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Auckland : circulez, il n’y a (presque) rien à voir

Je viens de passer quelques jours à Auckland. Présentation subjective et non exhaustive de la « ville-monstre » néo-zélandaise, où vit plus d’un quart de la population du pays…

La première chose que l’on remarque à Auckland, c’est son relief. Alors que Christchurch a été construite sur un marais, Auckland repose sur un sol particulièrement volcanique, obligeant ses habitants à composer avec de très nombreuses montées et descentes. La rue principale du centre-ville, Queen Street, n’y échappe pas, plongeant sur 1,5 kilomètres du sud vers le nord pour finalement déboucher sur l’Auckland Harbour. Difficile donc pour le piéton – et encore plus pour le Parikiwiste chargé comme une mule – de passer à côté de quelques bouffées de chaleur, surtout sous l’effet du climat subtropical d’Auckland, plus chaud et humide que le climat tempéré de Christchurch.

Pour être franc, Auckland ne m’a pas réconcilié avec les villes néo-zélandaises. La « cité des voiles » est le cœur économique de la Nouvelle-Zélande, accueillant les sièges des plus grandes entreprises néo-zélandaises et les bureaux des principales firmes mondiales. Les buildings sont nombreux dans le centre-ville, au milieu des quelques bâtiments « historiques » restants comme le Ferry Terminal. Vous l’aurez compris, Auckland n’a pas son Issy-les-Moulineaux ou sa Défense, ce qui peut conduire à quelques surprises urbanistiques : une autoroute passe à quelques longueurs de Queen Street et, encore plus choquant, le joli Symonds Street Cemetery, où repose notamment William Hobson, père du traité de Waitangi, est désormais défiguré par un pont à deux fois deux voies, qui le coupe en deux et condamne certaines tombes à se trouver coincées entre deux poteaux de béton !

Dormir sous les ponts, à jamais

Les prix à Auckland ont tendance à dépasser ceux de la province, notamment dans le quartier de Parnell où étaient logés les étudiants de Sciences Po avec qui je suis resté. Loin du « one fish, one chip’ » à $4 du Captain Ben’s à Christchurch, je me suis retrouvé à débourser $10,30 pour un fish&chips sur Parnell Road, certes supérieur en qualité mais inférieur en quantité. La vie chère aucklandaise se retrouve aussi au niveau de l’immobilier, ne serait-ce que dans les résidentes étudiantes où le rapport qualité/prix m’est apparu moins bon qu’à Christchurch.

Mais je ne voudrais pas diaboliser Auckland, car j’y ai quand même passé de bons moments. J’ai apprécié :

  • me balader dans les parcs de la ville, que ce soit l’Albert Park en plein centre, l’Auckland Domain entre Parnell et l’Université, ou encore Mount Eden qui offre de splendides vues sur Auckland et le North Shore
  • visiter l’Auckland Museum, avec ses sections consacrées aux peuples du Pacifique
  • revoir The Veils en concert, avec grand plaisir
  • finir ma soirée au bar Cassette avec un shot d’absinthe, à la santé de Baudelaire et Verlaine (pratique tout à fait légale chez les Kiwis)
  • boire de la bière bio assis sur les vieux sièges de bus de The Wine Cellar, un petit bar planqué dans une des galleries de K-Road, à l’abri des touristes et même de la plupart des locaux…

Le saviez vous ? Il existe un équivalent de la rivalité Paris/Province en Nouvelle-Zélande : Auckland/Province. Ce qui vaut aux Aucklandais le surnom de « Jafas » : Just Another Fucking Aucklander !

En bref : Je suis bien arrivé à Tahiti, et je vous promets de vous raconter mes premiers pas à Papeete dès que possible. Difficile de vous dire quand, tant je suis pris par mon stage, qui a débuté en même temps qu’une nouvelle crise politique en Polynésie française. Du coup, en attendant, si vous voulez de l’exotisme, n’hésite pas à suivre le blog de Guillaume Bruneau, un camarade de Sciences Po qui vient de se lancer dans un tour du monde avec une autre « sciencepiste » Manon Aubry. Ils viennent tout juste de terminer leur étape néo-zélandaise, et le hasard a fait que nous sommes même rencontrés à l’aéroport d’Auckland le jour de mon départ pour Tahiti. Ils s’apprêtaient alors à s’envoler pour l’Inde…