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Super 14 : les Crusaders croisent les doigts

Emmenés par Dan Carter, les Canterbury Crusaders sont les seuls représentants néo-zélandais en demi-finales du Super 14. Leurs adversaires ce soir : les Pretoria Bulls, tenants du titre.

Ils ont bien failli ne pas y être. Ils étaient dos au mur, alors que le rideau tombait déjà sur la saison régulière. Mais ils l’ont fait, avec brio.  La semaine dernière, les Crusaders se sont imposés dans leur antre de Christchurch face aux Brumbies de Canberra. La donne était simple : le vainqueur de la confrontation décrochait l’un des quatre tickets pour les demi-finales du Super 14 ; le perdant pouvait aller se rhabiller et regarder la suite de la compétition à la télé. Autant dire que l’enjeu était de taille, et que le public a su répondre présent (28 000 spectateurs, dont votre serviteur).

Après un début de match serré et deux pénalités manquées par Dan Carter, les Crusaders ont pris le large à la demi-heure de jeu, en inscrivant deux essais coup sur coup. Plus incisifs que leurs adversaires, les hommes de coach Todd Blackadder ont rejoint les vestiaires avec un matelas de 12 points (22-10) puis ont continué sur leur lancée en seconde mi-temps, pour finalement s’imposer 40 à 22, avec un total de cinq essais. Mission accomplie, et avec la manière : les observateurs s’accordent à dire que les Crusaders ont signé là leur meilleur match de la saison, et même le meilleur match par une équipe néo-zélandaise !

Crusaders = Croisés

Pour la neuvième fois d’affilée, la franchise de Christchurch participera cette année aux demi-finales du Super 14. Bénéficiant du quatrième strapontin pour les demi-finales, elle va rencontrer dès ce soir le champion de la saison régulière, à savoir les Bulls sud-africains. Dans ce choc des titans opposant les deux meilleures équipes de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud, les Crusaders peuvent se vanter d’être l’équipe la plus titrée de la compétition (7 victoires), tandis que les Bulls apparaissent comme l’équipe en forme de ces trois dernières années (sacres en 2007 et 2009). L’an passé, les Sud-Africains avaient éliminé les Kiwis au même stade de la compétition, sur le score de 36 à 23.

Cette année, la faveur des pronostics va encore aux Bulls. Déjà assurés de leur première place, ils ont aligné leur équipe B lors de la dernière journée, permettant à leurs titulaires d’économiser leurs forces en vue de la demi-finale. Même s’ils ne joueront pas dans leur stade de Pretoria en raison des préparatifs de la Coupe du monde de football, les Sud-Africains auront 40 000 spectateurs derrière eux à Soweto et n’auront pas à récupérer d’un long voyage comme leurs opposants. Et puis les statistiques sont avec les Bulls : aucune équipe n’a remporté de demi-finale à l’extérieur depuis huit ans…

Les Crusaders seront revanchards

Le match est toutefois loin d’être plié d’avance. La presse néo-zélandaise s’est même risqué cette semaine à un exposé des cinq raisons pour lesquelles les Crusaders vont battre les Bulls : la forme du moment, le facteur Soweto, l’expérience à ce niveau, la ligne d’arrières et Dan Carter. On pourrait y rajouter l’esprit de revanche qui va probablement animer Richie McCaw and co : il y a moins de trois semaines, les Crusaders s’étaient inclinés de justesse chez les Bulls (invaincus à domicile depuis deux ans) suite à un essai sud-africain très contesté dans les dernières secondes (40-35). La franchise de Christchurch aura en tout cas toute la Nouvelle-Zélande derrière elle, surtout au terme de cette saison cauchemard pour les équipes kiwies…

Composition des équipes :

Bulls: 15. Zane Kirchner, 14. Jaco van der Westhuyzen, 13. Jaco Pretorius, 12. Wynand Olivier, 11. Francois Hougaard, 10. Morné Steyn, 9. Fourie du Preez, 8. Pierre Spies, 7. Dewald Potgieter, 6. Deon Stegmann, 5. Victor Matfield (c), 4. Danie Rossouw, 3. Werner Kruger, 2. Gary Botha, 1. Gurthrö Steenkamp. Remplaçants : 16. Bandise Maku, 17. Bees Roux, 18. Flip van der Merwe, 19. Derick Kuün, 20. Jacques-Louis Potgieter, 21. Stephan Dippenaar, 22. Pedrie Wannenburg.

