait alors répondu: Ko Jean-Michel tōku ingoa (je m’appelle Jean-Michel – désolé pour l’exotisme)…
  • Intrigué par ce personnage, vous lui demandez alors d’où il vient : Nō hea koe? (Nôô hhéa koué?) Et ce brave Jean-Michel de vous répondre : Nō Wīwī au! (Nôô ouii-ouii oy!) Là, vos soupçons se révèlent malheureusement fondés : eh oui, Jean-Mich est un faux Māori. Wīwī est en effet le nom Māori désignant… la France – et non la Nouvelle-Zélande, dont le nom est Aotearoa !
  • Retenant votre colère devant une telle arnaque, vous arrivez malgré tout à faire preuve de diplomatie, en lui demandant comment il va : Kei te pēhea koe? (Key té pééhhéa koué?) L’heure de l’apéro approchant, il vous répond naturellement : Kei te hiainu! (Key té hhia-i-nou! J’ai soif!)
  • Jean-Michel est un chic type, alors il vous invite chez lui pour un petit pastis. Ka pai! (Ka paille – Génial!) Bien tenté par cette invitation, vous lui demandez où est sa maison : Kei hea tō kāinga? (Key hhéa tôô kaainga?) Il vous montre alors une voiture garée non loin, et vous répond : Kei muri tōkukāinga i te motokā. (Key mouli tôôkoukaainga i té motokaa – Ma maison est derrière la voiture.)
  • Et ensuite, que se passe-t-il ? Mmh, « celaa ne nouus… regarde pas » ! :)

That’s all folks, je crois qu’on a à peu près fait le tour de mes connaissances du moment ; j’espère que vous arriverez à retenir deux-trois expressions, histoire d’épater la galerie lors de votre prochain dîner mondain ! Vous verrez, il y a peu de chances que le reste de l’assistance connaisse autre chose que les mots Kiwi et Haka… ;)

Si vous avez des questions, n’hésitez pas ! Patua te whakamā! (Ne soyez pas timides !)

En savoir plus : Site web de la Maori Language Commission + Article « Langue maori » sur Wikipedia en français et en anglais + Article Les 100 mots Māori  que chaque Néo-Zélandais devrait connaître sur NZhistory (en anglais).

Bonus : Vous aussi, comptez en Māori…