Sécurité routière : Quand il pleut, ça saigne…

Une campagne innovante a été lancée en avril dernier à Auckland dans les districts de Papakura et de Franklin. Avec un message clair et sanglant : par temps de pluie, levez le pied !

En Nouvelle-Zélande comme ailleurs, la vitesse au volant est l’un des principaux facteurs de mortalité routière. Un rapport publié en 2008 par le Ministère des Transports a ainsi montré que, entre 2005 et 2007, 32% des accidents mortels en Nouvelle-Zélande ont eu pour facteur une allure excessive et inadaptée aux conditions.

Ces dernières années, les campagnes de sensibilisation à la sécurité routière se sont multipliées à travers le monde. Pays du capitaine Sam, la France s’est particulièrement distinguée par sa créativité et sa sobriété, à travers des slogans percutants et des mises en scène glaciales, avec parfois le soutien de personnalités comme Karl Lagerfeld. Au Royaume-Uni comme aux Etats-Unis, les campagnes ont misé davantage sur le trash, aussi bien sur les écrans que sur les affiches. L’ONU s’est également impliquée dans le mouvement, lançant sa première Semaine mondiale de la sécurité routière en 2007, un an après la tenue du premier Festival mondial du film de sécurité routière.

Plus récemment, en avril dernier, une campagne mise en place dans deux districts d’Auckland est venue souligner l’inventivité des publicitaires en matière de prévention routière, avec un concept inédit : l’affiche météo-réactive (appelons ça comme ça)…

Mises au point et offertes par l’agence néo-zélandaise Colenso BBDO, les trois affiches représentant des visages d’enfants ont été installées dans les districts de Papakura et Franklin au début de l’automne, avant l’arrivée des premières pluies. Trois semaines durant, les posters sont ainsi restés tels quels à la vue des conducteurs. Puis les premières averses sont arrivées, donnant enfin tout son sens au slogan de la campagne : "la pluie change tout". Au contact de l’eau, les affiches se sont mises à saigner du nez, des oreilles et des arcades sourcilières, grâce à un ingénieux dispositif inspiré du fonctionnement des fontaines, avec un petit bac récupérant le sang pour le renvoyer dans le système. Quand le déluge s’arrête, l’hémorragie en fait de même. Avant de redémarrer à l’averse suivante…

Quid des résultats ? Il faut savoir que la période de Pâques est l’une des plus meurtrières de l’année en Nouvelle-Zélande, coïncidant généralement avec le retour des grosses averses et donc des routes glissantes. Plus précisément, dans le cas de Papakura, un rapport publié en 2004 avait révélé que le taux d’accident par temps de pluie y était supérieur à la moyenne nationale, d’où le besoin d’agir à ce niveau. Cette année, grâce aux panneaux sanguinolents, aucun décès n’a été signalé dans le secteur au cours de la période de Pâques. Visiblement, le pouvoir dissuasif des affiches l’a emporté ; les conducteurs ne se sont pas laissés distraire et ont gardé l’oeil rivé sur le bitume…

Moralité : adaptez votre allure aux conditions de circulation. Sinon, ça va saigner !

Et gardez le sourire…

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