Crusaders: 15. Colin Slade, 14. Sean Maitland, 13. Robbie Fruean, 12. Daniel Bowden, 11. Zac Guildford, 10. Daniel Carter, 9. Andy Ellis, 8. Kieran Read, 7. Richie McCaw (c), 6. George Whitelock, 5. Sam Whitelock, 4. Brad Thorn, 3. Ben Franks, 2. Ti’i Paulo, 1. Owen Franks. Remplaçants : 16. Daniel Perrin, 17. Wyatt Crockett, 18. Chris Jack, 19. Thomas Waldrom, 20. Kahn Fotuali’i, 21. Tim Bateman, 22. Jared Payne.

De la Tui, des essais et le come-back de Dan Carter

AMI Stadium

Canterbury 46 – Waikato 13 : retour gagnant pour Dan Carter ! La star des All Blacks retrouvait la pelouse de Christchurch ce soir, pendant que j’assistais à mon premier match en NZ…

Le jour de mon arrivée en Nouvelle-Zélande, sur le chemin entre l’aéroport et mon auberge de jeunesse, j’avais parlé divorce avec mon chauffeur de taxi. Divorce entre les Néo-Zélandais et leurs rugbymen, divorce entre un peuple et son sport national… Quelques jours plus tôt, à Christchurch, les All Blacks avaient battu l’Italie devant « seulement » 19 000 spectateurs. En reconstruction en perspective de la Coupe du Monde 2011, l’AMI Stadium aurait pourtant pu en accueillir 7 000 de plusDes All Blacks qui ne font plus le plein, symbole d’un désamour que reconnaissait mon chauffeur de taxi : « Depuis l’entrée dans l’ère du professionalisme, les gens ne s’identifient plus à leurs joueurs. Le rugby n’est plus le sport fédérateur qu’il était, les jeunes jouent de plus en plus à des sports comme le football maintenant… Et puis il faut dire que le coach actuel des All Blacks (Graham Henry) n’est pas très populaire ici ! »

Mais rassurez-vous, un sport ne meurt pas du jour au lendemain ; pour les Kiwis, la Terre reste bel et bien ovale. Et même si les Blacks sont à la peine dans les Tri-Nations (1v-2d), il en faut peu pour que l’espoir renaisse. En l’occurence, le Messie s’appelle Daniel Carter. Le demi d’ouverture néo-zélandais, rentré de sa saison à Perpignan avec une blessure au tendon d’Achille, a récemment fait son retour sur les terrains. D’abord avec l’équipe de Southbridge pour se rappeler ses années junior, puis avec l’équipe de Canterbury pour la Air New Zealand Cup (anciennement National Provincial Championship). Ce vendredi, émotion émotion, c’était l’heure du grand retour à Christchurch en match officiel. En attendant de retrouver le maillot All Black la semaine prochaine…

Et 19 points pour Daniel Carter...

Et 19 points pour Daniel Carter...

Inscrivant 19 des 46 points de son équipe, la star locale a tenu son rang hier soir, confirmant par là même que son talent était intact. Un talent qu’il n’a pourtant guère été besoin de forcer pour assurer la victoire de Canterbury face à la pâle équipe de Waikato (Hamilton, Île du Nord). Après l’ouverture du score par Carter dès la seconde minute de jeu, les Rouges et Noirs prenaient rapidement le large, pour mener 29 à 6 à la mi-temps. Malgré une défense plus resserrée de Waikato au retour des vestiaires, les champions 2008 continuaient à creuser l’écart en seconde période, inscrivant un 4e puis 5e essai, pour finalement s’imposer 46 à 13. La messe étant dite depuis un moment, Dan Carter était même sorti à la 70e minute de jeu, l’occasion pour le public de lui offrir une belle ovation…

En travaux...

En travaux...

Côté tribunes, les conditions ne prêtaient pas à un spectacle exceptionnel : vendredi soir, temps humide et frisquet, dans un stade à moitié en reconstruction et aux deux-tiers vide… L’ambiance n’était effectivement pas au rendez-vous, malgré les efforts de la sono et surtout d’une sympathique fanfare. Heureusement, Tui était là pour sauver la mise ! Tui ? Yeah right, je vous explique… A l’origine, le Tui est un oiseau endémique de Nouvelle-Zélande, connu pour son intelligence et sa capacité à imiter la voix humaine. Mais aujourd’hui, la Tui est avant tout une bière – sinon LA bière – néo-zélandaise. Peu chère et tout à fait buvable, elle coule à flots dans le pub de ma fac, où elle est servie dans des pichets d’un litre. Mais sa réputation dépasse visiblement le monde estudiantin, comme j’ai pu le constater au stade hier…

  1. Achat des billets à l’entrée du stade ; nous demandons les places les moins chères. Evidemment, nous nous retrouvons dans la tribune… Tui !
  2. Nous prenons place dans les gradins. Près des bancs de touche, nous voyons une mascotte déguisée en… cannette Tui !
  3. L’heure du coup d’envoi approche. Dernière animation d’avant-match : deux hommes passent en bas des tribunes, armés d’un fusil à pompe leur permettant de propulser des… tee-shirts Tui dans le public !
  4. Début du match. L’un des sponsors maillot de Canterbury est… Tui !
  5. Dans les tribunes, la fanfare est reconnaissable à ses sombreros orange signés… Tui !
  6. A la mi-temps, une bière pour fêter la future victoire. Ce sera Tui ou… Tui !
Tui, what else?

Tui, what else?

Mise à jour (23 août 2009) : Pour son retour en sélection, Carter délivre les Blacks !

Revue de presse : trois mois de NZ dans le rétro

La Nouvelle-Zélande vue de France

A une semaine de mon arrivée « down under », je vous propose de (re)découvrir quelques uns des rares articles consacrés à Aotearoa dans la presse francophone depuis le mois de mars…

Ça y est, le compte à rebours peut commencer : J-6. Dans moins d’une semaine, je serai à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, à Christchurch. Encore quelques verres d’adieu à descendre et il va être temps de préparer mes valises, en veillant bien à ne pas oublier mes vêtements d’hiver ! J’essaierai de vous proposer un article détaillant ces ultimes préparatifs dans le cours de la semaine prochaine. Mais pour l’heure, flashback, plongée dans les médias de ces trois derniers mois, à la recherche de la perle rare : le mot-clé Nouvelle-Zélande

Si vous aimez le sport et si vous avez été vigilant au cours de ces derniers jours, vous n’êtes pas sans savoir que l’équipe de France de rugby est sortie victorieuse d’une série de deux test-matchs contre les All Blacks. La première confrontation a eu lieu à Dunedin et a offert aux Frenchies une victoire en « coup de tonnerre » selon Le Télégramme. Sous le déluge de Wellington, la seconde opposition a ensuite permis aux Kiwis de prendre leur revanche face aux Bleus, avec quatre petits points d’avance, et ce malgré l’éclair d’Heymans. Mais l’histoire retiendra sans doute l’affaire Bastareaud, du nom de ce joueur français dont l’agression fictive et surtout mensongère a choqué tout un pays, frisant l’incident diplomatique. Et le tonnerre de gronder à nouveau en Nouvelle-Zélande, dixit Rugbyrama. De mon côté, je retiendrai aussi cette charmante tradition à Dunedin : les matchs All Blacks vs. France disputés par des étudiants… en tenue d’Adam !

Le haka à poil (crédits photo : Valmito)

Le haka à poil (crédits photo : Valmito)

La Nouvelle-Zélande a ses champions, elle a aussi sa Campion, Jane Campion. Seize ans après sa Palme d’Or (et 3 Oscars) pour La leçon de piano, la réalisatrice néo-zélandaise était de retour au Festival de Cannes le mois dernier pour y présenter Bright Star, « une histoire d’amour plus forte que Roméo et Juliette ». Repartie de la Croisette sans récompense cette année, Jane Campion n’en reste pas moins la seule femme à avoir déjà remporté la fameuse palme – ce qu’elle déplore d’ailleurs…

Les femmes et la Nouvelle-Zélande, une longue histoire, notamment politique. Entre 1999 et 2008, la Nouvelle-Zélande, premier pays à avoir accordé le droit de vote aux femmes en 1883, fut gouvernée par une femme, Helen Clark. Lourdement battue aux dernières élections par le National Party, l’ancienne Premier Ministre travailliste a réussi à rebondir en mars dernier, en se voyant confier le poste d’administratrice du Programme des Nations Unies pour le Développement (Pnud). « Une très bonne nouvelle pour la Nouvelle-Zélande et pour le Pnud », a affirmé à l’AFP Phil Goff, le successeur d’Helen Clark à la tête du Parti travailliste.

Crédits photo: AFP.

Crédits photo: AFP.

Vue de France, la Nouvelle-Zélande a parfois eu des airs d’animalerie. En effet, ces trois derniers mois, moutons,  porcs et pingouins ont été à l’honneur dans les médias… Cela a commencé avec cette effroyable nouvelle : « les moutons britanniques menacés par une pénurie de tondeurs« . En effet, de nouvelles procédures d’immigration ont récemment été mises en place au Royaume-Uni, faisant naître la crainte que les stars de la tonte – à savoir les Néo-Z et les Australiens – soient moins nombreux que d’habitude à venir aider les tondeurs de Sa Majesté cet été. Du coup, c’est toute la communauté ovine britannique qui est menacée d’étouffer sous sa toison…

Les uns étouffent, les autres attrapent la grippe. Souvenez-vous, la Nouvelle-Zélande a été l’un des tous premiers pays à être touchés par la pandémie de grippe porcine (euh, grippe mexicaine… euh, non, zut, grippe A), en avril, lors du retour d’un groupe de lycéens d’un voyage au Mexique… Alors que l’hiver vient d’arriver dans l’hémisphère sud, de nouveaux cas ne cessent de se déclarer (+ 67 entre mercredi et vendredi), le niveau d’alerte a été relevé le 21 juin et le Ministère français des Affaires Étrangères a publié des recommandations pour les voyageurs se rendant dans le pays.

Et pendant ce temps, les pingouins néo-zélandais travaillent leur sociabilité en jouant au foot

Voir la vidéo sur guardian.co.uk

Si la Nouvelle-Zélande a des airs d’animalerie, elle a aussi des airs de Monopoly. Tirant la carte « Erreur de la banque en votre faveur », un couple de Kiwis a ainsi quitté le pays avec l’équivalent de 4 millions d’euros en poche. Europe 1 s’en est fait l’écho.

Le mot « Nouvelle-Zélande » est également revenu à plusieurs reprises dans les débats en France sur la loi Hadopi. En effet, une loi de ce genre était sur le point d’être adoptée en NZ à la fin mars. Finalement, au grand désespoir de l’équipe  de la Ministre française de la Culture Christine Albanel, le passage polémique a été retiré. Google y est peut-être pour quelque chose

Enfin, pour finir sur une bonne note à quelques jours de mon arrivée en terre kiwie, retenons cet article du Courrier International qui présente la Nouvelle-Zélande comme « la nation la plus pacifique du monde« , en s’appuyant sur le dernier Indice mondial de la paix. On y apprend notamment que « le risque de manifestations violentes est au plus bas ». Et là on se dit que, vraiment, Mathieu Bastereaud aurait dû y réfléchir par deux fois avant de simuler une aggression en Nouvelle-Zélande…